Game, I Hunt killers #2, Barry Lyga.

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Jazz est le fils de Billy Dent, le plus sanglant tueur en série que les États-Unis aient connus. Après une période dense aux côtés des forces de police de Lobo’s Nod, Jazz accepte de seconder un enquêteur new-yorkais dans la traque d’un mystérieux criminel. Se sentant coupable d’avoir précipité les événements précédents, Jazz va redoubler d’énergie pour apaiser le climat d’angoisse. Mais les rues de New-York recèlent bien des surprises… 

Dans I Hunt killers, Jazz n’avait eu de cesse de se démarquer de son tristement célèbre père, en traquant un dangereux tueur en série. Pas de chance : le paternel a réussi à s’évader, et erre donc de nouveau dans la nature, au grand dam de Jazz qui pensait en être définitivement débarrassé. Portant difficilement sa croix de fils de serial-killer, Jazz s’empresse d’accepter la proposition d’un inspecteur new-yorkais : mettre à profit sa connaissance du milieu, et traquer un tueur qui écume la Grosse Pomme.
On quitte donc la campagne profonde pour la métropole : nouveau lieu, nouvelle ambiance, ce qui n’est pas forcément au goût de Jasper, repris par ses pulsions.

Si, dans le tome 1, Jasper était trop porté sur l’introspection, il faut remarquer qu’il s’est un peu calmé dans ce second tome – quoique pas tout à fait assez. Désormais, ses rêves se parent d’une nouvelle dimension: c’est un peu artificiel, mais on comprend assez bien où l’auteur souhaite en venir avec ce nouvel élément, plutôt bien exploité par la suite. Pourtant, Jazz assomme encore le lecteur de longues pensées introspectives, quant à sa nature, son ascendance, et son côté obscur – voire très obscur. Mais ici, tout cela sert l’analyse psychologique assez intéressante de l’intellect du fils Dent : contrairement au premier tome (qui avait des accents un peu trop prononcés de lamento), Jazz se montre beaucoup plus touchant dans ses inquiétudes.
On a de nouveau droit aux leçons de Billy mais, cette fois, elles sont plus d’ordre stratégique qu’anatomique : cela fait toujours froid dans le dos, mais on perd un peu de l’aspect gore et malsain qui faisait tout le charme du premier ouvrage, sans toutefois sombrer dans une ambiance sereine et colorée! Barry Lyga parvient à concilier un juste milieu entre les deux extrêmes.
Quoi qu’il en soit, Jazz reste un personnage très fouillé (au même titre que Connie et Howie, les deux autres personnages principaux), abonné à l’humour noir et macabre, et c’est justement pour cela qu’on s’y attache tant.

Côté intrigue, si les événements de I Hunt killers vous ont retourné les tripes, passez votre chemin sur ce volume-là. L’histoire est sombre, très sombre, et les crimes vraiment très glauques. D’ailleurs, en-dessous de 15 ans, ce n’est peut-être pas la meilleure lecture à conseiller à un jeune lecteur (sauf si vous êtes disponible toute la nuit pour aller allumer une veilleuse dans sa chambre, évidemment). L’histoire a de quoi donner des sueurs froides : pas tellement parce que c’est stressant ou oppressant, mais plutôt parce que les meurtres sont – en plus d’être nombreux – assez spectaculaires.
La trame de l’histoire est originale est bien trouvée : le suspense est entretenu jusqu’à la fin et l’on cherche désespérément à comprendre comment s’emboîtent les morceaux de l’intrigue. Je n’évoque qu’à mots couverts le coup de théâtre sur lequel s’achève le roman et qui vous fera probablement grogner de frustration (même si, à la réflexion, c’était un rebondissement que l’on aurait pu prévoir). Le rythme est intense, trépidant : on n’a vraiment pas le temps de s’ennuyer ! Hormis le fait que faire appel à un ado de 17 ans pour rivaliser avec les meilleurs profileurs du FBI peut sembler aussi incohérent qu’improbable, il faut reconnaître à Game son scénario très bien ficelé et son ambiance prenante. Le cliffhanger final (et qui s’applique à tous les protagonistes) vous laissera sans voix !

Game est une suite à la hauteur des promesses de I Hunt killers : si l’on peut regretter l’ambiance épouvantablement glauque du tome 1, on appréciera le scénario bien ficelé, l’originalité de l’intrigue et l’évolution de l’histoire. Le récit se lit sans aucune difficulté : suspens et rythme dynamique étant au rendez-vous, on n’a pas le temps de s’ennuyer ! C’est avec grand plaisir que l’on retrouve Jazz, Connie et Howie dans leurs nouvelles pérégrinations, et avec beaucoup de frustration qu’on les quitte, tant le cliffhanger final est ébouriffant. En somme : un bon thriller qu’on lit d’une traite, mais à réserver peut-être aux ados les plus aguerris. Prévoir également de s’armer de patience avant le troisième tome ! 

 

◊ Dans la même série : I Hunt killers. (1) ; Sang pour sang (3).

 

I Hunt killers 2, Game, Barry Lyga. Éditions du Masque (MsK), novembre 2013, 485 p.
8,5/10.

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