Hope & Red, L’Empire des tempêtes #1, Jon Skovron.

Dans un empire fragmenté qui s’étend au-delà des Mers sauvages, deux êtres rebelles se découvrent une cause commune…
Hope est l’unique survivante du massacre de son village par les Biomanciens, les serviteurs mystiques de l’empereur. Recueillie par un soldat vinchen, elle a suivi un entraînement secret, faisant d’elle une guerrière qui ne vit que pour la vengeance.
Red est un orphelin adopté par une ancienne mercenaire issue de la pègre. Il est devenu un voleur et un escroc au talent inégalé.
Quand un chef de bande sanguinaire passe un marché avec les Biomanciens pour contrôler les bas-fonds de la cité de Laven, les destins de Hope et de Red se croisent. Et leur alliance improbable va les conduire bien plus loin qu’ils l’auraient imaginé…

Apparemment, j’ai de la chance question fantasy en ce moment, tout ce que je lis me plaît infiniment. Je n’ai fait d’Hope & Red qu’une seule bouchée !

Au départ, Jon Skovron nous narre, à tour de rôle, les enfances (assez désastreuses, il faut le dire) de Red et Hope, le tout de façon aussi fluide qu’efficace jusqu’au fameux moment de leur rencontre, après laquelle vont débuter des aventures épiques à souhait. Au vu de la configuration, il ne faudrait pas croire qu’il ne se passe rien du tout jusqu’à leur rencontre – car c’est loin d’être le cas ! Au contraire, les épisodes de leurs enfances sont passionnants et très utiles pour comprendre comment se sont formés les caractères (ô combien affirmés) des deux protagonistes et comment ils en sont arrivés à leur quête de vengeance.

Ce qui est intéressant, c’est que celle-ci, quoique centrale, n’est pas vraiment au premier plan. Certes, c’est le moteur de l’intrigue et nos deux personnages y pensent sans arrêt. Mais pour assouvir leur besoin de vengeance, Hope et Red doivent passer par diverses étapes cruciales auxquelles ils se soumettent volontiers – d’ailleurs, la quête de vengeance est loin d’être terminée à la fin du premier tome. Du coup, cela change agréablement des poncifs du genre.
À ce titre, l’auteur balaie des sujets assez inhabituels en fantasy ce qui, là aussi, change agréablement. Ainsi, il est question de transsexualité, de droits de femmes ou encore de sexisme. Ceci étant, ces sujets ne constituent pas le fonds du roman ; pour la plupart, ils sont évoqués en passant, mais c’est assez inhabituel dans le genre pour être noté – du moins, assez inhabituel dans ce que j’ai l’habitude de lire.

Autre point qui m’a éminemment plu : l’univers. On déambule dans un univers foncièrement maritime où îles, archipels et autres chapelets d’îlets sont légion. De fait, on se déplace beaucoup en bateaux et, donnée corollaire, on essaie d’y éviter autant que faire se peut les pirates de tous poils qui infestent les eaux. Attendez-vous donc à un bon paquet de batailles navales, qui ne laissent, bien souvent, aucun répit au lecteur – et qui font partie des raisons pour lesquelles j’ai autant apprécié cette lecture.

Lorsqu’ils ne sont pas en mer, nos personnages arpentent Laven-la-Nouvelle et, plus précisément, ses bas-fonds. Hope et Red ne font pas exactement partie des classes privilégiées, aussi fréquente-t-on de préférence la pègre (voire la pègre de la pègre dans certains cas). La société décrite par Jon Skovron fonctionne sur un système de classes sociales parfaitement hermétiques : les riches exploitent les pauvres et ces derniers sont également menacés par les biomanciens (sortes de mélange entre scientifique fou et magicien maléfique) envoyés par les forces impériales. Vous avez dit manichéen ? Oui, vu comme ça, on pourrait le penser, c’est vrai. Mais l’auteur tire son épingle du jeu et parvient à mettre en place un système assez nuancé et loin de se décliner en seules nuances de blanc et de noir.

Enfin, il faut parler du style ! Jon Skovron utilise un langage fleuri et qui fait la part belle aux inventions stylistiques et de vocabulaire. C’est riche, coloré, particulièrement inventif et pousse le réalisme à fond. C’est assez drôle et, cerise sur le gâteau, il n’est pas nécessaire d’être un crack en linguistique pour comprendre et profiter à fond de toute les inventions dont regorge le texte. Mais si vous paniquez tout de même, sachez que le roman comprend un lexique répertorié et documenté par un aristocrate curieux – ses définitions et observations valent, à elles seules, le détour !

Avec Hope & Red, j’ai mis les pieds dans un univers qui m’a littéralement passionnée, que ce soit par les différends qui opposent les classes sociales, par la géographie ou par les quêtes des personnages. Le roman est à la fois épique, plein de suspens et souvent drôle. Le style, efficace et original, fait de son côté une grosse partie du sel du roman. Il va donc sans dire que j’ai hâte de lire la suite !

L’Empire des tempêtes #1, Hope & Red, Jon Skovron. Traduit de l’anglais par Olivier Debernard.
Bragelonne, mars 2017, 432 p.

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Cette entrée a été publiée dans Fantasy.

8 commentaires sur “Hope & Red, L’Empire des tempêtes #1, Jon Skovron.

  1. Il faut vraiment que je le tente celui-ci !

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  2. Oh, je le voulais trop, celui-ci 🙂 ! Tu me donnes encore plus envie de l’acheter 😉

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  3. ChemsBook dit :

    Je ne connais pas mais ton avis me tente énormément

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  4. Lianne dit :

    J’avais vraiment bien aimé ce premier tome en tout cas =)

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