L’Appel, Endgame #1, James Frey & Nils Johnson-Shelton.

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Il était une fois douze jeunes élus, issus de peuples anciens. Des lignées élues des milliers d’années auparavant, et dont découlerait toute l’humanité. En tant qu’héritiers de la Terre, ils ont été choisis par un peuple extraterrestre pour résoudre la grande énigme, qui permettra de la sauver. L’un des douze doit parvenir à résoudre l’énigme en retrouvant les trois clefs du Ciel, du Feu et de la Terre, sans quoi l’humanité cessera purement et simplement d’exister. Ils sont douze, ils ont entre treize et vingt ans, ils n’ont pas de pouvoirs magiques, ils ne sont pas immortels, mais ils sont surentraînés.
Maintenant qu’Endgame a commencé, ils savent qu’ils sont seuls au monde, et qu’il n’y aura qu’un seul vainqueur.

 

Endgame s’annonçait comme LA sortie young-adult de ce dernier trimestre 2014: sortie internationale, plan de communication grandiose, chasse au trésor grandeur nature… cela s’annonçait vraiment bien. Dommage que le roman ne soit clairement pas au niveau.

Endgame, c’est donc l’histoire de douze élus issus de lignées ancestrales, qui vont devoir se battre pour éviter la fin du monde et prouver que l’humanité peut s’améliorer, sous le contrôle pas toujours bienveillant d’entités extraterrestres. En effet, celles-ci peuvent contrôler les joueurs et leur mettre des bâtons dans les roues s’ils ne suivent pas les règles du jeu, elles organisent et contrôlent le bon déroulement de l’épreuve, et elles promettent de raser la Terre soit complètement si personne ne gagne, soit seulement en partie s’il y a un gagnant. Attendez une minute : si réellement cette entité extraterrestre veut sauver la Terre de l’influence néfaste des humains et qu’elle peut faire tout cela… ne serait-il pas plus simple qu’elle règle le problème d’un bon tir de blaster ? Une bonne fois pour toutes ? Non ?

Bon, acceptons donc l’univers et l’intrigue tels qu’ils sont pour pouvoir avancer. Nous voilà donc avec douze personnages d’âges et d’origines variables. On en suit quelques-uns lorsque les météorites annonçant l’Appel commencent à tomber, et on suit leurs réactions en direct. Premier constat : il y en a deux qui sortent du lot. Probablement les protagonistes.
Douze personnages aussi variés, c’est beaucoup. Entendons-nous bien : c’est parfaitement gérable, tant pour l’auteur que pour le lecteur. Oui. Enfin, à condition d’accorder un peu d’attention à ces dits-personnages. Car ici, en dehors des deux jeunes premiers que l’on va suivre et d’une concurrente sérieuse, les autres font office de pâles figurants dont on oublie les noms dès qu’ils ont disparu de scène. Les personnages, dans l’ensemble, sont fades, et manquent de profondeur. Difficile, donc, de se passionner pour leurs tribulations, stratagèmes, et autres tactiques. Notamment quand on ne voit pas bien l’intérêt de l’histoire ou de leurs pérégrinations.

De plus, on nous vend ces personnages comme des espions doublés de redoutables machines de guerre. De fait, ce sont – pour la plupart – de dangereux psychopathes.  Mais il y a néanmoins pléthore d’histoires d’amour entre candidats, ce que l’on a du mal à faire cadrer avec leurs portraits initiaux de machines à tuer. Pour résumer : ce sont des machines de guerre, capables de survivre tous seuls, mais incapables de résister aux deux pauvres tentatives de drague d’un membre du sexe opposé, sachant qu’il n’y a de la place que pour un seul survivant. Logique. Niveau crédibilité, on repassera.

L’intrigue est, en outre, d’une prévisibilité confondante. La plupart des péripéties se voient venir de loin, et on se laisse très rarement surprendre par les rebondissements. D’autant que le récit étant fait au présent, cela tue tout suspens dans l’œuf : c’est lourd, c’est loin d’être prenant, et il y a même des longueurs.

Par ailleurs, les choix de traduction sont pour le moins étrange. Alors, oui, Endgame est une aventure ésotérique, on l’aura compris. Est-il pour autant nécessaire de nous abreuver de chiffres dont, sincèrement on se fiche ? Surtout lorsqu’ils ne sont pas présentés dans un système de calcul usuel ? Exemple : nos candidats prennent le train, pour un trajet de 12,25 heures. Sérieusement, en dehors des problèmes de maths, cela vous arrive-t-il souvent de dire que vous avez 12,25 heures de trajet… ne préférez vous pas dire 12 heures un quart ? Les autres chiffres (distances, tailles et autres masses) sont données dans le système métrique anglo-saxon… et c’est particulièrement pénible. Si on voulait avoir les précisions, autant lire l’ouvrage dans sa langue originale, d’autant que les parutions sont simultanées. Tant qu’à faire une chasse au trésor internationale, ce qui est une excellente idée, autant s’arranger pour que tout le monde ait des indices cohérents. Car la lecture du roman est entravée par les incessantes conversions qu’il faut opérer. De même, les heures sont données à la seconde près : on nous inonde de détails sans intérêt, et cela alourdit le texte.

En somme, Endgame présente bien, mais s’avère  décevant. Entre le concept de départ qui manque de vraisemblance ou n’est pas poussé à fond alors qu’il y avait un potentiel incroyable, les personnages présentés comme des psychopathes (mais pas trop, concernant les protagonistes), le récit lourd et pénible à lire, les innombrables détails inutiles qui alourdissent le tout, on a du mal à se passionner pour l’histoire. Et c’est d’autant plus frustrant qu’on en apprend finalement très peu sur ces civilisations anciennes dont sont issus les protagonistes, et que la part mythologique est quasiment inexistante… alors que là aussi, il y avait un potentiel certain. Côté espionnage, le roman manque de finesse : ah, certes, on est servis côté action et violence, mais pour des espions d’envergure internationale, dommage qu’ils ne fassent pas preuve d’un peu plus d’élégance. Voilà un début de série qui n’aura vraiment pas su me passionner… 

 

Endgame #1, L’Appel, James Frey & Nils Johnson-Shelton. Gallimard jeunesse, 2014, 477 p.

 

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11 commentaires sur “L’Appel, Endgame #1, James Frey & Nils Johnson-Shelton.

  1. Cassie dit :

    je pense passer mon tour 😉

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  2. Milo dit :

    Pour ma part, j’ai beaucoup aimé et hâte de lire la suite ^^
    D’ailleurs, tu vas tout de même lire la suite ?

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  3. read-aholic dit :

    Je viens de lire ton avis et je suis vraiment totalement d’accord avec toi! Je suis très déçue 😦

    (http://read-aholic.blog4ever.com/endgame-l-appel-james-frey-nils-johnson-shelton)

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  4. […] préférés découverts en 2014. Côté chroniques, l’article le plus vu est celui sur Endgame, bien que j’aie cordialement détesté cette lecture. Viennent ensuite la chronique du […]

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  5. J’ai pas tout compris… S’ils doivent sauver le monde, pourquoi se battent-ils les uns contre les autres ?

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