Aimez-moi, Le Jardin des Epitaphes #2, Taï-Marc Le Thanh.

Le road trip continue sur le sol américain. Hypothénuse, héros protecteur et attachant, va sans s’en douter entraîner son frère et sa soeur dans un piège fatal. Une histoire à la Mad Max écrit par un auteur qui confirme son talent et qui renouvelle profondément le genre en mêlant tendresse, action et sens de la parodie.

Alors, on prend les mêmes, et on recommence, sauf que cette fois, on a traversé l’Atlantique et qu’on arpente le Far West.
Oui, le Far West, rien de moins, revenu plus ou moins à l’état sauvage post-apocalyptique, avec son lot de zombies, bikers, cow-boys en tous genres et même Indiens farouches.
Si le premier tome rendait hommage aux grands chefs d’œuvre cinématographiques de la SF, ici l’auteur glisse quelque clins d’œil aux grands films de western. Et sans surprise, le mélange détonnant fonctionne à plein.

Dès le premier chapitre, on replonge donc dans l’ambiance survoltée et nerveuse à souhait du road-trip d’Hypothénuse, Poisson-Pilote et Double-Peine. À la quête de leurs parents s’ajoute cette fois la quête personnelle d’Hypothénuse, toujours à la recherche de ses souvenirs envolés. Et plus l’on avance, plus l’on pressent que ceux-ci cachent un secret assez moche. Taï-Marc Le Thanh réussit le tour de force de nous garder sur des charbons ardents jusqu’à la fin : la révélation n’intervient réellement que dans les dernières pages, alors que le lecteur marine depuis un bon moment !

Et avant qu’on en arrive enfin à cette révélation, il y a un assaut de péripéties échevelées, de retournements de situations endiablées et de révélations fracassantes. On ne souffle pas une seconde tant le rythme est soutenu — sans être inconfortable ou donner le sentiment que l’intrigue est bâclée, ce qui est bien agréable. D’autant que l’auteur s’y entend pour nous faire passer du rire aux larmes, de l’angoisse à la poésie. Le texte est à nouveau souligné par une playlist rock’n’roll – que l’on peut tout à fait écouter en même temps – qui aide à se glisser dans l’ambiance.

Taï-Marc Le Thanh clôt un road-trip spectaculaire : l’histoire, extrêmement rythmée, fait la part belle aux péripéties, comme au développement des personnages. Alors que l’on suit notre trio depuis la première page, on arrive encore à avoir quelques révélations sur leurs personnalités, aspirations et trajectoires. L’auteur se joue allègrement du suspens et des attentes du lecteur : on pense avoir compris, mais il nous ressort tel petit détail insignifiant qui, en fait, avait toute son importance, pour modifier à nouveau toutes nos perspectives. C’est bluffant de maîtrise ! De plus, il glisse un bel hommage aux récits du genre, en gardant uniquement les meilleurs morceaux. Résultat ? Un dyptique extrêmement dynamique, avec lequel on ne s’ennuie pas un seul instant, mais qui sait également garder ses parts de mystère et de poésie. Sans aucun doute le meilleur road-trip post-apocalyptique qu’il m’ait été donné de lire !

◊ Dans la même série : Celui qui est resté debout (1) ;

Le Jardin des Épitaphes, #2, Aimez-moi, Taï-Marc Le Thanh. Didier jeunesse, avril 2017, 316 p.

 

Publicités

Mettre son grain de sel

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s