L’Océan au bout du chemin, Neil Gaiman.

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De retour dans le village de sa jeunesse pour des funérailles, un homme retourne sur les lieux de son enfance. Là, au bout du chemin, la ferme des Hempstock se dresse toujours. Alors qu’il avait 7 ans, il y a rencontré Lettie, la jeune voisine, qui affirmait que la mare au bout du chemin était un océan. Peu à peu, les souvenirs confus de l’homme remontent. Ce prospecteur d’opales qui s’était suicidé dans une voiture volée. L’obscurité qui, peu à peu, montait. Et comment tout avait commencé.  

Jusque-là, hormis Entremonde, j’ai vraiment apprécié tous les titres de Neil Gaiman que j’ai lus ; L’Océan au bout du chemin ne déroge pas à la règle, puisque c’est un coup de cœur !

Après un court chapitre introductif, dans lequel on suit notre protagoniste âgé d’une quarantaine d’années, on plonge dans ses souvenirs d’enfance et, plus particulièrement, de la drôle d’époque qu’il a vécue lorsqu’il avait 7 ans. Durant la majeure partie du livre, nous suivons donc un enfant de 7 ans, avec sa logique, sa vision du monde parfois un peu naïve, sa façon de parler, ses centres d’intérêt. Mais ce n’est certainement pas un roman jeunesse. Ce serait plutôt une histoire d’enfance destinée aux adultes !
Dès le début, on plonge dans l’univers merveilleux de Neil Gaiman ; un univers dans lequel il est tout à fait normal que les chatons naissent des entrailles de la terre, ou qu’une petite mare insignifiante soit en fait un océan. Cet univers est dominé par les trois femmes Hempstock que notre personnage rencontre et dont il devient proche : Lettie la jeune voisine, sa mère, sa grand-mère, figures de pouvoir et de savoir qui ne sont pas sans rappeler les figures tutélaires des contes traditionnels.
L’univers est caractérisé en peu de mots ; quelques descriptions, et on est déjà dans l’histoire. Et il lui faut tout aussi peu de temps pour sombrer dans le fantastique plutôt sombre.

Car aux alentours de la forêt se cachent des créatures redoutables, difficiles à cerner, mais bien décidées à en découdre. L’univers du roman est assez sombre, presque effrayant, et l’horreur n’est jamais loin, sans que le texte ne sombre jamais dans le gore. Et c’est d’autant plus efficace qu’on peut se demander, dans un premier temps, si le personnage n’est pas un peu fou. On oscille entre réalité et fantastique : l’ambiance est tour à tour onirique, merveilleuse, terrifiante. L’Océan au bout du chemin est un titre fantastique de grande qualité !
Sous ses aspects fantastiques, il y est question de l’enfance, du passage de celle-ci au monde des adultes, et de la découverte d’un monde qui n’est peut-être pas tout à fait tel qu’on l’imagine quand on est encore enfant. Notre personnage en fait l’amère expérience, et passe par diverses épreuves que l’on perçoit comme initiatique.

Le récit est imprégné de l’atmosphère des contes. Il en a tout d’abord le caractère à la fois imprécis et universel : on ne sait pas comment se nomme le personnage, on ne sait pas exactement où ni quand cela se déroule, et on retrouve des thèmes et figures chers aux contes : les trois figures à la fois tutélaires, maternelles, puissantes, et dangereuses, le monstre tapi sous les traits d’un être affable et bien perçu par la société, et les épreuves initiatiques par lesquelles passe le personnage, avec leurs lots de découvertes, déconvenues, ou épisodes tout simplement horrifiants. Le tout servi par la plume ô combien fluide et élégante de Neil Gaiman.

L’Océan au bout du chemin est donc un très beau récit fantastique, mâtiné d’horreur, à l’ambiance merveilleuse, onirique, puissante, extrêmement réussie. Le récit parle des traumatismes de l’enfance, des petites désillusions qui marquent le passage de l’enfance à l’âge adulte, sous les traits d’un conte initiatique de la plus belle eau. Neil Gaiman n’avait certainement plus besoin de faire ses preuves, mais il nous livre à nouveau une petite merveille !

L’Océan au bout du chemin, Neil Gaiman. Traduction de Patrick Marcel. Au Diable Vauvert, 2014, 320 p.

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23 commentaires sur “L’Océan au bout du chemin, Neil Gaiman.

  1. stelphique dit :

    J’avais reperé cette belle couverture, mais là avec ta chronique, il me le faut d’urgence!!!;)

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  2. Radicale dit :

    Mon coup de coeur de l’année ❤

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  3. Camille dit :

    J’essaierais bien mais j’ai lu Nobody Owens qui ne m’a pas fait très bonne impression et j’ai vu Coraline qui m’a angoissée… Du coup j’ai plus trop envie de connaître cet auteur…

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  4. C’est amusant : je viens de le sortir de ma pal ^^ Hâte de le commencer maintenant !

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  5. Wendy&Belle dit :

    Ook ok ok ok ok ok je vais lire ce livre!! 😀

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  6. Natacha dit :

    Je trouvais la couverture tellement jolie, ton coup de coeur m’encourage à me ruer dessus

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  7. […] celle de L’Homme qui a vu l’homme, Bride Stories, Gardiens des cités perdues, Feed, L’Océan au bout du chemin et Le Livre de Perle (s’il fallait ne garder que 5 romans. Comme Bride Stories est un manga, […]

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  8. […] Stephen Baxter (Bélial’) Le Cycle des Démons (Tomes 1 à 3), de Peter V. Brett (Bragelonne) ♦ L’Océan au bout du chemin de Neil Gaiman (Au diable vauvert) L’Éducation de Stony Mayhall, de Daryl Gregory […]

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  9. […] Evangelisti : La lumière d’Orion, La Volte (traduit par Jacques Barbéri) Neil Gaiman : L’océan au bout du chemin, Au Diable Vauvert (traduit par Patrick Marcel) Ramez Naam : Nexus, Presses de la cité (traduit […]

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  10. […] ombre de Morgane Caussarieu. – L’Éducation de Stony Mayhall de Daryl Gregory. – L’Océan au bout du chemin de Neil Gaiman. – Le Cercle de Farthing de Jo Walton. – Les Derniers jours du paradis […]

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  11. Solessor dit :

    Je découvre cette chronique que j’avais soigneusement notée ! J’ai découvert Gaiman au lycée, et j’avais beaucoup aimé. Je pense que ce roman confirmera ma première impression : wish list !

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  12. […] La moitié d’un roi de Joe Abercrombie, trad. Juliette Parichet, (Bragelonne)  ♥ L’Océan au bout du Chemin de Neil Gaiman, trad. Patrick Marcel, (Au Diable Vauvert) – Comme un conte de  Graham Joyce, […]

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  13. […] avis chez : Lelf, Blacky, Sia, Plume, Julien, Gromovar, Lune, […]

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  14. […] (Vienne en Isère) récompense chaque année un roman de science fiction ou de fantasy. Après L’océan au bout du chemin de Neil Gaiman (2014), c’est Semences de Jean-Marc Ligny qui a été désigné : «C’est un […]

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  15. […] Julien le Naufragé, Les lectures de Xapur, Lorhkan, Lynnae, Mina, Nevertwhere, Sandrine BM, Sia, Tigger Lilly, Un papillon dans la Lune l’ont tous lu. Comme quoi, il ne laisse pas […]

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