Vert émeraude, Kerstin Gier.

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Gwendolyn a découvert la véritable nature de Gideon, et éprouve les affres de son premier chagrin d’amour. Pourtant, la mission doit être poursuivie : elle doit aider Gideon à traquer Lucy et Paul, à collecter le sang des 12 voyageurs dans le chronographe, afin d’apporter ce qu’il cache au comte de Saint-Germain.
Mais Gwendolyn s’interroge : le comte a-t-il vraiment joué franc-jeu ? A-t-il vraiment le bien de l’humanité à l’esprit ? Rien n’est moins sûr, et les objectifs de la missions semblent de plus en plus flous …

 

Troisième et dernier opus des aventures de Gwendolyn et Gideon, autour de leur capacité à voyager dans le temps. Et grosse grosse déception, alors que cette saga s’annonçait très chouette.

Déception, d’une part, parce que l’intrigue sombre définitivement dans un mélange de thèmes et de genres qui s’accommodent bien mal. L’auteur a voulu mêler fantastique et science-fiction, avec des pouvoirs magiques et le voyage dans le temps. Du coup, on oscille constamment entre les deux thèmes, et rien n’est vraiment fixé, ni même précis. Les voyages semblent là pour servir les pouvoirs magiques (très peu utilisés) et ces derniers n’apportent rien de bien particulier à l’intrigue. C’est brouillon, et extrêmement confus. Tout ce qui entoure les fameux voyages souffre, encore et toujours, d’un cruel manque d’explications – pourtant sagemment attendues depuis le premier tome. Il en va de meme pour les pouvoirs magiques. Ceux-ci sont annoncés sans préparation, sans explication, et il faut juste se faire à l’idée. On ne sait ni d’où ils viennent, ni pourquoi ils sont là, et leur intérêt n’est pas bien clair. D’autant que les pseudos découvertes des personnages ne sont ni étayées, ni vérifiées et que le lecteur est censé s’en accommoder sans se poser de questions quant à la cohérence.

Par ailleurs, les personnages s’avèrent absolument insupportables. Gwendolyn, si drôle jusque-là, sombre dans une attitude de cruche décérébrée ; elle passe son temps à soupirer après son bellâtre, nous insupporte avec un pseudo chagrin d’amour qui ne tient pas la route le moins du monde et, au final, passe plus de temps à embrasser le fameux soupirant plutôt qu’à réfléchir – travers que l’on avait déjà déploré dans le tome précédent. Ajoutez à cela qu’elle fait preuve d’une bêtise aussi profonde que son inculture, et le tableau est à peu près complet. Les personnages principaux, semblent malheureusement bien moins consistants que précédemment, et c’est bien dommage. Surtout qu’avec cette attitude, on quitte complètement le roman d’aventures doublé de fantastique pour sombrer dans une histoire de midinettes, avec intrigue à l’eau de rose dégoulinante de bons sentiments, téléphonée et prévisible à souhait. Les personnages secondaires sont là uniquement, semble-t-il, pour faire office de toile de fond. Le seul qui relève quelque peu le niveau reste Xemerius, qui supporte à la fois tout l’aspect comique et une bonne partie de la réflexion dans cette histoire.

Cela étant, et malgré ces (gros) défauts, ce dernier tome se lit assez vite. Le style est toujours aussi direct et fluide, et les nombreuses petites scènes juxtaposées rendent un effet de rapidité et de facilité qui rend la lecture aussi rapide que désinvolte. Bien qu’on ait souvent l’impression de piétiner à cause des redites, ce qu’il reste d’intrigue progresse à bon train, notamment dans les derniers chapitres. De plus, si tout cela manque d’explications sur le fonctionnement du voyage ou l’origine des pouvoirs, l’auteur ne manque pas de répondre aux questions engendrées par les voyages dans le temps des personnages, notamment sur les questions de chronologie. On assiste à un certain nombre de scènes qu’on a déjà vues sous un autre angle : la boucle est bouclée. Les personnages appréhendant de mieux en mieux leur univers, ils en arrivent enfin à se poser les bonnes questions, ce qui donne lieu à d’intéressants développements, qu’on attendait depuis le début, mais qui interviennent malheureusement trop tard.

En définitive, la série Rouge rubis s’annonçait sous les meilleurs auspices : une anti-héroïne plutôt bien vue, des voyages dans le temps, et un complot intratemporel à déjouer. Pourtant, en voulant jouer la carte des sentiments, l’auteur perd l’intrigue initiale et se noie dans les détails sans grand intérêt. La qualité de la série va en se dégradant et, d’une intrigue un peu complexe et jouant sur les codes de deux genres proches, on sombre dans la romance nimbée de pouvoirs surnaturels, mal orchestrée, et sans grand intérêt. Dommage. 

♦ Dans la même série :Rouge rubis, 1.
Bleu saphir, 2.

 

 Vert émeraude, Rouge rubis #3, Kerstin Gier. Milan (Macadam), 2012, 419 p.
4,5 /10.

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4 commentaires sur “Vert émeraude, Kerstin Gier.

  1. Ouille ! J’ai adoré Rouge Rubis et Bleu Saphir est dans ma PAL mais ton avis ne me donne pas du tout envie de poursuivre la série. J’aurais plutôt envie de m’arrêter là et de rester sur une note positive…

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    • Sia dit :

      Oh, cet avis reste très subjectif, bien entendu ! Mais j’aurais préféré m’arrêter au tome 1, et rester sur le sentiment agréable que j’en avais. Tant pis !

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  2. Frankie dit :

    Moi aussi, le début quand Gwen pleurniche après son amour perdu m’a saoulée ! Sinon, bah ça se lit bien, j’avais passé un bon moment avec ce tome 3 mais ma première impression (trop ado et superficiel) est restée. Heureusement qu’il y avait Demerius !

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    • Sia dit :

      C’est ça, en fait : ça se lit bien, mais c’est affreusement et désespérément superficiel. Heureusement que Xemerius est là pour faire le pitre, parce que sans ça, ce serait franchement illisible. Et je regrette aussi que le personnage de Charlotte passe complètement à la trappe !

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