[2017] Petit bilan de janvier.

Si le mois m’a semblé des plus chaotiques, il y a bien un point dont la régularité m’a étonnée : les coups de cœur ! Pas moins de trois ce mois-ci, du jamais vu !

Carnet de lectures.

Rayon essais.

Nota Bene : les pires batailles de l’Histoire, Benjamin Brillaud , illustré par Arcady Picardi.

Nota Bene, vous connaissez ? C’est une de mes chaînes Youtube préférées ! Benjamin Brillaud, son créateur, y explicite l’Histoire, à grands renforts d’anecdotes aussi intéressantes qu’amusantes. Le voilà donc qui passe au format papier et avec réussite. Dans cet essai, il nous détaille 15 batailles épiques qui ont changé le cours de l’Histoire. Décisions hasardeuses, coïncidences heureuses et autres bons choix qui tombent à pic truffent les pages de l’Histoire, on s’en aperçoit à la lecture. De la bataille de Tyr à celle des Thermopyles, en passant par celle de Gravelines, le choix est vaste et nous fait passer par les quatre coins du monde. Pour chaque bataille, l’auteur nous explique les enjeux du conflit, en détaille les péripéties et en aborde les conséquences. Chaque chapitre présente également un court passage romancé pour nous permettre de mieux percevoir l’ambiance du moment. Arcady Picardi, de son côté, a mis les batailles en images (mais celles-ci tiennent plus à la partie romancée que purement historique).
Comme pour les vidéos de la chaîne, les textes sont vifs, bien écrits et mêlent précision historique et humour léger. De leur côté, les parties romancées tiennent en haleine, mais sont de style inégal – alors que les chapitres d’essai sont tous très bons. De fait, l’essai se lit avec plaisir et sans difficultés aucune, car l’auteur évite le jargon et sait nous rendre son essai accessible. Point bonus : chaque chapitre se clôt par un paragraphe intitulé « Pendant ce temps-là dans le reste du monde », qui nous permet de mettre en perspective ce que l’on vient de lire et de décrypter le puzzle mondial.
Une bonne découverte au rayon essais historiques, donc !

Rayon bulles.

Les Fleurs du mal, tomes 1 & 2, Shūzō Oshimi.

 

               

Une ville de province banale, un collège banal, un quotidien banal. Takao, élève moyen et timide, se sent enfermé dans ce monde étroit. Il n’a qu’une échappatoire : la lecture. Il est surtout fasciné par l’étrangeté des Fleurs du mal de Baudelaire. Ce recueil est devenu son livre de chevet, tout autant que son moyen de se différencier dans un monde gris où tout le monde se ressemble.  Il existe pourtant un élément de surprise incontrôlable dans son univers : Sawa, assise derrière lui en classe, refuse toute autorité en bloc. « Cafards ! », « Larves ! » : elle ne rate pas une occasion d’exprimer sa haine et son mépris, même envers ses professeurs. Crainte de tous, elle est l’élément déviant de la classe.
Takao n’en a cure et préfère se concentrer sur la populaire Nanako. Il ne lui a jamais parlé et se contente de la regarder de loin. Alors quand il trouve abandonnés dans la salle de classe les vêtements de sport de l’objet de ses fantasmes, il ne peut s’empêcher de les ramasser… Surpris par du bruit dans le couloir, il s’enfuit en emportant les affaires de Nanako. Pas de chance pour lui, Sawa l’a surpris en plein forfait… Avec un grand sourire, elle commence à le faire chanter : s’il ne veut pas qu’elle le dénonce, il doit obéir à ses ordres, même les plus fous – et les plus trash !
Croyant, à tort, lire une adaptation des authentiques Fleurs du Mal, je me suis lancé avec enthousiasme dans cette lecture… Enthousiasme qui a été vite douché par la tournure que prennent les événements. Plus que de poésie, c’est de harcèlement scolaire qu’il est question. Mais, là où A Silent voice proposait une réflexion intéressante et bien menée, Les Fleurs du Mal semble plus être destiné à évoquer toutes sortes de comportements au mieux glauques, au pire, carrément déviants. Difficile de ne pas se dire que Sawa est clairement dérangée – et que Takao devrait aller la dénoncer immédiatement. Au fond, qu’importe qu’il ait emporté les vêtements de Nanako ? Les actes de Sawa sont nettement plus répréhensibles. L’ambiance, au fil des pages, devient donc de plus en plus tendue et malsaine, et même assez difficile à supporter. Associé au fait que j’ai eu un mal fou à voir où voulait en venir l’auteur (je n’ai toujours pas trouvé), cela ne m’incite guère à en lire plus.

Côté ciné.

Bienvenue au Paradis.

