Champion, Legend #3, Marie Lu.

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June et Day ont tout sacrifié pour la République et aujourd’hui, le pays est à l’aube d’une renaissance. Jusqu’au jour où… un nouveau virus, plus dangereux que les précédents, déclenche une panique à la frontière ennemie, ravivant le spectre de la guerre, plus près que jamais d’éclater. June et Day pourraient bien avoir des moyens d’éviter un tel cataclysme et de sauver leurs concitoyens. Mais le prix exigé en échange est colossalement élevé. 

Legend était plutôt bon, mais encore un peu faible sur certains points ; Prodigy, de son côté, s’était avéré bien plus mature. Champion tient les promesses du tome précédent !

On retrouve dans ce dernier volume un point particulièrement intéressant, déjà soulevé avec Prodigy : le recul des personnages. Ceux-ci ne sont pas aveugles quant à la nature de leur nation. Certes, le gouvernement ne leur convient pas, mais ils s’emploient à le faire évoluer (plutôt que de le renverser) pour que les choses s’améliorent – étant conscient qu’ils n’ont pas les épaules de dirigeants. D’autre part, ils ont un regard neuf sur leur pays, grâce à leur visite des Colonies. Dans ce volume, June se rend en Antarctique, une nation gouvernée par le jeu (et donc à l’organisation bien différente des Colonies et de la République, intéressante sur certains points, mais avec bien des défauts) et s’aperçoit que sa chère République… n’est guère mieux qu’un pays sous-développé, et bien loin de la surpuissance militaire à laquelle elle croyait. Voilà qui donne donc un éclairage tout neuf à l’histoire, et qui permet d’ancrer l’intrigue dans un contexte géopolitique plus vaste, et donc nettement plus intéressant.
L’univers est vraiment un des gros points forts de cette série : il est soigné, et on sent qu’il a été travaillé et bien pensé. Le fait que les personnages explorent d’autres systèmes politiques que le leur apporte un éclairage pour le moins intéressant à l’histoire, et permet de remettre en question ce qu’ils reprochent à leur gouvernement – un parti-pris assez rare en dystopie, et vraiment bien amené ici.

L’autre point fort, ce sont évidemment les personnages, qui se montrent très humains. On l’avait déjà vu dans le tome précédent, et l’auteur n’abandonne pas son idée : elle conserve ici des personnages très matures et décidés. Le couple June-Day est intelligemment traité : la romance reste en majeure partie en arrière-plan, ce qui est une vraie bénédiction. De plus, les scènes mièvres sont assez peu nombreuses (même s’il y en a quelques-unes), et la relation sonne très juste. Marie Lu a su faire évoluer ses personnages au fil des tomes, sans sombrer dans le cliché du roman ado, et sans sacrifier leurs caractères de départ, ce qui est hautement appréciable !

Côté intrigue, on conserve le dynamisme des deux premiers tomes, accentué par l’alternance des points de vue – qui permet également d’explorer la psychologie de chaque protagoniste, ses questionnements, ses doutes, et ses résolutions. Dans l’ensemble, ce troisième tome est bien ficelé, avec son lot d’aventures et de rebondissements, et ses péripéties entraînantes. Dans l’ensemble seulement car quelques péripéties semblent de trop : si le tout est bien mené et plein de suspens, j’ai regretté que tout semble s’amasser sur le dos des deux protagonistes. Il y a une légère accumulation pas toujours bienvenue, alors que le reste est plutôt bien dosé. Heureusement, la richesse de l’univers et des personnages fait rapidement oublier les petits bémols de l’intrigue.
Parlons maintenant de la fin : grâce à un astucieux tour de passe-passe, Marie Lu propose une fin à la fois originale, cohérente avec l’esprit de la saga, et vraiment bien tournée. On aurait pu craindre le pire, et l’auteur nous offre le meilleur ! Elle évite clichés, banalités et conclusion faible : vraiment, cette fin fait partie des meilleurs points de la trilogie !

Les dystopies sont définitivement le genre à la mode, et les romans – bons ou mauvais – pullulent sur les rayons. Legend fait partie de ces sagas de qualité, inventives, originales, riches et bien menées que l’on aimerait voir atterrir sur les dessus des piles-à-lire. L’auteur évite la plupart des clichés, et propose des personnages à la fois travaillés, humains, et cohérent, un univers riche et, surtout, un regard intéressant sur la société. La dystopie qu’elle présente permet bien évidemment de réfléchir à notre propre société, et c’est bien le plus intéressant. Bien sûr, il reste des points que l’on pourrait reprocher au roman, mais si peu en comparaison avec les autres titres du genre, et en comparaison avec la qualité générale de la saga, que l’on ne retiendra que ce dernier point !

◊ Dans la même série : Legend (1), Prodigy (2).

Legend #3, Champion, Marie Lu. Castelmore, 2014, 448 p.
8,5 / 10

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