Emma #1-5, Kaoru Mori.

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Emma est domestique chez Madame Stowner, qui lui a tout appris. Un jour, celle-ci reçoit la visite de William, dont elle a été la gouvernante lorsqu’il était enfant. Rapidement, le jeune homme s’aperçoit qu’il n’est pas tout à fait indifférent au charme de la belle jeune femme. Il oublie alors volontairement ses gants, pour pouvoir la revoir… et scelle leurs destins. Romance interclasse à l’ère victorienne !

Emma est l’autre série de Kaoru Mori, la très talentueuse auteur de Bride Stories. Cette fois, changement de décor : on est en pleine Angleterre victorienne, au 19è siècle, et l’on suit les pérégrinations d’Emma, une jeune bonne travaillant chez une gouvernante à la retraite.
On retrouve également le trait extrêmement travaillé de Kaoru Mori : les décors sont superbes, les cases extrêmement soignées. Seul bémol : les personnages ne sont pas toujours bien différenciés et, à plusieurs reprises, on se prend à se demander qui est qui…

Ce premier tome est une excellente introduction à l’univers, et à l’histoire. On découvre, bien sûr, la vie des domestiques au XIXe, les relations qu’ils entretiennent avec ceux qu’ils servent – il y a réellement deux mondes qui coexistent – et un très beau panorama du Londres d’époque.
Tous les protagonistes sont introduits ici : Emma, bien sûr, dont on apprend comment elle a eu ses premières lunettes et comment ça lui a changé la vie, Mme Stowner, dont on découvre la carrière, William et son amour immodéré pour les affaires et les soirées mondaines (qu’il néglige avec autant de talent), son père et son caractère un peu dur, et Hakim, le prince indien ami de William qui débarque en fanfare avec courtisanes, tapisseries et éléphants.

Le premier tome mêle aventure historique, début d’idylle, panorama complet, et humour. Il y a une foule de scènes extrêmement drôles, notamment lorsque Hakim tente de faire emprunter un livre léger et osé à William à la bibliothèque publique, ou lorsqu’il teste le cabriolet dans les couloirs de la maison.

L’histoire démarre doucement, mais sûrement. C’est un beau portrait, un bon tome introductif donc, une seule chose à dire : je lis la suite !

Emma #1, Kaoru Mori. Kurokawa, 2007, 192 p.

 

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William semble ne pas être perturbé par sa différence de classe avec Emma. Pour leur premier rendez-vous, il l’emmène au Crystal Palace. Leur histoire semble bien partie, mais une tragédie va en perturber le cours… 

Cette fois, on rentre vraiment dans le vif du sujet : l’histoire d’Emma et William. Autant le premier tome était un peu lent, quoique plein de petites choses, autant celui-ci permet de réellement se concentrer sur l’histoire naissante entre les deux jeunes gens.

À nouveau, le trait de Kaoru Mori fait mouche : la finesse d’exécution des décors du Crystal Palace, par exemple, laisse rêveur ! En revanche, sur les personnages, il y a toujours trop peu de différences et, du côté des nobles, il est parfois difficile de les identifier.
La tension dramatique se précipite dans la dernière partie puisqu’une tragédie va bouleverser l’histoire d’Emma et William – sans compter, évidemment, le père de ce dernier. C’est vraiment avec ce tome qu’on commence à prendre fait et cause pour les tourtereaux, et que l’histoire démarre. Les caractères des personnages sont affinés, et on commence à discerner comment s’organisent les forces en puissance.

Emma #2, Kaoru Mori. Kurokawa, 2007, 192 p.

 

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Emma a décidé de trouver un nouvel emploi et quitte Londres pour retrouver son village natal. Dans le train, elle croise Tasha, une jeune domestique travaillant pour une riche famille allemande, qui lui permet d’entrer dans le manoir. Mais son expérience en tant que bonne de Mme Stowner ne l’a pas vraiment préparée à travailler dans un manoir empli de domestiques. 

Emma et William sont séparés, celle-ci ayant décidé de regagner son village natal. On suit donc leurs parcours séparément : William se laisse abrutir par le travail – dans lequel il se lance à corps perdu – et les soirées mondaines, qu’il fréquente désormais avec courage et abnégation.
Le tome permet de mettre en valeur d’un côté la vie des nobles, chatoyantes et colorée, et celle des domestiques, qui vaquent toute la journée à de multiples activités.
Le trait est, à nouveau, très précis et détaillé, et les cases fourmillent de détail. Le manga semble extrêmement bien documenté tant du côté des nobles que du côté des domestiques. C’est également assez précis sur la société de l’époque, ce que l’on voit notamment avec la famille allemande chez qui Emma va travailler, des commerçants aisés, mais non issus de la noblesse.

La fin fait rencontrer à Emma un nouveau personnage – une amie de Dorothea, sa maîtresse – dont on sent qu’il aura par la suite son importance… et le volume se conclut sur un bref aperçu de l’enfance de William, où il est de nouveau question du fameux Crystal Palace !

Emma #3, Kaoru Mori. Kurokawa, 2007, 192 p.

 

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William suit les ordres de son père, mais n’arrive pas à oublier Emma. Sa sœur Grace étant malade il accompagne Eleanor à l’opéra à sa place. Là, la jeune fille profite de l’intimité de la loge pour ne rien cacher de ses sentiments pour William… sera-t-elle celle qui lui fera oublier Emma ?

