Je suis lasse des ombres, Alan Bradley.

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C’est Noël à Buckshaw, et Flavia de Luce s’est enfermée dans son laboratoire pour concocter une potion afin de piéger le Père Noël et de prouver à ses sœurs qu’il existe. Mais elle est dérangée par l’arrivée d’une équipe de cinéma venue tourner un film dans le manoir familial croulant de Buckshaw, avec la fameuse Phyllis Wyvern dans le rôle principal. Malgré le blizzard, tout le village de Bishop’s Lacey se retrouve à Buckshaw pour assister à la performance de Wyvern. Personne, pourtant, ne s’attendait à ce que la soirée se termine sur une note aussi macabre : un cadavre est retrouvé étranglé dans une des chambres avec une bobine de film…

 

Quel plaisir de retrouver Flavia de Luce et le manoir de Buckshaw ! Pourtant, ce volume n’avait pas tout à fait la saveur des précédents. D’une part, il est un peu plus court, semble-t-il et, d’autre part, l’enquête est assez longue à démarrer. Il faut arriver quasiment à la moitié du roman avant de tomber sur le premier cadavre !

Pourtant, retrouver notre enquêtrice en herbe est toujours aussi délicieux. Cette première partie est l’occasion de développer les personnages et les relations qui les unissent. Le colonel semble toujours aussi lunaire, et les sœurs de Flavia, Daphné et Ophélie, sont toujours aussi pestes l’une que l’autre. On ne peut donc que fondre pour Flavia qui, de son côté, tente de maintenir la façade. Dogger (sans aucun doute mon personnage favori  après Flavia !) est également approfondi et, s’il reste assez mystérieux (comment fait-il pour toujours surgir au bon moment ? Mystère !), on a l’impression de s’approcher de plus en plus de sa personnalité.
Et si cette partie est un peu moins trépidante, on ne s’y ennuie pas ! En effet, l’arrivée de l’équipe de tournage est l’occasion rêvée pour Flavia de cabotiner tant et plus – puisque l’inspecteur Hewitt, son public favori, n’est pas encore de la partie. Or elle trouve en Phyllis un public attentif et, mieux, une confidente. Comme dans les tomes précédents, Flavia a des questionnements profondément humains et touchants… aux côtés de ses pitreries et de sa passion pour les poisons, c’est ce qui fait tout son charme !

Autre particularité de cet opus : cette fois, Flavia ne parcourt pas la campagne avec Gladys (sa bicyclette), puisque le drame a lieu en huis-clos, au sein même du manoir – l’occasion, donc, de l’explorer comme jamais. De plus, la période de Noël et la neige qui va avec donnent à l’ensemble un aspect feutré pas désagréable du tout. Entre deux expériences scientifiques et chimiques inédites (comme la confection et l’utilisation de la glu, par exemple, un grand moment !), Flavia tente de résoudre le mystère. L’action est particulièrement concentrée sur les dernières pages, mais quelle action ! On a le palpitant au supplice, tant l’issue est incertaine. Du fait de la brièveté de l’enquête, l’intrigue est nettement moins alambiquée que dans les opus précédents, mais cela laisse toute la place aux interrogations de Flavia sur elle, Harriet et la place qu’elle a au sein de sa drôle de famille. Âmes sensibles, préparez les mouchoirs !

Quatrième aventure de Flavia, et la bonne découverte ne se dément pas, même si le volume est un tantinet moins trépidant que les précédents. La verve de notre chimiste en herbe est intacte et c’est avec un plaisir non dissimulé que l’on assiste aux petites joutes mesquines des De Luce. Au sein d’une enquête en huis-clos assez classique dans le déroulement (et qui n’est pas sans rappeler les grandes heures d’Agatha Christie), Alan Bradley joue la carte de l’originalité en explorant les débuts de la police scientifique, en convoquant l’Histoire, ou en faisant intervenir des personnages qui cachent bien leur jeu (tante Félicité, par exemple). L’évocation de la guerre n’est jamais loin, que ce soit avec les soupirants de Fély (Clark le pilote américain ou Dieter l’ex-prisonnier allemand !), les activités clandestines de certains des protagonistes, ou l’atmosphère si particulière de la campagne anglaise des années 50. Enfin, l’histoire est aussi touchante et drôle que les précédentes. Vivement la suite !

En bonus, une citation… très parlante :

« Pour Daffy, l’argent représentait des livres, et bien que Buckshaw en contînt plus que la bibliothèque de Bishop’s Lacey, aux yeux de ma soeur, ce n’était jamais assez.»

◊ Dans la même série : Les Étranges talents de Flavia de Luce (1) ; La mort n’est pas un jeu d’enfant (2) ; La mort dans une boule de cristal (3).

Flavia de Luce #4, Je suis lasse des ombres, Alan Bradley. 10/18, 2015, 303 p.
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3 commentaires sur “Je suis lasse des ombres, Alan Bradley.

  1. Be Lecture dit :

    Mais pourquoi Flavia de Luce me dit quelque chose alors que je suis sûre de n’avoir lu aucun des tomes ?
    Bref, en tout cas tu m’as donné envie 🙂

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  2. […] un jour. Retirez-les-moi et vous n’aurez plus qu’à commencer à compter les bulles.» Je suis lasse des ombres, Alan […]

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