Le Septième Guerrier-Mage, Paul Beorn.

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Lorsque Jal se réveille, perdu et agonisant, il ne se doute pas que sa survie dépendra de son serment. Dans ce petit village de la vallée de la Thorkel où il se réveille, les habitants semblent croire qu’il a occis, à lui tout seul, et d’un claquement de doigts, les quinze soldats qui le suivaient. Alors, pour les villageois, ce n’est pas compliqué : Jal, en tant que Guerrier-mage, va protéger leur village et leur vallée, face à l’immense armée conquérante d’Ostérie… qu’il vient de déserter.
Or, cette armée est menée par le plus puissant des Guerriers-Mages, le Vieux Dragon en personne, qui a l’habitude d’incendier allègrement toute campagne qu’il croise…
Malheureusement, depuis qu’il a fait cette promesse, Jal est perturbé par de violents cauchemars, vieux souvenirs des douze années qu’il a oubliées. En même temps que ces cauchemars lui viennent des capacités insoupçonnées. Se pourrait-il que les villageois ne se soient pas trompés et qu’il soit réellement un Guerrier-Mage ?

Ces derniers temps, on dirait bien que la fantasy française et francophone me réserve de bonnes, voire très bonnes surprises !
Et pourtant, en ouvrant ce roman, ce n’était pas gagné. Car l’histoire est narrée à la première personne – et si vous êtes familier de ce blog, vous savez à quel point ce procédé narratif a tendance à m’agacer. Je n’aime pas trop, car un narrateur à la première personne ne peut pas être omniscient. Mais là, et c’est fabuleux, cela fonctionne !

Jal étant amnésique, il doit reconstruire le fil de son histoire au fur et à mesure, ce qui fait qu’on la découvre à peu près en même temps que lui. Du coup, cela fonctionne plutôt bien et nous évite tous problèmes dus à un narrateur avec trop peu d’éléments en main. Et c’est dû à une histoire truffée de rebondissements, de ramifications insoupçonnées et de révélations en tous genres, qui font que l’attention du lecteur peut changer de cap au fil de l’histoire. Au départ, on se demande donc comment Jal va réussir à faire faux bond aux Skaviens et, peu à peu… on se demande comment il va leur venir en aide ! Ce qui, dit comme ça, n’a l’air de rien, mais est en fait énorme.

Car l’histoire va s’appuyer sur des personnages vraiment bien troussés, aux personnalités et motivations complexes. J’ai adoré Jal : déserteur amnésique, voleur, pillard, jamais avare de grossièretés, il sait se faire remarquer là où il passe et on s’attache très vite à ses pas. Mais Jal ne serait rien sans Gloutonne, son écureuil apprivoisé — et le duo vaut vraiment, vraiment, le coup que l’on découvre le livre (s’il ne fallait retenir qu’une paire de personnages, ce seraient ceux-là). Dans la vallée, Jal va également s’opposer à Rikken, la fille du dernier seigneur local et fervente défenseure de la vallée de la Thorkel : niveau combattante bornée, elle aussi se pose là, avec un caractère apte à faire reculer le plus grossier des soldats. Voilà une figure féminine intéressante — à la réflexion, j’aurais dû la mettre dans le top des héroïnes inspirantes, tiens. Et ce qui est intéressant, c’est que les personnages ne sont pas monolithiques (hormis peut-être le principal opposant, qui s’avère parfois un peu attendu) !

Autre très bon point : en lisant le roman, j’avais clairement l’impression que Paul Beorn faisait du neuf avec du vieux. Je m’explique : de la vallée cachée qui souhaite passer inaperçue aux effets de la magie utilisée par Jal et ses coreligionnaires, en passant par l’armée de conquête ou l’école surnaturelle, rien ne semble parfaitement inédit. Mais, et c’est là que l’auteur déploie tout son talent, on adhère sans hésiter à son univers. Car il sait comment nous rendre les personnages et leurs préoccupations proches. En effet, sous les yeux de Jal, c’est une vallée sereine, difficile d’accès et encore intacte qui se déploie ; l’auteur s’attache si bien aux descriptions qu’on pourrait s’y repérer sans soucis ! Alors que Jal nous dépeint des habitants sauvages et monstrueux, car il les déteste, on le voit changer peu à peu — alors même qu’il est assailli par de terribles cauchemars qui semblent faire resurgir un passé pour le moins horrible. Dès le départ, il y a donc une double intrigue palpitante qui se dessine : ce que Jal va devenir et… ce que Jal est devenu — et surtout comment il l’est devenu !
La magie, de son côté, repose sur un système très original, et qui induit pas mal de péripéties, ce qui n’est pas négligeable. Voilà tout ce qui fait que le roman est aussi palpitant !

Voilà un récit de fantasy hautement efficace qui, en plus de proposer son lot de combats épiques et d’affrontements épiques, s’interroge sur les notions de liberté et d’asservissement, tout en célébrant le courage et l’amitié. Et c’est, de plus, la preuve qu’on n’est pas obligé de faire des beaucoulogies et qu’un singleton peut-être excellent ! Avis aux amateurs !

Le Septième Guerrier-Mage, Paul Beorn. Milady, janvier 2017, 672 p.

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6 commentaires sur “Le Septième Guerrier-Mage, Paul Beorn.

  1. Camille dit :

    Ouiiiiiii!!!! Même si j’aurais bien aimé revoir les personnages dans un autre roman! 😛

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  2. Guenièvre dit :

    Je le note, merci! 🙂

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  3. Lianne dit :

    Je l’ai dans ma PAL mais je ne l’ai pas encore sorti, mais la prochaine fois que je cherche un oneshot fantasy je pense le prendre =)

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