[2014] Petit bilan d’octobre

Octobre aura été riche en découvertes !

Carnet de lectures. 

rien-janne-tellerCe mois-ci, j’ai enfin lu Rien de Janne Teller, édité aux Grandes Personnes. C’est l’histoire d’une classe de quatrième dont un élève quitte l’école, affirmant haut et fort que rien n’a de sens dans la vie. Du coup, ses camarades de classe décident de lui prouver qu’il existe des choses avec du sens, et commencent à ériger un mont de signification, en entassant divers objets qui comptent pour eux. Les choses se mettent à dégénérer lorsque les choses signifiantes atteignent des sommets, et exigent de lourds sacrifices aux élèves. Du vélo de l’un à l’innocence de l’autre, en passant par le cercueil du petit frère, tout y passe… et le pire est à venir.
Un roman qui questionne vraiment bien le sens, et la valeur des choses, un roman particulièrement glauque, et que l’on aurait du mal à conseiller, ou à déconseiller. À lire pour les questionnements, tout en sachant que cela peut être… quelque peu choquant !sagesse-geek-les-enseignements-sacrés

J’ai également lu Sagesse geek : les enseignements sacrés, le second volume de la collection commune à Bragelonne et Geekmemore, qui se propose d’explorer les citations les plus cultes de l’univers geek afin de montrer à quel point elles sont universelles.
L’ouvrage est assez ludique, puisque chaque citation est replacée dans son contexte (ce qui donne envie de revoir le film, bien sûr), et didactique, en raison des explications. Mais il est dommage que les explications soient si courtes !

john-meurt-à-la-fin-david-wongToujours dans les non chroniqués, j’ai découvert John meurt à la fin, de David Wong, chez Super 8… et je n’ai pas du tout accroché.
L’histoire est super originale puisqu’en fait, on suit le fameux David, dont le meilleur ami commence à consommer une drogue dure et aux multiples effets secondaires très très indésirables : la sauce soja. Il s’y met aussi, et commence à avoir des hallucinations. De là, on se rend compte que la sauce  a une conscience et tente de gouverner le monde… Bref, c’est imaginatif. Mais c’est aussi hyper répétitif. Et l’histoire n’est pas aisée à suivre, puisqu’on passe plus de temps dans les visions hallucinatoires et hallucinantes des deux lascars. Le style de David Wong n’est pas désagréable loin, de là, mais ça n’a pas suffi ; les 400 premières pages m’ont semblé d’un ennui mortel, et les suivantes n’étaient guère mieux. En somme, ce titre n’était pas fait pour moi.

Quelques lectures à bulles non chroniquées, ce mois-ci, parmi lesquelles des bonnes et moins bonnes découvertes. Commençons par ces dernières.

Au premier chef des déceptions, il y avait le premier volume de Blackbird, de Kanoko Sakurakouji. C’est l’histoire d’une ado banale et très très maladroite (ne hurlez pas « Bella Swaaaaan » au fond. Ceci n’a rien à voir. Enfin, pas vraiment. Bon, vous verrez). Bref, cette pauvre Misao Harada a, en plus, la désagréable capacité de voir les esprits, qui passent leur temps à la maltraiter (ça m’a rappelé Peggy Sue…). Misao fait toutefois bonne figure en se rappelant son petit voisin, Kyô, son amour d’enfance, dont il lui semble qu’il voyait aussi les bestioles… mais tout cela est bien nébuleux, et Misao ne sait plus trop si Kyô a réellement existé ou si elle a rêvé. Jusqu’à ce qu’elle le revoie dans le jardin d’à côté, le jour précis de ses  16 ans, un voisin plus beau gosse et amoureux (et célibataire) que jamais. Mais ce n’est pas la seule surprise ! Kyô est en fait… un Tengu (un genre de démon) (et il l’aaaiiime), qui est foutrement attiré par le sang de la jeune fille (Edward Cullen avec des ailes) et qu’il doit à tout prix… épouser pour la protéger. Si si.
Misao refuse, terrifiée, et devient donc la nouvelle proie de choix des vampires démons en goguette, qui lui courent tous après, la blessant à qui mieux mieux pour pouvoir léchouiller son sang (juré). Heureusement pour elle, Kyô est un petit malin (en plus d’être le chef de son patelin. Et beau gosse, on vous l’a déjà dit ?) et devient… son prof de maths, sur lequel toute la classe peut donc fantasmer – pendant que lui ne pense qu’à lécher Misao, qui passe 70% du temps couverte de sang. Ce premier tome aurait peut-être pu m’emballer si ça n’avait pas été aussi cliché (et quand je dis cliché, il faut y mettre un grand C) et si ça n’avait pas été aussi looooooong et répétitif (« Haan, le prof de maths, est quand même super beau gosse, mais non c’est un démon, j’peux pas l’épouser, plutôt mourir, oui mais il est beau gosse, ah oui mais c’est un démon… » AAAAAAHHHHH ! Déciiiiiiide-toi!!!! Et je ne vous parle même pas des innombrables scènes où Misao se fait attaquer – ou se blesse – finit couverte de sang, et doit donc se faire lécher par Kyô pour guérir ses blessures…), et si l’héroïne n’avait pas été aussi… neuneu.
Bref, cette série n’est manifestement pas faite pour moi. Même les dessins ne m’ont pas plus accroché l’œil !

