Le Miroir du destin, Merlin #4, T. A. Barron.

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Alors que Merlin pensait pouvoir profiter de sa famille et d’Hallia, il tombe par hasard sur une étrange créature, un ballymag. Qui lui apprend que les marais de Fincayra sont infestés de goules aussi terribles que terrifiantes. Merlin se rend donc sur place, afin de régler le problème. Là, il rencontre Antor, un curieux jeune homme… et comprend que les goules ne sont pas le problème principal. Non. Le vrai problème, lui, est bien plus dangereux… et vient du futur. 

Avec ce quatrième tome, on arrive au tiers de la série de l’auteur américain T.A. Barron revenant sur la jeunesse et la formation de Merlin l’enchanteur. Après avoir découvert Fincayra, ses pouvoirs, et combattu les dragons, le combat du jeune apprenti va se partager entre les goules, et une menace venue de son propre futur.

Comme dans le tome précédent, Merlin pèche de nombreuses fois par excès d’orgueil : l’auteur semble vouloir démontrer qu’orgueil et suffisance ne servent qu’à attirer des ennuis. Si le procédé est assez lourd (c’est répété depuis le tome un), le message a le mérite d’être clair. L’ennui, c’est que Merlin manque toujours quelque peu de nuances, et ce défaut est partagé par Hallia – puisque ce sont quasiment les deux seuls personnages habituels que l’on croise ici. Leur psychologie est peu fouillée, et ils s’avèrent caricaturaux à souhait. Vraiment dommage.
Durant leurs pérégrinations, les personnages sont amenés à croiser quelques créatures mythiques. Si les goules sont assez semblables à ce qu’on pouvait en attendre, le ballymag – créature des marais au caractère affirmé – se démarque par un langage coloré. Chaque mot – ou presque – qu’il utilise est construit soit en accolant substantif et adjectif (les humains, sales après un voyage mouvementé sont donc les humainsales), soit en amalgamant deux synonymes. Si cela demande parfois une certaine concentration pour deviner le sens, le résultat est assez drôle et provoque sont petit effet.
Au gré des chapitres, on retrouve également un personnage déjà croisé dans les premiers tomes : Nimue (Viviane pour les intimes). Celle-ci commence à prendre de l’importance, et se rapproche de plus en plus de l’image qu’on a gardée d’elle, celle de l’enchanteresse qui se joue de Merlin, et il est intéressant de voir comment l’auteur parvient à greffer son histoire au mythe.

Le volume précédent semblait plus enlevé que les deux premiers mais celui-ci, malheureusement, retombe au niveau en dessous. C’est long, c’est même très très long. On l’a dit, Merlin est confit de suffisance : comme précédemment, cela lui attire des ennuis et, comme précédemment, le procédé semble assez artificiel – ce qui fait qu’on a du mal à éprouver de l’empathie pour le jeune homme. Si on ajoute à cela que le scénario, reposant sur de nombreux clichés de la fantasy, est très prévisible, on comprendra que la progression semble minime. C’est vrai pour les deux premières parties de ce quatrième tome.
Car la troisième et dernière partie, elle, s’avère nettement plus prenante et intéressante, car elle aborde enfin la question de cette menace venue du futur. Voilà un passage consistant et digne d’intérêt ! Non seulement il permet de raccrocher la saga au mythe bien connu mais, en plus, il relance l’intrigue générale qui commençait à s’essouffler. Dommage qu’il soit si court, comparé au volume total du livre, on aurait volontiers poursuivi les découvertes.

Comme les premiers tomes, celui-ci s’avère un peu frustrant par son intrigue simple, ses nombreux clichés, et ses personnages manquant un peu de consistance. Si l’intrigue manque globalement de rythme, la dernière partie est nettement plus prenante et passionnante que le reste, et relance l’intérêt général pour le roman, et l’intrigue générale. On a l’impression de lire un tome de transition, et on espère que le volume suivant fera décoller une saga dont l’idée de départ est intéressante.

 

◊ Dans la même série : Les Années oubliées.
Les Sept pouvoirs de l’enchanteur. 
L’Épreuve du feu. 

 

 Merlin #4, Le Miroir du destin, T. A. Barron. Nathan Jeunesse, 2014, 257 p.
5,5 /10. 


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