La série, intitulée The Paradise en anglais, compte deux saisons d’environ 16 épisodes et a été produite par la BBC et PBS. Inspirée du roman de Zola Au bonheur des dames, la série dévoile les coulisses d’un grand magasin situé au nord de l’Angleterre et nommé The Paradise. John Moray, le propriétaire, veuf et fils de marchands de tissus, a développé ce qui était une petite boutique en véritable supermarché (mais plus type Bazar de l’Hôtel de Ville que Carrefour !), au détriment du maillage de petits commerçants de la grande rue. Denise Lovett, fraîchement débarquée de Peebles, et dont l’oncle lutte justement pour la survie de son petit commerce, est embauchée au rayon Confection Dames du Paradise. Bientôt, ses idées commencent à plaire à John Moray, au grand dam de Mademoiselle Audrey, la responsable du rayon, de Clara, une de ses collègues, et de Katherine Glendenning, la fille de Lord Glendenning, et fiancée de John Moray. Voilà pour un résumé très bref.
La série, tout en costumes, évidemment, est particulièrement prenante et les péripéties qui agitent le Paradise menées avec efficacité. On se passionne pour les petites bisbilles des vendeurs et vendeuses, pour les plans sur la comète de John Moray, ou tout simplement pour l’ambiance générale de la série – à tel point qu’on ne voit pas passer les deux saisons. Je recommande !

Tops & Flops.

Les Fleurs du Mal
Au rang des seconds, j’ai déjà cité ci-dessus Les Fleurs du Mal dont, décidément, l’ambiance particulièrement malsaine ne m’a pas branchée plus que cela, même après la lecture du deuxième tome. Une affaire que je ne suivrai sans doute pas !

Phobos : origines, Victor Dixen.phobos-origines-victor-dixen
A défaut de me mettre le troisième tome de la série martienne sous la dent, j’ai lu le recueil de nouvelles. Qui m’a quelque peu déçue. Déjà, m’apercevoir que les nouvelles ne concernaient que les garçons (et qu’il faudrait donc sans doute attendre un autre opus pour les filles), n’était pas la meilleure des surprises. Mais, par la suite, j’ai trouvé à ce recueil des défauts similaires au tome 1, et c’était un peu dommage.

Bon, à côté de ça, il y a également eu de très chouettes découvertes avec pas moins de trois coups de cœur ! Incroyable !

George d’Alex Gino.
george-alex-ginoTout d’abord, il fallait absolument que je vous parle de George, un roman d’Alex Gino. Un roman, que dis-je ?! Non, une véritable petite pépite !! Car l’auteur s’attaque à la transsexualité et aux enfants transgenres, un sujet tabou (s’il en est) et qu’il était urgent d’aborder – surtout avec autant de talent.

Le Noir est ma couleur, Olivier Gay. le-noir-est-ma-couleur-1-le-pari-olivier-gay
Premier livre lu de 2017 et hop, premier coup de cœur ! Décidément, Olivier Gay a l’art et la manière de proposer des titres prenants et très agréables à lire. D’ailleurs, j’ai terminé celui-ci avec un intense sentiment de frustration et l’envie de lire la suite assez vite !

le-septieme-guerrier-mage-paul-beornLe Septième guerrier-mage,
Paul Beorn.
Et bam, troisième coup de cœur de janvier ! C’est rare qu’ils s’enchaînent aussi vite. De Paul Beorn, je n’avais lu que 14-14, écrit à deux mains avec Silène Edgar (et que j’avais bien aimé). Ce one-shot de fantasy est tout aussi bon et tient haleine jusqu’aux dernières pages ! J’ai adoré !

Citations.

« Elle regarde son frère. Son frère la regarde. Ils regardent mes liens. La machine à laver les regarde. »

« Les mages existent, ils sont parmi nous, et personne ne s’en est jamais rendu compte. Pas étonnant, s’ils font profils bas comme ses parents. Sa mère est bibliothécaire … bibliothécaire ! D’accord elle aime les livres, mais quand même. Si j’avais possédé des pouvoirs, je serais au moins devenu, je ne sais pas, roi du monde ou un truc comme ça.
En tout cas, je ne resterai pas derrière un bureau trente-cinq heures par semaine.»
Sache, jeune Padawan, que d’une part, on fait plus que 35 heures et que, d’autre part, c’est rarement assis derrière un bureau ^^ 

« Quoi, pas de suppliques pour épargner votre vie ?
– Ça changerait quelque chose ?
– Hélas, non.
– Alors, je te crache à la gueule. »
Le Noir est ma couleur, tome 1, Le Pari, Olivier Gay.

