Complot, L’École des mauvais méchants #1, Stephanie S. Sanders.

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Rune Drexler est un méchant. Son père est un super-méchant. L’ennui, c’est que Rune n’est pas aussi méchant que ce qu’il devrait être. Du coup, il est en pension au Centre de Redressement pour Méchants Récalcitrants, une école spéciale pour éduquer correctement ces méchants au cœur trop tendre. 
Rune Drexler est sur la sellette. Pour ne pas se faire renvoyer définitivement de l’école, il doit mener à bien un complot. Les missions ?
– Kidnapper une princesse. 
– Voler un bébé. 
– Trouver un homme de main et en faire son esclave. 
– Renverser un royaume et placer sur le trône quelqu’un de son choix. 
Trois fois rien, en somme. 
Sauf qu’il n’a qu’une semaine. 

Le Centre de Redressement pour Méchants Récalcitrants est une école très spéciale : on y passe des CRASSES (Certificats Reconnus d’Aptitude pour Scélérats Supérieurs Experts en Sournoiserie), les élèves du plus faible niveau (les Filous) sont quasiment les esclaves des élèves les plus avancés, les heures de colle consistent en du nettoyage de bave de limace, et le directeur aime faire des coups bas.
Rune Drexler, jeune sorcier de son état (niveau Félon, à peine mieux que Filou), est un assez piètre élève : son niveau en Solfilège, l’art de faire des gammes de sortilèges, est assez moyen, et il a une affreuse tendance à la gentillesse. Son cothurne, Désiré, ne sait pas faire grand-chose non plus côté maléfices, à part de délicieuses pâtisseries enchantées ce qui, pour un Méchant, n’est pas très crédible. Quant à Jezebel Dracula, la fille du célèbre comte, elle a un sacré penchant pour le chocolat chaud. Autant dire qu’on a là une belle brochette de personnages, assez éloignés de l’image traditionnelle du méchant.

Bon mal gré, les voilà qui épousent la quête de Rune, et se retrouvent à écumer sentiers, forêt, et village pour valider les étapes improbables du complot qui leur a été donné. Mais tout va de mal en pis.
Bourré de références aux contes de fées (versions originales et versions édulcorées véhiculées par le petit écran), Complot est un roman aussi drôle que décalé. Pas seulement parce que la figure du méchant est rabaissée à celle de cancre soumis à un rude apprentissage scolaire, mais aussi parce que  le déroulement de l’histoire est totalement décalé : loin de perpétrer des actions maléfiques, c’est presque par accident que les apprentis méchants en arrivent à résoudre leurs affaires ce qui, évidemment, s’avère encore plus drôle et éloigné de l’image que l’on attend d’un machiavélique méchant digne de ce nom. Les références aux contes sont toujours bienvenues, et le récit les éclaire sous un jour nouveau – et pas seulement parce que la plupart des personnages sont issus des contes traditionnels – remettant en contexte certains aspects bien connus de ces histoires, ou utilisant leur matière pour justifier les actions des personnages. Ainsi, Rune part en quête armé d’un chausse-pied, car l’histoire des belles-sœurs de Cendrillon a démontré qu’on ne pouvait en faire l’économie. Limpide, non ?

Le récit est assez classique, pour ne pas dire assez prévisible. Mais voilà, c’est tellement et drôle et bien tourné qu’on est rapidement accro à l’histoire, et qu’on se laisse porter avec grand plaisir par cette aventure originale et amusante.
Faire un roman jeunesse, à base de pouvoirs magiques, d’anti-héros, et d’école, est assez malaisé après Harry Potter. Heureusement, Stephanie S. Sanders s’affranchit facilement de cette tutelle, et propose un roman original et bien mené, très lointain des aventures du jeune sorcier binoclard (et s’adressant à un public un peu plus jeune).

Voilà une série qui démarre plutôt bien. Ce premier tome semblera peut-être un peu facile aux lecteurs aguerris, mais l’enthousiasme qui se dégage du roman pallie largement cette faiblesse. Très accessible, le roman peut être lu dès l’âge de neuf ou dix ans. L’idée de réunir les personnages de contes de fées dans un même roman est excellente et, lorsque c’est aussi drôle et original, on signe avec grand plaisir, qu’il y ait ou non des faiblesses dans le scénario. Une bonne découverte !

 

L’École des mauvais méchants #1, Complot, Stephanie S. Sanders. Nathan, 2014 (VO 2011), 253 p.
7,5 /10

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