Histoire de Tiric Sherna, Le Sabre de sang #1, Thomas Geha.

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Tiric Sherna, gouverneur de province shao, survit à la guerre, mais est fait esclave par les tout-puissants Qivhviens, ces hommes-reptiles qui, peu à peu, asservissent tous les pays. Convoyé dans une caravane, il est amené à Ferza, où il connaîtra les affres de l’arène, sous la coupe d’une richissime Qivhvienne. 
Mais Tiric Sherna est un guerrier shao, et il n’a pas dit son dernier mot, loin de là !

Le Sabre de sang, au cas où le résumé en laisserait douter, est une histoire d’esclavage, de vengeance, et de rancœur. Contre les Qivhviens, bien sûr, ce peuple à la fois humanoïde et reptilien, conduit par une redoutable impératrice, et qui asseoit peu à peu son autorité sur les Sept couronnes, au grand dam des provinces et peuples annexés, dont celui de Tiric, le personnage principal.

Le roman s’ouvre sur une scène de combat époustouflante : trois lignes, et on est déjà embarqué par le souffle épique d’un combat dantesque, à l’atmosphère extrêmement prenante. L’ouverture annonce une ambiance incroyable pour ce roman, et qui sera maintenue au fil des chapitres.
On s’immerge rapidement dans un univers d’une richesse incroyable : si la découverte de la province shao est très brève – annexion oblige – celle de la cité de Ferza et de l’empire Qivhvien est nettement plus détaillée. L’inspiration orientale est forte, et on imagine sans peine la cité écrasée de chaleur. Les races, les peuples, les rites, les codes, tout a été soigneusement pensé, orchestré, et donné à voir au lecteur : c’est époustouflant de réalisme. À tel point que c’en est presque frustrant, par moments : on s’immerge dans des cultures, des lieux et des ambiances incroyables, et tout semble trop court tant on perçoit l’incroyable densité de l’univers mis en place, et ce qu’il reste encore à découvrir !

Les personnages sont à l’avenant : d’un côté, Tiric et Kardelj, les gladiateurs esclaves, sont forcés de descendre combattre dans l’arène. De l’autre, les Qivhviens, et surtout les Qivhviennes, représentent l’envahisseur, la force brute, la manipulation retorse. À ce titre, Zua Lazpoa est un formidable antagoniste : dangereuse, mauvaise, imbuvable, elle tient à la perfection son rôle d’ambitieuse prétendante au trône. L’auteur introduit heureusement de délicieuses ambivalences : loin de sombrer dans un manichéisme manquant de subtilités, il propose des contrepoints. Karzhoa, ainsi, nuance intelligemment l’impression détestable laissée par ses compatriotes. Tiric, de son côté, tout guerrier soit-il,  éprouve des difficultés à occire son prochain, et éprouve même de la compassion pour les Qivhviens, alors même qu’il a juré d’occire leur race maudite. La fin, de ce point de vue-là, illustre merveilleusement les ambivalences du personnage. Il faudrait également parler de l’importance des personnages féminins dans ce premier tome : le récit est certes porté par Kardelj et Tiric, deux hommes, mais les figures féminines ont autant – sinon plus – d’importance que les deux guerriers. Peut-être ne lis-je pas suffisamment de fantasy (ou pas les bons titres), mais cela me semble suffisamment remarquable pour être signalé !

Le récit est très direct : dès le départ, on va droit au but, on ne se perd pas dans des péripéties sans intérêt. L’intrigue est menée tambour battant et, même si certains passages semblent assez prévisibles, le roman est très prenant. La fin, en revanche, peut sembler un peu rapide et abrupte. Ceci étant dit, le second volume devrait venir nuancer tout cela, et éclairer l’histoire sous un autre jour. S’il ne fallait retenir qu’un conseil autour de cette lecture, donc, ce serait celui d’avoir le second tome sous la main… histoire de ne pas se sentir frustré par une fin qui laisse sur des charbons ardents !

Ce premier volume du Sabre de sang réunit tous les ingrédients d’un bon roman de fantasy : les personnages sont forts (notamment les personnages féminins), le récit est très prenant, le suspens bien présent, et l’histoire particulièrement intéressante d’autant, qu’en creux, on peut lire dans ce roman une réflexion diablement intéressante sur l’acceptation de l’autre. L’univers est richissime, l’écriture très visuelle, ce qui pallie aisément les quelques passages prévisibles du scénario. La fin, en revanche, laisse pantois, et fait regretter au lecteur imprudent (vous êtes prévenus) de ne pas s’être procuré le second volume du diptyque, qui promet d’être passionnant ! En somme, et s’il fallait résumer, voilà un titre à noter dans vos listes de lectures !

Le petit plus ? Thomas Geha a accordé une interview exclusive et participative à ses lecteurs sur Bookenstock le mois dernier. 

 

Le Sabre de sang #1, Histoire de Tiric Sherna, Thomas Geha. Folio SF, 2014 (1ère édition 2009), 282 p.
7,5 /10. 

 

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8 commentaires sur “Histoire de Tiric Sherna, Le Sabre de sang #1, Thomas Geha.

  1. Escrocgriffe dit :

    Waow, quelle chronique ! J’adore les ingrédients de ce roman, c’est vraiment tout ce que j’aime (mention spéciale aux hommes-reptiles…). Je lirai ce bouquin un jour 😉

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    • Sia dit :

      Oui oui oui, il vaut vraiment le détour ! En revanche, avoir le tome 2 immédiatement sous la main permet d’éviter une certaine frustration en fin de tome… d’autant qu’avec le 2, on doit avoir un éclairage complètement différent de l’histoire.  Bref, un diptyque à mettre dans ses listes ! 

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  2. Escrocgriffe dit :

    Il n’y a rien de pire qu’un tome 1 qui se termine en queue de poisson, en effet 😉 Je note ! 

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    • Sia dit :

      Hum, en fait, il ne termine pas exactement en queue de poisson mais disons qu’il y a un certain événement qui fait qu’à la fin, on se mettrait presque à bondir, et qu’il y a comme un besoin impérieux de savoir comment l’auteur va tourner son histoire ! Ceci dit, on survit aussi au fait de ne pas avoir le 2 sous la main, hein =)

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  3. licorne dit :

    Tout à fait d’accord avec toi ! Droit à l’essentiel, cela a du bon parfois, un style sobre et précis qui donne toute lattitude à l’imagination…La fin m’avait fait bondir … mais le deuxième tome m’attend et devrait me rendre le sourire quant à Kardelj ! 😉 

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  4. […] beaucoup frustrée avec la fin du premier volume du Sabre de Sang, et m’a particulièrement enchantée lors de son Mois sur Bookenstock, puis lors de notre […]

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