[2017] Petit bilan de juin.

Juin n’a pas été bien riche en lectures, finalement – la faute à Riverdale, qui m’a dangereusement envoûtée !

Carnet de lectures.

Le Peuple du chemin, Marion Achard.
J’ai pris, au départ, ce roman pour un roman historique mais, en fait, les événements qu’il narre se sont déroulés en… 2013. Et c’est bien ce qui est terrifiant.
On y suit l’histoire de Daboka, qui vit au fin fond de la  forêt amazonienne, au sein d’une tribu indigène qui, selon les saisons, change de lieu de vie. Un jour, alors qu’ils suivent le chemin traditionnel, leur route croise celle de bulldozers, en pleine campagne de déforestation : la forêt est coupée en deux par un ruban lisse d’asphalte. Malheureusement, les hommes de la compagnie forestière croisent la tribu… et la massacrent. Seules deux fillettes, Daboka et Loca, échappent à la tuerie. Elles sont recueillies par les habitants d’un village voisin : si Loca, très jeune, s’adapte assez vite à sa nouvelle vie, Daboka, elle, ne pense qu’à retrouver une tribu voisine (ses cousins), rejoindre sa chère forêt et retrouver sa liberté.
C’est un roman jeunesse, donc, mais d’une profondeur assez incroyable. Le récit est à la fois court et dense : il y a peu de pages, l’histoire est racontée vraiment simplement par Daboka, mais elle n’édulcore rien du tout – donc la scène de massacre est un poil trash. Au fil des pages, on découvre le sort réservé aux tribus amazoniennes, décimées au nom du capitalisme, du progrès et de la civilisation, par des personnes sans scrupules. Je ne vous cache pas que c’est donc assez triste. Par la suite, lorsque les deux fillettes sont recueillies, on voit leurs trajectoires différentes : Loca essaie vraiment de s’adapter, de grandir dans sa nouvelle famille, tandis que Daboka s’y refuse de toutes les fibres de son être. Évidemment, au bout d’un moment, il devient difficile pour elles de continuer à s’entendre, à être en harmonie… et c’est tout aussi triste que le reste. Malgré tout, le roman est très prenant et ne laisse pas une chape de plomb lorsqu’on l’a terminé ! C’est un récit qui m’a beaucoup plu, car il évoque des sujets trop peu médiatisés et des faits qui se déroulent de nos jours, dans la plus grande indifférence.
Mon seul bémol vient des dialogues en partie en espagnol, qui auraient mérité une petite traduction en note de bas de page.

Côté ciné.

Pas de sortie ciné marquante mais j’ai enfin découvert la série Riverdale dont on m’avait beaucoup parlé. Et je l’ai littéralement engloutie ! Mais avant tout, de quoi ça parle ?
Sous ses airs de petite ville tranquille, Riverdale cache en réalité de sombres secrets. Alors qu’une nouvelle année scolaire débute, le jeune Archie et ses amis Betty, Jughead et Kevin voient leur quotidien bouleversé par la disparition mystérieuse de Jason Blossom, un de leurs camarades de lycée. Alors que les secrets des uns et des autres menacent de remonter à la surface, et que la belle Veronica, fraîchement débarquée de New York fait une arrivée remarquée en ville, plus rien ne sera jamais comme avant à Riverdale… Je ne m’étale pas plus sur le résumé, car ce serait dommage de spoiler certaines révélations des premiers épisodes.
La première chose à savoir, c’est que la série est une adaptation libre des Archie comics – à ce jour non traduits en français. Si les comics exploraient plusieurs genres, la série se cantonne (pour l’instant ?) au réalisme et au polar. De fait, l’histoire mêle avec succès chroniques lycéennes et enquêtes corsées. Et, du coup, j’ai adhéré instantanément à l’histoire ! Celle-ci est narrée par Jughead, un des adolescents qui va être pris dans la tourmente : le procédé de la voix-off est assez léger, mais sait remettre de la tension pile quand il faut.
Ce qui m’a fait accrocher presque instantanément, ce sont les personnages : je pensais les avoir cernés assez vite (disons dès le 1er épisode), mais la série sait se jouer des clichés et des archétypes, ce qui est franchement prenant. Par ailleurs, si les personnages ont l’air un peu manichéens au départ, on s’aperçoit finalement que tout est bien plus compliqué qu’il n’y paraît. Au passage, ils sont merveilleusement campés par les jeunes acteurs, ce qui ne gâche rien.
Côté intrigue, pas le temps de souffler : si l’histoire est centrée sur l’enquête autour de la disparition de Jason Blossom, celle-ci va mettre au jour des tonnes de secrets (parfois inavouables) bien cachés : le suspense est présent de bout en bout. Et vu le cliffhanger final, j’ai grandement hâte de voir la saison 2, qui débarquerait en France aux alentours d’octobre !

