La Maîtresse de guerre, Gabriel Katz.

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Kaelyn est fille de maître d’armes. Son rêve : reprendre le flambeau. A l’heure où toutes les filles rêvent de mariage, d’enfants et de foyer immaculé, Kaelyn ne vit que pour le fracas des armes. Elle a le talent, l’instinct, la volonté. Elle ne demande qu’à apprendre. 
Mais c’est un monde d’hommes. Un monde dans lequel la place d’une femme est auprès de son mari, de ses enfants, et surtout de ses casseroles. Kaelyn doit lutter. Alors elle s’engage dans l’immense armée qui recrute des volontaires à tour de bras pour aller se battre à l’autre bout du monde ; des milliers de soldats partent « libérer » le sultanat d’Azman, une terre de cannibales esclavagistes. 
Dans la violence et le chaos de la guerre, Kaelyn va acquérir par elle-même ce que personne n’a voulu lui enseigner. Mais Azman va bouleverser son destin bien au-delà de ses attentes. 

 

Après le coup de foudre pour les trois lascars du Puits des Mémoires, il va sans dire que j’étais extrêmement curieuse de découvrir les aventures de Kaelyn. Celles-ci se déroulent dans le même univers que la trilogie précédente, mais bien plus au Sud, dans le sultanat d’Azman (à quand une carte, M. Katz ?) ; c’est le même univers, mais les histoires sont totalement indépendantes !

J’ai éminemment apprécié cette aventure ; je l’ai même lue quasiment d’une traite ! Pourtant, j’ai tout de même quelques points sur lesquels ronchonner : tout d’abord, les protagonistes. Rien à faire, impossible de s’attacher à Kaelyn et Hadrian autant qu’à Nils, Karib et Olen. Les deux protagonistes, quoiqu’intéressants, ne m’ont pas semblé aussi complexes que le trio précédent. Ils semblent plus creux, un peu moins surprenants, un peu moins consistants. De même, dans leur façon d’aborder les choses, ils sont nettement moins nuancés que ce à quoi je m’attendais…

De plus, l’intrigue est assez peu surprenante, au sens où on devine aisément une bonne partie des rebondissements – ou, du moins, la tendance générale. Et comme cela va assez vite, on voit rapidement comment cela va tourner. Du coup, on a l’impression de naviguer, la majeure partie du temps, en terrain connu.

Mais alors, pourquoi l’ai-je lu d’une traite ? D’une part parce que l’univers est vraiment passionnant à découvrir. On part avec l’idée que le sultanat d’Azman n’est qu’un ramassis de barbares incultes … et on découvre une civilisation bien plus raffinée qu’il n’y paraît, avec ses codes, ses particularités. Et, peu à peu, on se rend compte que les barbares sanguinaires ne sont pas ceux que l’on croit, un constat auquel Kaelyn arrive également. Ce qui est intéressant, c’est qu’on va découvrir l’univers par les yeux de Kaelyn, et qu’elle aura l’occasion de fréquenter toutes les sphères : esclaves, domestiques, nobles, soldats, hauts-gradés de l’armée… tout cela participe d’un univers soigneusement et minutieusement construit.
Hormis Kaelyn et Hadrian, on rencontre pas mal de personnages secondaires, que l’on côtoie avec plaisir, et pour lesquels on tremble fréquemment – oui, je l’avoue, j’ai plus tremblé pour Anamen que pour Kaelyn, qui semble bénéficier d’une chance insolente !

Surtout, Gabriel Katz maintient un rythme particulièrement efficace. La narration est parfaitement dosée : descriptions, scènes d’actions, suspens intense, instants d’émotion, petites touches d’humour, tout tombe à pic. Et cela aussi, cela fait que le roman se lit presque tout seul, et en faisant quasiment oublier les petites récriminations du départ. D’autant que, même si on a l’impression de suivre un schéma assez connu, l’auteur surprend par quelques retournements ou rebondissements totalement inattendus, et d’autant plus appréciés !
De plus, même si les personnages semblent parfois un peu creux, on s’enthousiasme volontiers pour leurs pérégrinations, on les apprécie ou on les déteste tour à tour (notamment le maître de guerre… qui sait s’y prendre pour être détestable). Voilà, ils sont moins consistants que le trio précédent, mais ça n’empêche pas de prendre fait et cause pour eux.
Sans oublier que c’est souvent drôle. Pas aussi hilarant que certains passages du Puits des Mémoires, mais l’humour fait toujours mouche – à ce titre, j’ai particulièrement apprécié la référence à Olen et ses pastèques.
J’ai particulièrement apprécié la fin, surprenante en jeunesse, mais parfaitement réaliste. Rien que pour ça, La Maîtresse de guerre mérite un autre bon point !

Gabriel Katz faisait déjà partie des mes auteurs fétiches, et La Maîtresse de guerre vient le confirmer. Certes, le scénario est parfois un peu facile. Certes, les personnages auraient mérité plus d’attentions. Mais voilà, c’est prenant, palpitant, ça vous scotche un lecteur entre deux pages, et on a du mal à décoller le nez de sa lecture. Une chose est sûre, l’auteur a un talent de conteur qui n’est plus à prouver. Et j’attends de pied ferme le prochain titre, en espérant qu’il sera un peu plus corsé que les aventures – au demeurant passionnantes – d’Hadrian et Kaelyn !

La Maîtresse de Guerre, Gabriel Katz. Editions Scrinéo, 2013, 446 p.
8,5/10

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9 commentaires sur “La Maîtresse de guerre, Gabriel Katz.

  1. Mypianocanta dit :

    Rho ta chronique tombe à point pour me rappeler de mettre ce livre dans ma wish 😀

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  2. Camille dit :

    Moi j’ai beaucoup aimé ces personnages! J’étais triste de les laisser à la fin! C’est sûr que Gabriel Katz est un super raconteur d’histoires!

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  3. Emily dit :

    Mais c’est que tu vas finir par me convaincre, vilaine ville !

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  4. Licorne dit :

    J’aime beaucoup cet auteur, d’autant qu’il est extrêmement sympathique en VRAI ! Mais j’ai beaucoup entendu que ce n’était pas à la hauteur de sa première trilogie, je note ce titre quand même et lirai si j’en ai l’occasion sans en faire une priorité. Merci de avis qui conforte l’idée que j’en avais. Bonne journée Sia !

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    • Sia dit :

      C’est assez différent du Puits des Mémoires en fait, et je pense que l’aborder avec l’idée de lire « autre chose dans le même genre » n’était pas très judicieux ! Ceci dit, il se lit tout de même extrêmement bien, et c’est tellement bien écrit qu’on en redemande !

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  5. […] l’insupportable cliffhanger du Fils de la Lune, adoré Le Puits des Mémoires, apprécié Maîtresse de guerre et Aeternia (quoiqu’un poil moins que la première trilogie) et bien ri aux déboires de […]

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