Le Cycle d’Oz, #1, L. Frank Baum.

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Le Magicien d’Oz, c’est l’histoire de Dorothy, une petite fille qui vit au Kansas chez son oncle et sa tante. Emportée par un cyclone avec son petit chien Toto, elle se retrouve dans un étrange pays où, avec l’aide de compagnons un peu bizarres – un épouvantail sans cervelle, un homme en fer-blanc sans cœur et un lion sans courage –, elle va affronter non seulement une sorcière particulièrement cruelle, mais aussi des tigres féroces, des singes volants redoutables, des loups affamés, une araignée géante…
Dans Le Merveilleux Pays d’Oz (la suite du Magicien d’Oz),on rencontre Tip, un jeune garçon contraint de servir la sorcière Mombi et qui finit par s’échapper avec Jack, un drôle de bonhomme en bois à tête de citrouille. Ensemble, ils vont s’aventurer dans une contrée merveilleuse, rencontrer de curieux mais aimables compagnons, et affronter de nombreuses épreuves…

Le Magicien d’Oz. Chef-d’œuvre de l’auteur américain L. Frank Baum. Tellement connu qu’il a donné lieu à de multiples adaptations ou reprises. Il y a eu des films, des comédies-musicales, des chansons portant son nom, d’innombrables références littéraires, autant de références dans des jeux-vidéo… On ne les compte plus. À la sortie du Magicien d’Oz, illustré par William Wallace Denslow, l’auteur a commencé à recevoir des lettres de lecteurs enchantés lui demandant d’écrire « autre chose » à propos des personnages. Il promet alors à une petite fille étant venue présenter personnellement sa requête (et elle aussi s’appelait Dorothy) que si mille petites filles lui écrivaient mille lettres présentant la même requête, alors il écrirait volontiers cette suite. Mille et quelques lettres plus tard, l’auteur s’attelle à la tâche.
Aux États-Unis, le cycle d’Oz fait figure de classique. En France, on ne connaissait que le premier tome, l’histoire du magicien d’Oz, qui a fait le succès de son auteur. Celle de Dorothy, fillette arrachée au Kansas par un cyclone, propulsée dans les contrées magiques d’Oz, cheminant aux côtés d’un épouvantail, d’un bûcheron de fer-blanc et d’un lion. Il était donc grand temps que l’on découvre les suites, puisque le cycle d’Oz comporte pas moins de 13 histoires, qui continuent de nourrir l’imaginaire des enfants américains.

Ce premier volume présente l’œuvre initiale et sa suite directe, Le Merveilleux Pays d’Oz (qui n’est pas l’histoire du film récemment sorti). L’histoire est tout à fait charmante, et la narration nous plonge illico dans un ancien récit pour enfants. Ancien car la narration est très directe. Lorsque le chapitre s’achève, une question a été close et l’histoire a progressé ; il n’y a pas de fausse fin et on a la très agréable impression de lire un récit bien structuré et clairement développé, tout à fait dans le style des contes de fées d’autrefois. En même temps, c’est une narration très reposante ; s’il y a du suspense, le récit est dépourvu d’angoisse, de stress ou de violence, tout est réglé simplement, dans le calme et au plus évident. Et surtout, dans l’entraide. Car là semble se situer le message du roman (entre autres, évidemment). Dorothy, la petite fille perdue erre bientôt avec des personnages cherchant eux aussi quelque chose (un cerveau, un cœur, du courage…). Le Cycle d’Oz, c’est un peu l’ode à la différence, surtout si l’on prend en compte le fameux Oz, qui n’est peut-être pas ce que l’on croit, ou les personnages du second volume : Jack Pumpkinhead, l’homme à la tête de citrouille, le cheval-tréteau, ou le Gump, improbable assemblage de canapés surmontés d’une tête empaillée parlante et flanqués d’ailes de palmier.

La nouvelle traduction fait resurgir une magie que l’on pensait oubliée. Et surtout, elle le fait avec brio : car si l’on sent que le texte date du début du siècle précédent, la traduction ne le rend ni vieillot, ni poussiéreux. Le récit est d’une fraîcheur incroyable, propre à plonger immédiatement le lecteur dans l’onirisme et la féerie de l’univers d’Oz. Car oui, Oz est un renouveau du conte de fées – sans fées, sans lutins, sans gnomes, mais avec d’autres personnages tout aussi passionnants. Le conte pour enfants se double d’un sens plus profond et c’est qui a certainement fait son succès.  Oz est vraiment une histoire pour enfants, mais c’est aussi (et peut-être surtout) une histoire pour les parents. On ne se lancera pas dans une analyse psychologisante, car de nombreux experts s’en sont déjà chargés, et certains avec brio. Ce qu’on retiendra, ici, c’est que la lecture d’Oz nous fait replonger très agréablement en enfance, et emporte rapidement son lecteur. C’est souvent très drôle, car les dialogues absurdes abondent – mais derrière tout dialogue absurde se cache une idée à creuser. Le récit est très équilibré, mêlant actions, descriptions, progressions, même si, parfois, on trouve quelques longueurs. Malgré cela, on se laisse très facilement embarquer dans cette drôle d’aventure.
Les illustrations de Stéphane Levallois y sont aussi pour quelque chose. En noir et blanc, pleines de vitalité et de mouvement, elles soulignent et renforcent l’aspect ô combien poétique et féerique du roman.

On a attendu très longtemps de connaître l’ensemble de l’œuvre de Lyman Frank Baum. On ne peut donc que saluer l’initiative des éditions du Cherche-midi, de proposer cette nouvelle traduction merveilleusement illustrée de l’ensemble du cycle. Nul doute que le Magicien d’Oz peuplera de multiples rêves, dans un avenir proche. Et on ne peut que s’en réjouir.

Le Cycle d’Oz #1 : Le Magicien d’Oz, suivi du Merveilleux Pays d’Oz, Lyman Frank Baum. Le Cherche-midi, 2013, 399 p.
8/10.

 

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4 commentaires sur “Le Cycle d’Oz, #1, L. Frank Baum.

  1. Pauline dit :

    Bon, ba même s’il y en a beaucoup… je vais peut-être m’y mettre! Merci à toi!

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    • Sia dit :

      Mais de rien ! Chaque histoire (du moins ici) dispose d’une véritable fin, donc on n’est pas en proie à un insupportable suspens, et on peut très bien s’arrêter à la fin de ce tome.

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  2. Flora dit :

    Je n’ai jamais lu Le Magicien d’Oz (et donc ni la suite)… Mais ça me donne envie ! Surtout si la traduction est bonne et ne fait pas vieillotte.

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    • Sia dit :

      Je l’avais lu quand j’étais petite (en CP, si mes souvenirs sont bons, juste avant ou juste après Tom Sawyer) et j’avais beaucoup aimé – enfin, juste Le Magicien d’Oz, à l’époque. C’est un classique de la littérature enfantine américaine, alors je suis ravie qu’il ait été (enfin) traduit !

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