Le Pacte du mensonge, Widdershins #2, Ari Marmell.

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Les capacités légendaires, quasi-surnaturelles, ont fait de Widdershins une voleuse d’exception, mais aussi une tête brûlée au sein des Dénicheurs. Beaucoup lui en veulent d’avoir attiré un démon assoiffé de sang au sein de la guilde des Dénicheurs. Et le calme n’est pas revenu à Davillon : le nouvel évêque manigance, un mystérieux noble traque Widdershins, et une sombre créature hante les rues et agresse les habitants…
Il n’en faut pas plus pour que Widdershins se retrouve à nouveau mêlée aux tragiques événements, et soit soupçonnée du pire. Armée de sa fidèle rapière, de son sens de l’humour et de l’aide inconditionnelle d’Olgun, Widdershins aura fort à faire pour rétablir sa réputation, déjouer le complot qui pèse sur elle, et éviter de tomber aux griffes de la Garde… bien qu’elle n’y ait pas que des ennemis.

 

Suite des aventures pour Widdershins, voleuse, tenancière de taverne et aristocrate à ses heures perdues !
Le premier tome était un très bon cru ; celui-ci s’avère meilleur sur certains points, moins bon sur d’autres.

À commencer par le style. Dans Le Pacte de la voleuse, Ari Marmell déroulait les aventures de Widdershins d’une plume très efficace, que ce soit dans les descriptions, les scènes d’action ou les dialogues. Si la narration présente, peu ou prou, la même efficacité dans ce second tome, ce sont les dialogues qui pêchent un peu ; l’humour et les piques incessantes de Widdershins sont toujours au rendez-vous, mais sonnent un peu moins justes que dans le premier tome, et sombrent un peu trop dans la surenchère. Malgré toute la saveur du personnage, on a un peu plus de mal à adhérer à ses réparties et autres saillies, bien que la plupart de celles-ci soient bien trouvées, car elles tombent à plusieurs reprises à contretemps.

Heureusement, ce second tome a tout de même quelques atouts par rapport au premier. La construction de l’intrigue, tout d’abord ; l’auteur abandonne le schéma temporel précédent – un peu chaotique mais pas désagréable pour autant – pour adopter une intrigue plus linéaire, beaucoup plus aisée à suivre. La trame n’en est pas moins complexe, l’auteur dédaignant de temps en temps son personnage principal pour aller s’intéresser aux autres : on progresse donc dans l’intrigue par petites touches qui, peu à peu, viennent compléter un schéma aussi complexe que dans le volume précédent.

Aussi complexe… et aussi divin. Avec 147 dieux au compteur, et un dieu de poche, il eût été dommage de renier l’univers pour offrir une «simple» histoire de voleuse. L’intrigue, cette fois, part d’une idée très simple, mais très efficace, que l’auteur s’attache à illustrer tout au long de l’intrigue. Il creuse la mythologie mise en place, le panthéon, et utilise contes et légendes de son univers pour nourrir l’histoire. De même, la hiérarchie ecclésiastique vient jouer son rôle dans l’affaire, de façon plutôt bien pensée, et plus approfondie qu’au volume précédent.
L’histoire est plus sombre que celle du premier tome, raison pour laquelle l’indécrottable humour de Widdershins ne fait pas mouche à chaque coup ; on s’angoisse plus facilement dans cette histoire de croque-mitaines que dans l’aventure démoniaque précédente, et certaines scènes sont assez glauques, le style étant très visuels. On s’imagine sans peine le déroulement des événements et on tremble volontiers pour les personnages.

Ceux-ci sont à nouveau à l’honneur ! La galerie était déjà bien étoffée dans le volume précédent, et Ari Marmell en profite pour explorer un peu plus les caractères de chacun. Sans révéler aucun détail crucial, on peut dire que les portraits s’affinent, et que le cœur du lecteur balance entre tous ces protagonistes charismatiques. Au-milieu de tous ces personnages fouillés, le seul qui dénote est Évrard, dont la sortie de scène semble quelque peu bâclée, au regard du reste de l’histoire. Quoi qu’il en soit, il ajoute du piquant à une intrigue déjà bien fournie. On apprécie de retrouver Renard, le major Julien Bouniard, Robin la serveuse et, bien sûr, Olgun, le petit dieu de Widdershins. Les relations qui les unissent sont vraiment bien décrites, et viennent agrémenter l’histoire, ce qui fait que l’on se passionne autant pour la traque au monstre que pour les petites bisbilles et autres badinages entre les protagonistes.

Le Pacte de la voleuse était un premier tome très honnête ; Le Pacte du mensonge le surpasse, malgré un style qui tombe, de temps en temps, un peu moins juste. On retrouve avec plaisir une brochette extrêmement travaillée de personnages tous plus charismatiques les uns que les autres. L’univers s’étoffe, et vient nourri une intrigue complexe et prenante. Le premier volume s’achevait sur une révélation fracassante, et celui-ci ne déroge pas à la règle : on referme le roman avec la frustration intense due à l’attente de la suite ! Widdershins est donc une série qui démarre fort bien, et dont on attend à nouveau la suite avec impatience ! 

 

◊ Dans la même série : Le Pacte de la voleuse (1) ;

 

Widdershins #2, Le Pacte du Mensonge, Ari Marmell. Traduit de l’anglais par Émilie Gourdet.
Lumen, 6 novembre 2014, 406 p.

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2 commentaires sur “Le Pacte du mensonge, Widdershins #2, Ari Marmell.

  1. Dup dit :

    Comme toi, j’ai beaucoup apprécié ce second tome et j’ai hâte de la retrouver !

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