Tops & Flops.

Dragon Blood, Anthony Ryan.
J’avais noté Blood Song dans un coin de mon carnet de lectures, mais je ne me suis jamais vraiment penchée sur la question. Du coup, je me suis rattrapée avec Dragon Blood et quelle riche idée j’ai eue ! Dès les premières pages, Anthony Ryan m’a happée avec un univers extrêmement riche, dans lequel se croisent des personnages qui semblaient tout droit sortis de mon enfance : ils ont un petit côté Indiana Jones, Miss Marple et James Bond réunis et c’est franchement réussi. Évidemment, il y a des dragons et, point bonus, le tout a un délicieux petit air steampunk qui n’a pas été pour me déplaire. J’attends la suite !

Shades of magic, V. E. Schwab.
Celui-ci, dès qu’il en a été question, j’ai eu envie de le lire, d’autant que Victoria Schwab était citée par Elbakin dans les plumes à suivre. Et là encore, pas de déception au rendez-vous : j’ai adoré l’univers (qui superpose quatre mondes dont le seul point commun est une ville appelée Londres), certains avec plus de magie que d’autres. Déjà, j’ai adoré ce concept et, surtout, j’ai d’emblée adhéré aux personnages, riches en nuances et sachant se détacher un peu des clichés qu’ils semblaient représenter. Bonne pioche, donc, et j’attends, là aussi, la suite ! (Notez que la trilogie étant déjà complète en V.O., cela ne devrait pas trop tarder).

La Mémoire de Babel, Christelle Dabos.   
Après l’avoir attendu de pied ferme, La Mémoire de Babel est enfin paru. Et ça a été (évidemment ?) un coup de coeur ultime et absolu. Pour ne rien vous cacher, j’ai même eu peur pour ma santé mentale tant le roman m’a fait passer par des phases violentes d’émotion et tant la dépression post-lecture a été puissante. Si le deuxième tome m’avait laissée quelque peu sur ma faim, celui-ci m’a immédiatement ré-attirée dans ses rets. J’ai volé de chapitre en chapitre, j’ai frémi, je me suis enthousiasmée, j’ai eu la gorge nouée et, pour finir, j’ai découvert un retournement de situation qui m’a laissée sans voix. Inutile de préciser que j’attends plus que jamais la suite – pas avant quelques années, malheureusement… et heureusement, Christelle Dabos souhaitant soigner la fin !

Citations.

« Pas à pas, nous avançons, nous approchant de l’odeur qui grandit et s’accroche à nous, chaude et écœurante.
Et quand la puanteur est totale, tellement forte qu’elle presse nos poumons et pique les yeux, l’impensable est devant nous.
Juste là.
Le chemin s’arrête.
Coupé en deux.
Par un ruban noir bleuté si large que p- Je vous prie de m’excuser pour mes actes de ce soir-là. Je n’étais pas moi-même.
– Quant à moi, je vous prie de m’excuser de vous avoir tiré dans la jambe. J’étais moi-même.
– Elle me plaît bien, dit-il à Kell, son sourire charmeur aux lèvres. je peux te l’emprunter ? ersonne ne pourrait par-dessus.
Si long qu’on n’en voit pas la fin.
Et quand je penche la tête pour mieux regarder, je constate que cette bande étrange se déroule et disparaît tout au bout de l’horizon.
La forêt se divise de part et d’autre du ruban.
Éventrée. »
Le Peuple du chemin, Marion Achard.

***

« Cette flotte comporte dix brûle-sangs, commença Trumane, l’Opportunité s’imposant de loin comme le plus rapide d’entre tous. Si nous plaçons la défense du Détroit au premier rang de nos objectifs, alors je suggère de les réunir en flotille d’assaut et de les dépêcher en avant-garde du corps de bataille.
– Une tactique audacieuse, assurément. […] Vous, là, tonna-t-il enfin. (Hilemore réprima un sursaut en voyant les yeux de l’amiral converger sur lui.) Hilemore, n’est-ce pas ? Je vous ai épinglé une médaille après cette pagaille dalcienne, l’année dernière.
– Oui, amiral, répondit Hilemore en se mettant au garde-à-vous.
– J’ai servi sous les ordres de votre grand-père, vous savez, reprit l’amiral tout en vrillant à nouveau son regard sur Trumane. Jack Racksmith, dit la Terreur des mers… Le plus grand navarque de l’histoire du Protectorat. A votre avis, qu’aurait-il pensé de l’intrépide stratagème de votre supérieur ?
Hilemore fut tenté de s’en tenir à une réponse aussi courte qu’évasive, mais comme toujours, l’appel du devoir lui imposa la franchise :
– Mon grand-père n’évoquait que rarement ses exploits, amiral. Un jour, néanmoins, je lui ai demandé quelle tactique il avait employée à la bataille de la baie d’Espar, que beaucoup considèrent comme sa plus grande victoire. Il s’est contenté de me répondre : « Aux chiottes la tactique, mon petit. Personne ne peut se payer le luxe de réfléchir quand les canons se mettent à chanter. » (Il regarda l’amiral droit dans les yeux.) En résumé, amiral, je pense qu’il aurait applaudi la suggestion du capitaine. »