Le début de l’histoire se concentre sur William, plus que jamais pris par les affaires, et l’arrivée d’Eleanor dans l’histoire. On perce enfin la carapace du jeune homme, et on comprend de mieux en mieux tout le problème que représente sa situation.
Eleanor, de son côté, est de plus en plus affirmée, et il est également intéressant de découvrir cette très jeune fille – dont on imagine sans peine qu’elle doit avoir quinze ou seize ans, à peine… La famille de celle-ci semble très attachée à la petite dernière, en témoigne le scandale que sa sœur fait à William… et qui amène l’histoire à un tournant clé. Le suspense est donc à son comble.

Pendant ce temps-là, au manoir où travaille Emma, le suspense est également à son comble, Emma ne laissant pas les autres domestiques indifférents. Dans le manoir, on a l’impression d’avoir affaire à une véritable armée de domestiques, efficace, bien rodée, et qui ne laisse rien au hasard – Emma en est le parfait exemple. Justement, son efficacité l’a fait remarquer, et elle accompagne donc ses maîtres à Londres, ce qui ne lui fait pas particulièrement plaisir. Voilà que réapparaît l’amie de Dorothea, qui n’est autre que la mère de William… et qui se préparer à célébrer les fiançailles de son fils, qui donne une fête pour l’occasion. Or, l’amie de Dorothea ne peut s’y rendre seule, et Dorothea va donc… lui prêter Emma… qui ignore où et chez qui elle va. Quiproquo en vue.
Le climax est atteint lorsque les deux amoureux sont mis en présence, et lorsque William va tout faire pour empêcher Emma de filer à l’anglaise.

Jusque-là, c’est probablement le meilleur tome : on est servis par le côté historique extrêmement documenté, l’ambiance est parfaitement rendue. C’est drôle de temps en temps, le suspense est au rendez-vous, et il y a même quelques émotions. Bref : c’est excellent !

Emma #4, Kaoru Mori. Kurokawa, 2007, 200 p.

 

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Dans sa jeunesse, le père de William était lui aussi anti-conformiste, ce que prouve bien sa rencontre avec la mère de William. 
Emma sait désormais quels sentiments William lui voue. Le couple tente de se réunir… mais le baron Campbell, le père d’Eleanor est là pour veiller au grain. 

La première partie offre un retour en arrière, et l’on y découvre l’histoire bien singulière des parents de William : une histoire très sensible, émouvante, et vraiment bien menée – et qui laisse quelque espoir pour Emma et William…
La suite, malheureusement, reprend nos amoureux prêts à se séparer, William étant désormais promis à Eleanor, qui souffre de son côté de l’apparente indifférence de son jeune fiancé.

Les émotions des personnages sont vraiment travaillées : on s’attache même à Eleanor alors que, en théorie, on devrait l’apprécier beaucoup moins. Il en va de même avec Hans, un des collègues d’Emma, qui s’attache à effrayer le personnel, mais que l’on sent vraiment proche d’Emma. J’aime beaucoup le duo principal, mais Hans fait également partie de mes personnages favoris. L’auteur soigne vraiment sa galerie !

Les péripéties, dans cet opus, sont plus nombreuses et variées que précédemment : entre l’incendie qui se déclenche au manoir, l’arrivée inopinée de William (qui ravit Dorothea !) ou la rencontre entre les parents de William et ceux d’Eleanor, on est servis. Via cette rencontre, on plonge d’ailleurs dans l’univers de la haute noblesse… qui semble assez glauque et sombre. La fin laisse évidemment sur des chardons ardents, et on a évidemment envie de savoir comment Emma et William vont s’en sortir !

Emma #5, Kaoru Mori. Kurokawa, 2008, 192 p.

 

Avec ces cinq premiers tomes, Kaoru Mori lance l’histoire vraiment touchante d’Emma et William. Le contexte historique est vraiment fouillé, et ce manga est une mine d’informations sur la vie dans l’Angleterre du XIXe siècle, que l’on soit domestique, membre de la haute société, ou noble. La romance est le fil de l’intrigue mais ce n’est absolument pas le centre de l’histoire : le manga est peuplé de petits faits du quotidien, qui alimentent au fur et à mesure l’histoire. C’est vraiment bien fait, ce n’est pas pesant, et on ne tourne pas en boucle autour des histoires de cœur d’Emma et William, ce qui est bien agréable.
Le trait est délicat, travaillé, et les cases fourmillent de détails : c’est un vrai délice. Seul reproche : les personnages ne sont pas toujours suffisamment différenciés et on a parfois du mal à savoir qui est qui, au juste. 
En somme, cette série démarre plutôt bien et si vous appréciez les récits historiques fouillés et bien menés, notez ce titre !

7 commentaires sur “Emma #1-5, Kaoru Mori.

  1. Tesrathilde dit :

    Est-ce que c’est en lien avec le Emma de Jane Austen ?

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  2. entrelespages dit :

    Bonne continuation, j’adore ce manga 😀

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  3. Acr0 dit :

    En tout cas, sur couverture, j’aime déjà le trait de Kaoru Mori (alors que je n’ai encore rien lu). Mais Emma était souvent mis en avant dans ma médiathèque 🙂 J’espère que tu pourras lire bien vite les suivants.

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    • Sia dit :

      J’espère aussi ! Elle a vraiment un trait sublime. Même si j’ai trouvé que les personnages d’Emma ne se différenciaient pas toujours bien (un problème qui disparaît dans Bride Stories).

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  4. […] : Bride Stories, de Kaoru Mori (à égalité avec Emma, son autre série). Bakuman, Takeshi Obata & Tsugumi Ohba. Silver Spoon, Hiromu […]

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