La Voie des rois, volume 1, Les Archives de Roshar #1, Brandon Sanderson.

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Roshar, monde de pierres et d’orages. D’étranges tempêtes de pouvoirs balaient les terres accidentées tellement souvent, qu’elles ont influencé l’écologie et la civilisation. Les animaux se cachent dans des coquillages, les arbres rentrent leurs branches et l’herbe se rétracte dans le sol. Les cités sont construites uniquement où la topographie offre une protection. Des siècles ont passé depuis la chute des dix ordres consacrés connus sous le nom de Chevaliers Radieux, mais leurs avatars, des épées et des armures mystiques qui transforment des hommes ordinaires en guerriers quasi invincibles, sont toujours là. Des royaumes sont échangés contre ces objets, des guerres sont menées en leur nom et gagnées grâce à eux. Une de ces guerres se déroule justement sur le paysage dévasté qu’on appelle les Plaines Brisées, opposant les dix armées Aléthis aux Parshendis.

Vous êtes prêts ? Alors accrochez-vous. Parce que Les Archives de Roshar, c’est un peu l’œuvre ultime de Sanderson, celle sur laquelle il bosse depuis tellement longtemps qu’il doit en rêver la nuit. Elle est tellement volumineuse que le premier tome a été édité en deux volumes.

La Voie des rois, c’est d’abord un univers : Roshar. Un univers de pierre, de vent et de tempêtes d’une violence inouïe. S’y côtoient différents royaumes, peuples et civilisations avec des coutumes et conceptions bien différentes. Certains vénèrent la pierre au point ne pouvoir la fouler, d’autres la creusent pour s’y abriter. L’univers mis en place par Sanderson est d’une richesse tout simplement fabuleuse. Pas un chapitre où l’on ne découvre pas quelque chose, qu’il s’agisse d’une coutume, d’une façon particulière de se vêtir (comme les femmes aléthies qui doivent dissimuler leur sage-main, la gauche), d’une hiérarchie sociale particulière, d’une légende ou d’un détail architectural. Impossible de ne pas imaginer dans quoi on évolue tant Sanderson pousse l’art du détail à son paroxysme.
Et tout ça avec un talent fou. Parce que malgré cette précision cinématographique accordée à tous les domaines, on ne croule jamais sous les descriptions. Jamais on ne souffle en se disant que l’auteur fait du remplissage. Et pourtant, il pousse le souci du détail tellement loin que l’on devrait pouvoir écrire un traité d’ethnologie à l’issue de la lecture.

Les personnages qu’il nous propose sont pour beaucoup dans l’étonnante fluidité du texte. Bien que l’on en croise beaucoup, l’histoire tourne essentiellement autour de trois grandes figures, unies par les Plaines Brisées, où les armées aléthies luttent contre les Parshendis.
On y trouve Kaladin, qui a abandonné ses études de médecine pour devenir soldat et protéger son petit frère. Réduit en esclavage, il lutte pour sauver les hommes avec lesquels il doit, jour après jour, porter un pont afin de permettre aux armées du clarissime Sadeas – un grossier personnage qui tient les esclaves pour quantité négligeable – de traverser les gouffres et livrer bataille. Au même endroit, le clarissime Dalina Kholin – commandant d’une autre armée aléthie qui lutte pour les plaines brisées – montre la même fascination que son frère, feu le roi Gavilar, pour un texte ancien intitulé La Voie des rois, qui narre les aventures des Chevaliers Radieux tout en exhortant les hommes à mener une vie digne, ce que les clarissimes ont oublié depuis longtemps. Hanté par des visions redoutables, il doute – et le reste des armées avec lui – de sa santé mentale… Très loin de là, mais reliée aux Plaines Brisées de bien des façons, Shallan quitte sa famille et cherche à devenir, pour des motifs peu avouables, l’apprentie de l’éminente hérétique Jasnah Kholin, fille de feu le roi et nièce du même Dalinar. Celle-ci mène de bien étranges recherches qui pourraient la mettre sur la voie des véritables motifs de la guerre… si toutefois Shallan ne fait pas capoter ses plans en mettant les siens à l’oeuvre. Tour à tour, on s’intéresse à chacun des trois et l’auteur dévoile leurs aspirations, défauts et autres choix cornéliens. Il faut un moment avant de comprendre comment les personnages sont reliés entre eux mais, et c’est là que c’est fantastique, jamais on ne se lasse, ni ne se demande quand l’histoire va débuter, malgré l’évidente lenteur de l’intrigue. La découverte de l’univers extrêmement riche est tellement fascinante qu’on se laisse volontiers accaparer. De plus, à côtoyer ces trois-là, on se passionne pour leurs tribulations et motivations, nobles ou basses. Et c’est à regret qu’on les quitte, d’autant que la césure a été extrêmement bien choisie : le cliffhanger est redoutable !

On referme ce volume avec le sentiment qu’on n’a lu qu’une énorme introduction à l’univers, l’intrigue, aux personnages… mais quelle introduction ! On ne s’ennuie pas une seconde alors que l’on attend l’arrivée du fil rouge. On profite de chaque chapitre, chaque interlude, pour découvrir de nouvelles choses sur un univers ô combien dense et passionnant. Et la fin ne donne que plus envie de découvrir la suite !

Les Archives de Roshar #1, La Voie des Rois #1, Brandon Sanderson. Traduit de l’anglais par Mélanie Fazi.
Le Livre de Poche, 2015, 757 p.

 

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ABC Imaginaire 2015

 

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Cette entrée a été publiée dans Fantasy.

10 commentaires sur “La Voie des rois, volume 1, Les Archives de Roshar #1, Brandon Sanderson.

  1. Nathalie dit :

    Je vois que tu as autant apprécié ce roman que moi 🙂 Je suis curieuse de savoir où se trouve la césure dans la version française puisque j’ai écouté la version originale qui n’a pas divisé ce premier tome en deux ? Il va falloir que tu trouves un moyen de me le dire sans spoiler les autres 😀

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    • Sia dit :

      Huuum, alors… C’est pile poil au milieu de la troisième partie, et ça concerne un climax dans l’aventure de Shallan… Voilà, je peux pas t’en dire plus sans spoiler encore plus 😀

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  2. Et bien, heureusement que j’ai les deux premiers tomes dans ma PAL!! 🙂

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  3. LittleDaisy dit :

    J’ai un peu honte de ne jamais avoir lu cet auteur … Il faut définitivement que je me lance. Chaque titre semble être sublime et ton avis n’en remet qu’une couche.

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  4. Lupa dit :

    A chaque passage par chez toi (ou presque) une piqûre de rappel Sandersonienne m’attend 😀 Je suis vraiment longue à la détente pour m’y mettre enfin, mais j’ai espoir d’y parvenir un jour…, très bientôt même j’espère !!!

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