« Elle s’empara alors de l’Araignée dans son sac à main, l’enfila sur son bras et tira le Murmure de l’étui passé à sa cuisse. Il lui arrivait, dans ses rares moments de désœuvrement, de se demander comment les femmes ordinaires pouvaient bien vaquer à leurs occupations malgré ces dessous ridicules que leur imposait cette époque prétendument moderne. »

« J’ai survécu à la révolution, à la guerre et à plus d’une décennie sur ce continent, déclara le burgrave d’une voix songeuse. Mais par tous les spectres des cent empereurs, je crois que la paternité aura ma peau. »
Dragon Blood #1, Le Sang du Dragon, Anthony Ryan.

***

« Je vous prie de m’excuser pour mes actes de ce soir-là. Je n’étais pas moi-même.
– Quant à moi, je vous prie de m’excuser de vous avoir tiré dans la jambe. J’étais moi-même.
– Elle me plaît bien, dit-il à Kell, son sourire charmeur aux lèvres. je peux te l’emprunter ? »
Shades of magic #1, Victoria E. Schwab.

***

« Excusez-moi, je ne suis pas comme mon père, qui connaît les us et coutumes des autres arches. Nous ne faisons pas de différence entre les sexes ici. J’en déduis que chez vous les hommes ne portent pas de tenues comme la vôtre ?
Ophélie se fit violence pour ne pas imaginer Thorn en petite robe grise. »

« Il m’a fallu plus de deux ans pour mettre en place des groupes de lecture qualifiés afin de passer au crible toutes les collections. Le premier ouvrage que vous prenez par inadvertance est le bon. Votre propension à malmener les statistiques est effrayante. »

« Ophélie avait vécu des situations peu banales au cours de sa vie. Écouter la radio dans la même pièce qu’un tigre à dents de sabre y figurerait désormais en bonne place. »

« POSEZ-MOI UNE QUESTION, déclara la statue.
– Le terminus du tramway du marché?
– LA CHANCE SOURIT AUX AUDACIEUX.
– Les objets perdus ?
– UNE BONNE JOURNÉE COMMENCE PAR UNE BONNE NUIT.
– La XXIIe Exposition interfamiliale ?
– UN TIENS VAUT MIEUX QUE DEUX TU L’AURAS.
– Merci quand même. »

« Le trajet jusqu’au Mémorial lui parut atrocement long et abominablement court. Ses pires craintes furent confirmées quand elle vit une patrouille de vigiles la guetter sur le débarcadère. Ils n’étaient pas armés – ce seul mot constituait un délit -, mais ils n’avaient pas besoin de l’être. C’étaient tous des Nécromanciens, les maîtres de la température, capables de pétrifier de froid d’un seul regard. Ils étaient aussi d’excellents fabricants de congélateurs. »

« Alors ?
– Alors, rien, ricana Parrain avec un haussement d’épaules. Fut une époque où j’aurais convaincu la première venue de m’accompagner jusqu’au bout du monde. J’aurais pu utiliser mon vieux truc, dit-il en tapotant la larme noire entre ses sourcils, mais je me suis promis de ne plus jamais le faire sur Berenilde. Elle doit avoir raison, je commence peut-être à grandir. Quelle horreur… »
La Mémoire de Babel, Christelle Dabos.

 

Publicités

6 commentaires sur “[2017] Petit bilan de juin.

  1. J’ai également bien aimé Rivera le, surtout pour la mise en scène autant en couleur que ses personnages.
    Malheureusement, je ne me rappelle pas si j’avais fini de visualiser la saison.

    J'aime

  2. Acr0 dit :

    Si la série t’a envoûtée, je note Riverdale à regarder 🙂 Tout comme le tien, j’ai entendu de très bons échos autour de Shades of magic : mais je suis forte, je vais patienter jusqu’à complète parution en VF. Et je suis d’accord avec toi : La Mémoire de Babel est réussi !

    J'aime

    • Sia dit :

      Haaa cette Mémoire de Babel ❤ ! J'ai vraiment très envie de lire la suite et fin – puis de relire encore et encore la série. Je comprends donc tout à fait ta décision d'attendre la VF de Shades of magic 🙂

      J'aime

Mettre son grain de sel

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s