Fée d’hiver / Le Chevalier de l’Été, Les Dossiers Dresden #4, Jim Butcher.

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Tout va mal pour Harry : Susan est aux abonnés absents, il n’a plus d’affaires en cours, pas de quoi payer son loyer, ses amis ne lui parlent plus, et sa dernière douche remonte à… allez savoir. 
Il pensait avoir atteint le fond. Mais non : non seulement la Blanche Confrérie lui fait des misères, mais en plus, sa pimpante nouvelle cliente n’est autre que la Reine de la Cour féérique d’Hiver… et il n’est pas en mesure de refuser son offre. Objectif de la mission ? Retrouver l’assassin du Chevalier de l’Été, et innocenter la Reine de l’Hiver. Sinon ? Sinon la Blanche Confrérie pourrait bien lui tomber une fois pour toutes sur le poil, et ce serait la troisième guerre mondiale version sidhes enragés. Autant dire qu’il n’a pas du tout la pression… 

Après les mages noirs, les loup-garous, et les vampires, c’est au tour des fées de chercher des noises à Dresden – lequel n’a franchement pas besoin de ça.
La fin du tome précédent le laissait dans un état ressemblant à une loque humaine et le début de ce tome-ci n’est guère mieux : seul, dépressif, sans le sou, Dresden est au bord du gouffre. Évidemment, l’affaire féerique n’arrange rien car, c’est bien connu, les fées sont rarement aussi mignonnes que les contes veulent bien le faire croire. D’autant que c’est la cour d’Hiver qui recrute Dresden.

Et c’est là que Jim Butcher joue sur les clichés : loin de se cantonner au traditionnel clivage Bien/Mal (à savoir Cour d’Été/Cour d’Hiver), l’auteur s’attache à montrer que tout n’est jamais tout blanc ou tout noir. Alors qu’on s’attend à ce que Dresden bosse pour le côté obscur de la Force, on se rend rapidement compte que tout n’est pas si simple… ce choix rend l’intrigue pleine de suspens, riche en rebondissements, et rondement menée. Mieux : les fées semblent n’avoir que faire des notions de Bien et Mal (réduites au rang de concepts très abstraits), ce qui donne lieu à des péripéties variées et souvent inattendues.
D’autant qu’à côté de l’intrigue féerique, il y a tout ce qui tourne autour de la Blanche Confrérie. Les deux intrigues s’entrecroisent, s’imbriquent, et cela renforce suspens et dynamisme.
Dans l’ensemble, ce tome est le meilleur des quatre premiers volumes : bien mené, vif, énergique, on ne s’y ennuie pas un instant, et il ne souffre pas des effets de manchette que l’on pouvait déplorer dans les trois précédents (à savoir une première résolution factice, puis une seconde). On progresse également du côté des personnages : Harry Dresden n’est pas, dès le départ, un joyeux luron ; c’est plutôt un type assez taciturne, habitué à avoir les ennuis au train. Ici, c’est pire que ça : sa dépression est utilisée pour dévoiler de nouvelles facettes du personnage, et l’étoffer. Malgré tout, il garde un humour à toute épreuve, et qui fait souvent mouche !

Côté personnages, si Murphy passe un peu au second plan, c’est pour mieux laisser les fées prendre le premier : ces nouveaux personnages, nombreux, sont variés, et quasiment aussi complexes que si on les suivait depuis le début. Cette intrigue au pays des fées est, du coup, prétexte à la découverte de leur organisation, ce qui est on ne peut plus intéressant, et permet également de découvrir tout un tas de créatures toutes plus mignonnes les unes que les autres, comme des centaures, des guerriers belliqueux, des ondines à dents pointues, des trolls affamés… Oui, le pays des fées est un endroit mer-veil-leux – en tous points.

C’est avec grand plaisir que l’on retrouve Dresden dans ce quatrième tome, d’autant que la recette est aussi bonne, voire meilleure, que dans les volumes précédents : Harry est toujours un mage nonchalant et plein de gouaille (quoique quelque peu dépressif), les univers sont fouillés, l’intrigue bien menée et pleine de suspens, les personnages complexes, et le tout très agréable à lire. On en apprend plus sur le passé de Dresden, on découvre l’organisation des magiciens et la place de Dresden dans ce microcosme, et il y a même des découvertes sur le passé de Murphy ! La plume de Butcher est toujours aussi simple, efficace, et l’humour ne s’est pas perdu en chemin : Fée d’hiver est vraiment un excellent tome, qui surclasse les précédents !

 

Dans la même série : Avis de tempête / Dans l’œil du cyclone (1).
Lune fauve / Lune enragée (2).
Tombeau ouvert / L’Aube des spectres (3).

 

Les Dossiers Dresden #4, Fée d’hiver / Le Chevalier de l’Été, Jim Butcher. Milady, 2010 (VO 2005), 454 p.
9 / 10

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2 commentaires sur “Fée d’hiver / Le Chevalier de l’Été, Les Dossiers Dresden #4, Jim Butcher.

  1. chris dit :

    c’est dommage qu’il n’ont pas continué a les editer

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    • Sia dit :

      C’est surtout dommage que les lecteurs français n’aient pas accroché à cette série alors qu’elle est mille fois meilleure que certains titres bit-lit inintéressants qui se vendent comme des petits pains !

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