Heureusement, il y avait aussi des lectures plus enthousiasmantes, comme les volumes 15 à 17 de Bakuman. Le 15è achève l’histoire entamée dans le 14è, à savoir le défi de Nanamine, qui compose son manga à l’aide des internautes, et vient jouer sur les plates-bandes de Muto Ashirogi. À cela s’ajoutent les tribulations de l’horrible M. Nakai, que les mangakas tentent de sauver et une sombre affaire qui vient toucher PCP et le mettre sous le désagréable feu des média. Des criminels s’inspirent des crimes parfaits décrits dans le manga, et cela touche beaucoup Shûjin. Alors on va bien sûr s’intéresser au rapport entre réel et virtuel, et c’est vraiment bien traité. Ce tome est très dynamique, et c’est une bouffée d’air frais après le ralentissement autour des tomes 12 et 13 ! Seul reproche : les filles sont toujours inexistantes, et c’est bien dommage.

J’ai également poursuivi Silver Spoon, une série qui continue d’être ludique à souhait, bien menée, avec plein de bonnes réflexions. J’ai trouvé le second volume un poil plus dur, et plus ancré dans l’univers agricole, que Yûgo va approfondir avec un petit job d’été. Le troisième tome va s’intéresser à la production animale, et à tout ce que ça peut avoir de désagréable – le petit cochon que Yûgo avait nommé Côtelette devant aller à l’abattoir.

Mais cela reste une série d’une excellente qualité. Vivement la suite !

Tops et Flops.

john-meurt-à-la-fin-david-wongAu rang des flops, il y a tout d’abord eu John meurt à la fin, avec lequel je n’ai pas franchement accroché… comme je l’ai dit ci-dessus.

endgame-l-appel-1-james-frey-nils-johnson-sheltonEnsuite, il y a eu L’Appel, le premier tome d’Endgame, la série de James Frey et Nils Johnson-Shelton. C’est un roman bourré d’aventures, mais c’est à peu près le seul point positif : c’est convenu, cela manque clairement de suspense, les personnages sont fadasses, c’est répétitif. Bref, je n’ai pas du tout aimé !

Mais heureusement, il y a eu quelques très bonnes découvertes pour pallier tout cela !

l-océan-au-bout-du-chemin-neil-gaimanTout d’abord, L’Océan au bout du chemin, le dernier titre de Neil Gaiman, un gros coup de cœur !
Cette sortie était très attendue ! Et elle a été à la hauteur de mes attentes. Neil Gaiman y explore le thème de l’enfance, du traumatisme, des cauchemars enfantins, sous couvert d’une histoire subtilement fantastique. C’est très bien écrit, très réussi, bref, c’est un excellent titre !