***

« Tu m’as l’air drôlement calé en astronomie, dit Bea en entraînant Marcus à l’autre bout du buffet. Tu connais aussi bien les étoiles du ciel que celles de Hollywood !
– C’est un peu la même chose, répond-il. Des cendres qui se transforment en diamants. A Hollywood, les vies humaines se condensent pour donner des légendes. Dans le ciel, la poussière cosmique se contracte pour créer des astres. J’ai lu ça à la bibliothèque publique. Il y a même un mot pour ce phénomène, la stellogenèse : la naissance des étoiles. »
Phobos : origines, Victor Dixen. 

***

« George regardait par la fenêtre arrière et comptait les poteaux électriques. Quand elle était petite, son grand-père lui avait dit que si elle comptait cent poteaux de suite, un fée électrique exaucerait son premier vœu. Elle ne croyait plus à la fée électrique et ne savait pas au juste quel était son vœu, mais elle continuait à les compter par habitude. »
George, Alex Gino.

***

« Écoutez ! dis-je sans élever la voix. Moi, la parlotte, ce n’est pas mon fort, alors je vais vous expliquer les choses autrement. Approchez, approchez. Je vais vous dire une bonne chose : le roi de Skavie se fout pas mal de votre petite vie, c’est clair ? Dieu a bien trop de boulot pour s’occuper de vous, et les sept saints sont tous morts depuis belle lurette. Alors votre vallée, si vous ne vous battez pas pour elle, personne d’autre ne le fera. Si vous attendez que d’autres le fassent à votre place, c’est que vous n’avez rien compris à la façon dont tourne le monde.
Un hurlement de douleur lointain me coupe la parole.
– Vous les entendez, vos maris et vos fils ? Vous croyez qu’ils ont besoin de gentilles mamans pour porter les enfants et s’occuper de la ferme, en ce moment ? Non, pas aujourd’hui ! Ils ont besoin de furies, de harpies, ouais, de femmes prêtes à bouffer de la chair humaine et qui n’ont peur de rien ! »

« Mais… commença Keerik-da, nous ne sommes que des femmes !
J’en reste sans voix.
– Et alors ? s’écrie dame Rikken. Vous n’êtes pas concernées, peut-être ?
– Ma dame, nous… nous portons les enfants, nous travaillons à la ferme, mais nous ne sommes pas faites pour la guerre.
Elle vient à peine d’éclater le crâne d’un homme à grands coups de caillasse ! Elle se paie ma tête ou quoi ? Non, même pas. Dans son esprit bien rangé de Skavienne, la réalité des faits ne pèse pas bien lourd face aux préjugés de toute une vie.
– Parce que tu crois peut-être que les hommes, eux, sont faits, pour la guerre ? Tu crois que je suis venu au monde avec un fléau d’armes entre les mains, juste pour étriper de pauvres gens, hein ? Tu crois que ça me fait plaisir de me balader sur des champs de bataille pour briser des os et trancher des veines ? »

« Il y a tout un tas d’histoires à ce sujet, souviens-toi de la légende de Karl-le-Golem… Tous les membres de son cercle étaient des hommes, ils étaient ses amants et amants entre eux.
– Entre hommes ?
– Bon Dieu, Jal, l’homosexualité, ça existe ! Tu es au courant, non ? En tout cas, le cercle était tellement solide que Karl n’a jamais été vaincu en combat. Jusqu’au jour où l’un de ses membres lui a tranché la gorge dans son sommeil – par jalousie.
– Je croyais que Karl-le-Golem avait été empoisonné par le démon Eela ?
Il glousse un peu.
– Tu ne sais pas que les contes ont toujours une double lecture ? Le démon Eela représente la jalousie. Tu es naïf, c’est mignon. Parfois, on dirait un vrai bébé. »
Le Septième Guerrier-mage, Paul Beorn. 

***

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2 commentaires sur “[2017] Petit bilan de janvier.

  1. vinushka64 dit :

    Le Septième guerrier-mage me fait envie ! Pour les fleurs du mal, j’ai vu le teaser sur Game one et j’ai compris que ça parlait de harcèlement de manière un peu malsaine, mais j’étais quand même un peu curieuse de le vérifier par moi-même. Bon, ça a l’air plutôt bof au final.
    Je ne connaissais pas Nota Bene, ça a l’air vraiment bien !

    J'aime

    • Sia dit :

      Je pense que je n’étais pas la lectrice la plus adéquate pour Les Fleurs du Mal, je suis vraiment passée à côté (j’avais plus envie de dire au jeune homme « Mais secoue-toi, punaise !! » que de compatir à sa douleur).
      Pour Le Septième Guerrier-Mage, je ne peux que te le recommander chaudement ; je ne vais pas dire que ça fait longtemps que je n’ai pas lu un bouquin de fantasy aussi bon, parce que ce serait mentir, mais j’ai vraiment adoré !
      Et concernant Nota Bene, je ne peux que t’encourager à aller regarder ses vidéos !

      Aimé par 1 personne

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