Pluto, #1 et #2, Naoki Urasawa.

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Quelque part, en Suisse, le très puissant robot Mont-Blanc a été détruit sans que l’on sache par qui ou par quoi. Au même moment, un des cadres d’un groupe de défense des lois sur les robots est assassiné. Deux affaires sans relation ? Pourtant, sur les lieux des crimes, on retrouve le même ornement macabre en forme de cornes…
Qu’est le meurtrier ? Homme ou robot ? Selon les lois sur les robots, c’est impossible, ils ne peuvent pas s’attaquer aux hommes. L’affaires est bien étrange. On dépêche l’inspecteur-robot Gesicht ; il ne tarde pas à découvrir que les sept robots les plus performants du monde sont menacés… et il en fait partie.

Basé sur un chapitre du manga Astroboy, le robot le plus fort du monde d’Osamu Tezuka, Pluto met en scène un antagonisme classique en science-fiction, les humains contre les robots. Sauf qu’ici, les robots sont de plus en plus performants, et peuvent même avoir une apparence humaine – comme Gesicht, Brando, Hercule ou Astroboy.
Dès le premier chapitre, on est plongé dans l’intrigue : l’enquête démarre illico, et tout le monde ressent une profonde tristesse suite à la disparition de Mont-Blanc, un robot aussi performant qu’apprécié. Gesicht, le robot enquêteur, est assez ambigu : c’est un robot, mais il ressemble à s’y méprendre à un humain, et va même jusqu’à imiter leur comportement. C’est d’ailleurs assez curieux : on suit son enquête opiniâtre, durant laquelle Gesicht se demande sans arrêt s’il peut partir en vacances avec son épouse – ce qui, a priori, peut sembler étrange pour un robot. De même, il fait des cauchemars, s’inquiète à propos du surmenage, aime boire du thé… la frontière floue entre les comportements humains et robotiques est vraiment bien mise en valeur. D’autant que le visage de Gesicht, qui semble naturellement taciturne, est très expressif.

Dans ce premier tome, on découvre également un autre robot, North 2, dont l’histoire est très émouvante même si, à première vue, l’épisode peut sembler déconnecté du reste. Il faut attendre la fin de l’épisode consacré au robot majordome pour comprendre où souhaite en venir l’auteur : l’enquête s’annonce complexe et, les éléments étant distribués au compte-goutte, le suspens est très présent.
Les scènes de crime, avec ces cornes plantées de part et d’autre des cadavres génèrent un certain malaise ; on en vient même à se demander s’il n’y aurait pas un peu de fantastique là-dessous. Il y a également un rapport au passé très important, puisqu’il est sans arrêt question d’un conflit armé auquel ont participé tous nos protagonistes.

Dans le second tome, la question de l’identité du coupable est encore plus présente : humain ou robot ? Ces derniers, d’après les lois sur les robots (celles d’Asimov !) ne peuvent s’en prendre aux humains. Pourtant, on sent bien que les enquêteurs hésitent. L’arrivée du fameux Astroboy dans le récit met en valeur cette hésitation, en plus du rejet de certains humains envers les robots (notamment un des enquêteurs). Astroboy, dans Pluto, a une identité graphique légèrement différente que dans le manga initial : Pluto n’est pas un copier-coller, c’est une appropriation d’un univers.
On découvre dans ce volume Astroboy, Hercule, et on retrouve Brando qu’on avait croisé dans le premier tome. Ici, l’aspect SF est encore plus présent, les enquêteurs se déplaçant dans des véhicules volants. Et c’est d’autant plus curieux de voir, dans les passages au Japon, que l’architecture n’a presque pas changé : les maisons individuelles ressemblent à celles que l’on peut voir aujourd’hui, alors qu’autour, tout est très technologisé, high-tech, à base de verre et de métal.
Ici, l’intrigue se complexifie à nouveau : les enquêteurs ont peu ou pas d’éléments. Par ailleurs, la fin du volume commence à laisser entrapercevoir une autre intrigue, à peine dévoilée, et touchant aux étranges rêves de Gesicht : c’est très mystérieux, cela donne très envie d’en savoir plus, et de comprendre comment les deux intrigues vont se combiner !

Ces deux premiers volumes de Pluto proposent donc une intrigue complexe, jouant sur le côté science-fiction et les enquêtes policières. L’intrigue s’annonce d’ores et déjà dense et bien pensée et l’univers fouillé. Le dessin est extrêmement détaillé, les émotions très bien rendues et, pour une fois, les personnages sont dépourvus de ces expressions grossières et exagérées typiques des mangas. C’est un très bon début de série, rythmé, passionnant, avec suffisamment d’éléments pour donner envie de lire la suite, ce que je ferai sans aucun doute !

Pluto, #1 et #2, Naoki Urasawa & Osamu Tezuka. Kana (Big), 2010 (1ère parution 2004 et 2005), 186 p. et 202 p.
8,5 / 10

 

ABC-2013-Imaginaire

 

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2 commentaires sur “Pluto, #1 et #2, Naoki Urasawa.

  1. Je ne suis pas tellement fan de science-fiction mais comme c’est de Naoki Urasawa qui présente bien souvent de très bonnes enquêtes policières, je vais peut-être me laisser tenter… Après tout, il est l’auteur de Monster qui restera un impérissable coup de coeur manga pour moi, il pourra peut-être me garder dans ses grandes admiratrices avec cette série-ci !

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