Ensuite, j’ai lu Le Passeur, de Lois Lowry.
De Lois Lowry, j’avais lu L’Élue, qui se place dans le même univers, et j’en ai gardé un très bon souvenir ; j’ai enfin découvert lele-passeur-lois-lowry premier tome de la tétralogie, et j’ai été conquise : l’auteur prouve qu’il n’y a pas besoin d’une romance (ou, pire, d’un triangle amoureux) et de scènes d’actions survoltées pour faire une dystopie réussie. Un très bon titre !

la-voie-des-oracles-estelle-fayeEnfin, j’ai découvert Estelle Faye avec le premier tome de La Voie des OraclesEt c’est une rencontre réussie !
J’aime beaucoup la fantasy historique, et l’Antiquité ; c’était déjà un bon point de départ pour ce roman. Si on ajoute qu’Estelle Faye a un style extrêmement agréable, et qu’elle déroule son intrigue avec précision et suspense, on tient un super roman. J’ai hâte de découvrir la suite !

Citations 

«Il n’y avait aucun moyen de décrire à ses amis les expériences qu’il avait faite à l’annexe. Comment décrire une luge sans décrire une montagne ou la neige; et comment décrire une montagne et la neige à quelqu’un qui n’avait pas connu l’altitude ni le vent, ni ce froid duveteux et magique ?
Même quand on avait été formé pendant des années, comme ils l’avaient tous été, à la précision du langage, quels mots pouvait-on utiliser pour transmettre à quelqu’un d’autre l’expérience du soleil ?»
Le Passeur, Lois Lowry.

«Un bac partait des faubourgs pour rejoindre la cité sur l’île. Thya, Mettius et Enoch embarquèrent à son bord. […] Ils apprirent aussi que le fleuve qu’ils traversaient avait pour nom Sequana. La ville, elle, s’était appelée Lutèce, dans les âges anciens de l’Empire. Aujourd’hui, elle avait changé de nom pour Paris. Elle avait acquis une vague célébrité auprès de quelques consuls des Gaules, pour son climat clément, surtout. […] Enoch ne put s’empêcher de jeter des regards dépités alentour. Lui qui avait rêvé de Lugdunum, de la capitale des Gaules… Voilà qu’il se retrouvait dans une petite urbs de province, sans passé et sûrement sans grand avenir.»
Thya, Estelle Faye.

«Pourquoi les adultes ne voulaient-ils pas lire des histoires de Narnia, d’îles secrètes, de contrebandiers et de fées dangereuses ?»
L’Océan au bout du chemin, Neil Gaiman.

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11 commentaires sur “[2014] Petit bilan d’octobre

  1. Cassie dit :

    très beau bilan. J’espère que novembre t’amènera plus de tops que de flops;)

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  2. Acr0 dit :

    Ah tu es la première que je lis qui a un retour sur Endgame pas totalement positif (bon, en même temps, j’ai lu très peu d’avis, il ne m’attire pas). Oh, gros coup de cœur pour Gaiman ? 😉 Oh je viens de recevoir le livre d’Estelle Faye – que j’ai gagné chez Kaléa, j’ai hâte !

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    • Sia dit :

      Oui, apparemment, je fais partie des irréductibles Gaulois pas convaincus ! Mais je me suis teeeeeellement ennuyée en lisant Endgame… ! Sinon je recommande très chaudement L’Océan au bout du chemin et Thya, deux très bons titres !

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  3. sphinxou dit :

    Jolie bilan ! Je note sagesse geek il a l’air sympa 🙂

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  4. Flora dit :

    Ahhh, Le Passeur, il faut absolument que je le lise… Et avec un tel avis, c’est obligatoire. Tu me donnes très envie de découvrir La Voie des Oracles, aussi, mais pas du tout Endgame qui m’intriguait jusqu’ici mais au vu des critiques mitigées ou franchement déçues, je vais passer mon chemin, je pense.
    Bon mois de novembre ! 🙂

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  5. Radicale dit :

    Tiens j’avais loupé ton avis sur Rien !! Il m’a marqué celui-ci, même des années après !!

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  6. […] : Bride Stories, de Kaoru Mori (à égalité avec Emma, son autre série). Bakuman, Takeshi Obata & Tsugumi Ohba. Silver Spoon, Hiromu […]

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