Positif, David Wellington.

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New-York, quelques vingt années après une apocalypse zombie. Finnegan, dit Finn, vit confortablement dans la ville fortifiée, entouré de ses deux parents. Malheureusement, sa mère se transforme subitement en zombie et le jeune homme de 19 ans est exposé au virus. Celui-ci peut incuber jusqu’à 20 ans. Finn est désormais un Positif. Le signe « + » tatoué sur la main gauche de Finnegan lui vaut expulsion : une voiture du gouvernement l’amènera dans un camp sanitaire en Ohio. Sauf que… l’agent fédéral a été égorgé. Et Finn est tout seul, dehors, sans même savoir que l’Ohio est un état à des centaines de kilomètres. Et, bien sûr, il y a les zombies. 

Voilà un roman de zombies qui débute pour le mieux. David Wellington propose une intrigue vraiment originale : l’idée de ce virus zombie pouvant incuber jusqu’à vingt ans permet d’intéressants développements. Étant né à l’abri, Finn est très doué pour pêcher dans les tunnels du métro de New-York et subvenir à ses besoins… dans une ville à l’abri des zombies. Dehors, comment dire ? Il est nul. En fait, s’il ne recevait pas d’aide, il devrait mourir en moins de deux. Heureusement (ou pas ?), il est rapidement pris par Adare, un pillard qui circule sur les routes post-apocalyptiques américaines à bord d’un SUV bourré de fournitures et de jeunes filles, qui l’aident dans son travail – et lui servent, accessoirement, d’esclaves sexuels, ce que le naïf Finn ne comprend pas bien vite. De quartiers résidentiels à piller en camps de pillards, en passant par tous les coins où traîner ses bottes qu’offre l’univers post-apocalyptique, Finn découvre une réalité pour le moins sordide.

Finalement, le plus gros danger de son univers, ce ne sont pas les zombies… ce sont plutôt les humains qui peuplent encore le monde : pilleurs, voleurs, esclavagistes, la lie de l’humanité n’a eu guère de mal à survivre. Comme dans Feed, les zombies ne sont qu’une donnée de l’univers avec laquelle il faut composer, ce qui donne un récit riche en aventures, adrénaline et rebondissements.

Malheureusement, la belle mécanique s’enraye sur la seconde partie. Arrivé au camp sanitaire – qui n’est guère mieux qu’un camp de concentration – Finn reprend du poil de la bête et mène la révolte des Positifs. De loser sous-doué, Finn devient subitement un leader talentueux, à la chance un brin trop insolente : il arrive à déjouer les pièges que lui tendent la nature (sauvage et humaine) avec un peu trop de facilités. A la longue, cela devient même un peu lassant. Pourtant, le projet ne manque pas d’intérêt : on suit l’établissement des Positifs en petite communauté, les difficultés liées à l’hiver rigoureux qui arrive, aux zombies, ou à une secte qui semble prendre de plus en plus d’importance. Mais tout l’aspect original qu’avait le début, avec ce personnage se débattant contre un système et une nature auxquels il n’était pas préparé, disparaît dès l’instant où Finn se comporte comme n’importe quel héros de roman – qui rencontre deux-trois difficultés, mais s’en sort tout de même, au final, haut la main et sans jamais perdre sa bonne réputation. Sans être totalement cliché (car l’univers est là pour apporter son lot de surprises), le récit devient de plus en plus convenu, ce qui est bien dommage.

Positif est donc un roman de zombies inégal : la première partie, extrêmement prenante et originale, est quelque peu desservie par la seconde, qui se rapproche un peu trop du cliché de l’anti-héros secrètement talentueux pour être vraiment efficace. Le récit n’en demeure pas moins prenant, rythmé par ses chapitres extrêmement courts et ses multiples rebondissements. 

Positif, David Wellington. Traduit de l’anglais par. Bragelonne, 2015, 552 p.

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14 commentaires sur “Positif, David Wellington.

  1. Acr0 dit :

    Les chroniques de ce livre me confirment que je ne vais sans doute pas m’y risquer. Il risque de manquer d’un peu de verve pour me plaire. (voilà pourquoi il est important aussi de chroniquer les lectures qui nous ont moins plu)

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    • Sia dit :

      J’avoue qu’elles ont tendance à passer à la trappe soit parce que je me sens pousser des envies de râlage intense, soit parce que je n’ai pas envie de m’embêter plus que cela. Alors que chez les autres, j’aime connaître les petites failles et les petites réussites des titres, un comble !
      Pour en revenir à Positif, si tu veux du survival, fonce, mais comme ce n’est pas ma tasse de thé, j’ai pas accroché à la seconde moitié.

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  2. Steven dit :

    Ce roman me fait de l’oeil et ton avis ne m’aide pas… Je vais craquer.

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  3. Kittymelo dit :

    Oh ben zut alors. J’avais déjà lu la trilogie Zombie Story de cet auteur et selon les tomes j’étais assez mitigée alors quand j’ai vu qu’il en sortait un autre sur les zombies, je voulais le tester mais ton avis rejoint tous ceux qui ne sont pas emballé à 100% par ce roman. Dommage, je ne sais pas encore si je vais m’y risquer.

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    • Sia dit :

      Ha, c’est lui qui a fait Zombie story ! Je ne l’ai pas lu mais je l’ai notée. Il n’est pas mauvais, mais je m’attendais à poursuivre sur la veine de la première partie jusqu’au bout. Tu me diras si tu le lis tout de même ?

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  4. Camille dit :

    Au début j’étais en mode « Oh j’essaierais bien même si je déteste les histoires de zombies » et puis arrive la deuxième partie et « oh non je vais me concentrer sur autre chose » 😄

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  5. […] continuer à vivre après un moment de triomphe, ça, c’est autrement plus compliqué. » Positif, David […]

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  6. Lupa dit :

    Pour être franche, j’ai peur qu’il souffre de la comparaison avec FEED, et ton avis me conforte dans ce sens ^^ Je pense donc faire l’impasse pour cette fois, surtout que la littérature zombiesque ne manque pas de titres plus mordants (hi hi, j’ai pas résisté ^^) 😀 Merci de m’avoir sans doute évité une déconvenue annoncée 🙂

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    • Sia dit :

      Haha, excellent !
      Tu as entièrement raison, il souffre de la comparaison à Feed (qui a été un tel coup de cœur pour moi que c’est difficile de passer outre). Je viens de terminer Les Décharnés de Paul Clément avec lequel j’ai passé un bon moment (chronique la semaine prochaine je pense) et je me suis acheté Chaos de Clément Bouhélier (Critic) qui m’intrigue fortement !

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  7. […] Dames Blanches, Pierre Bordage (L’Atalante). – Positif, David Wellington (Bragelonne). – Aeternia, tome 1, La Marche du prophète, Gabriel Katz […]

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