Un feu dans la nuit, Erin Kelly.

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Depuis toujours, les MacBride se retrouvent en famille à Far Barn pour la fête des Tonneaux. Mais cette année, tout a changé. Lydia, la matriarche, est décédée. Rowan, son époux, semble perdre pied et avoir un léger penchant pour la boisson. Du côté des enfants, ce n’est guère mieux. Tara a adopté un énième nouveau régime pour tromper sa détresse, un régime que son adolescent de fils, Jack, évite avec la complicité de Matt, le nouveau petit ami de sa mère. Sophie vient d’accoucher de son quatrième enfant, une petite fille, mais est en froid avec Will, son mari, car il l’a trompée. Edie a neuf mois, et cela fait neuf mois que la mésentente dure. Heureusement, il y a Felix, pour qui tout semble aller mieux et qui, pour la première fois, vient à Far Barn avec une petite amie, la très belle et très serviable Kerry.
Pour que toute la famille puisse profiter de la fête des Tonneaux, Kerry est chargée de garder Edie, un compromis qui convient à tous, et remet du baume au cœur aux MacBride. Du moins jusqu’à ce qu’ils rentrent de la fête, et trouvent la maison vide. Aucune trace d’Edie, ni de Kerry.
Il faut se rendre à l’évidence : la douce jeune fille a manifestement enlevé le bébé…

 

Un feu dans la nuit démarre comme un thriller psychologique lambda : l’auteur installe les protagonistes, nous fait percevoir le malaise qui couve dans la famille, et les efforts que chacun fait pour améliorer la situation. On cerne peu à peu chaque membre, on comprend mieux le réseau de relations qui les unit, et qu’ils tentent de conserver alors que Lydia, le ciment de la famille, a disparu. Et, soudain, c’est le drame, la disparition, l’incompréhension, la terreur de chacun à l’idée qu’Edie a disparu avec une parfaite inconnue.

C’est là qu’Un feu dans la nuit se démarque des autres thrillers psychologiques. Car, au lieu de dévider le fil de l’enquête, entrecoupés des scènes de désespoir de la famille, l’auteur opère un retour en arrière, qui nous amène à découvrir un nouveau personnage, le jeune Darcy Kellaway, un enfant instruit à domicile par sa mère, et quelque peu introverti. La route de Darcy croise, à plusieurs reprises, celle des MacBride, pour le meilleur, mais surtout pour le pire.
Le procédé nous permet de découvrir le nouveau personnage, mais surtout les MacBride sous un nouvel angle : on découvre Sophie, Tara et Felix lorsqu’ils étaient encore enfants, et comment Felix est devenu le jeune homme effacé et extrêmement discret qu’il est devenu. Mais cette incursion dans le passé des personnages ne casse pas le suspense, loin de là. Car on garde à l’esprit l’enlèvement, et on essaie de recoller les morceaux, de deviner à l’avance en quoi le passé de la famille MacBride et de Darcy explique cet événement. De plus, au début du roman, on a connaissance du journal de Lydia, qui se reproche un acte criminel qu’elle aurait commis, et qui semble lié aux événements du présent.
Et l’histoire est contée de telle façon qu’on attend impatiemment de savoir comment tout cela prend place. L’auteur s’attache à décrire les relations des personnages, nuançant les portraits, montrant comme tel acte ou tel trait de caractère prend place dans le puzzle général de l’histoire. On s’attache à chacun d’entre eux, même lorsque l’auteur ternit un peu le portrait en les montrant sous des jours moins agréables car, finalement, elle rend tous très humains.
Le roman est donc construit sur une intrigue à tiroirs, car c’est d’une véritable machination qu’il est question. Les strates se succèdent, chacune éclairant un pan de l’histoire, mais juste assez pour intriguer un peu plus le lecteur, sans lui donner toutes les clefs.

Bien que le gros du roman concerne le passé des MacBride, c’est une histoire extrêmement prenante : le suspense concernant l’enlèvement, et la machination qui l’a initié, s’entremêlent. En dressant des personnages des portraits extrêmement détaillés, en développant leurs relations, l’auteur construit une galerie de personnages fouillée, complexe, et très humaine. 
Sous des dehors de thriller assez classique, Un feu dans la nuit cache un roman très prenant : le sujet est certes peu original, mais le roman est de très bonne qualité !

 

Un feu dans la nuit, Erin Kelly. Traduction de Benoît Domis. JC Lattès, 2014, 380 p.

 

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Un commentaire sur “Un feu dans la nuit, Erin Kelly.

  1. […] : L’Homme qui a vu l’homme, Marin Ledun. Le Détroit du Loup, Olivier Truc. Un feu dans la nuit, Erin […]

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