La Princesse maudite, Les Royaumes invisibles #1, Julie Kagawa.

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Ethan a disparu… A la veille de son seizième anniversaire, Meghan découvre qu’on a enlevé son petit frère. Dans le même temps, elle apprend qu’elle est une fille fée, la princesse maudite d’un royaume invisible dont il lui faut franchir la porte si elle veut retrouver Ethan. Prête à tout, Meghan accepte de passer de l’autre côté du miroir au risque de sa vie. Et, sitôt transportée dans la forêt magique, elle voit se dresser en travers de sa route le prince Ash, le plus dangereux des êtres dangereux qui peuplent les royaumes invisibles…

 

Il est des livres comme des vêtements : les modes vont et viennent et, en ce moment, la romance teintée de fantastique a le vent en poupe. À ce titre, La Princesse maudite de Julie Kagawa remplit parfaitement le contrat : un univers féerique, des personnages censément hors du commun et une romance sans surprise sont donc au menu.

Dès les premières pages, on est plongés dans un univers à l’ambiance faussement étrange, se voulant mystérieux, mais ne dissimulant guère les indices ; l’arrivée inopinée d’un changelin dans le train-train quotidien donne le ton. Il est effectivement question de fées. Malheureusement, les révélations interviennent très (trop) vite : à peine quelques pages, et l’on sait déjà que Meghan va passer dans le royaume invisible, celui des fées, afin d’aller s’y faire tailler en pièces sauver le monde. Tout ça le sourire aux lèvres, l’adolescente n’étant pas plus perturbée que ça par ses découvertes. Sans surprise, celle qui avérera être une princesse elfe est protégée, depuis sa plus tendre enfance, par un autre elfe, qui se fait passer pour un humain et répond au doux nom de Puck.À la lecture de ce nom, je dois avouer que je n’ai pu retenir un fol espoir : les personnages étant tous des caractères bien connus, j’espérais que le tout allait finalement décoller.
Grossière erreur.

Non seulement ça ne décolle pas mais, en plus, le tout s’enlise. Alors que les plus hauts protagonistes de Faërie sont convoqués, tous semblent aussi niais les uns que les autres. Mab et Obéron, comme il se doit, se livrent une guerre sans merci, dont l’objet ne tarde pas à devenir Meghan Chase, notre protagoniste, issue de l’improbable union entre un elfe et une humaine – et dont on se demande bien en quoi elle peut les intéresser, puisqu’elle ne sait rien du monde des fées. De son côté, Meghan fait preuve d’une naïveté incroyable. Passe encore que la première chose qu’elle fasse en passant dans l’autre univers soit de conclure un marché avec rien de moins que le Cat Sith : on peut lui pardonner de ne pas connaître l’univers féérique. Mais qu’elle récidive, avec le sourire, en plus, alors que ses compagnons lui ont bien fait comprendre à quel point c’était déconseillé frise le ridicule. On se retrouve, du coup, avec de faux rebondissements du type : j’ai promis ça, houlala, comment va-t-on se débrouiller, maintenant ? Non seulement ça ne fait pas trembler le lecteur, mais les ennuis qu’elle essuie m’ont semblé être une juste consolation à sa bêtise crasse.
A l’inverse, à plusieurs reprises, l’auteur présume nettement des connaissances de son lecteur. Car si Meghan est une parfaite ignorante en matière féerique, elle bénéficie semble-t-il de cours accélérés auxquels le lecteur n’a, malheureusement, pas accès. Forte de cette nouvelle science (infuse ?) elle déjoue un certain nombre d’écueils, sans que l’on sache d’où lui vient cette subite maîtrise de l’univers féerique. C’est maladroit, grossier, et tout ça manque d’explications.

Le seul personnage avec un minimum de relief est Puck ; Ash était prometteur, mais ressemble finalement à n’importe quel ado beau gosse, torturé et détestable, se parant de grands airs, et je ne vois pas bien l’intérêt de se contenter de transposer le fantasme du petit caïd chez les fées. L’un comme l’autre (Puck et Ash) souffrent d’une propension à s’enticher de la princesse semi-elfe (dont, au passage, on ne sait pas trop pourquoi elle est maudite, malgré le titre) et leur image de seigneurs de Faërie en est quelque peu écornée. Difficile de trembler devant un elfe aussi faillible.
Si seulement le style venait pallier les faiblesses scénaristiques ! Mais non. C’est plat, pas toujours bien écrit, complètement niais et certains passages m’ont plongée dans un ennui mortel. Une chose est sûre, je n’ai pas réussi à me passionner ni pour les aventures, ni pour les petits tracas de Meghan Chase, qui m’est restée parfaitement étrangère.

Dommage donc, car ce titre ne m’aura franchement pas passionnée. Plat, ennuyeux, sans relief, bourré de clichés et doté d’une intrigue aussi banale que mal amenée, aucun détail n’a su attiser ma curiosité ou un quelconque intérêt. J’ai même trouvé dommage que les elfes, fées, et autres créatures du folklore soient utilisés ici, tant c’est prévisible et mal orchestré. Dommage, disais-je.

La Princesse maudite, Les Royaumes invisibles #1, Julie Kagawa. Harlequin (Darkiss), 2011, 548 p.
4/10.

 

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6 commentaires sur “La Princesse maudite, Les Royaumes invisibles #1, Julie Kagawa.

  1. solessor dit :

    A défaut de parler d’un livre hors normes, ta chronique a le mérite de me faire beaucoup rire ! Il est dans mes challenges aussi… A voir :-/

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    • Sia dit :

      Si ça peut te rassurer, le livre m’a beaucoup fait rire aussi. Valait mieux ça que s’énerver sur les personnages, le style, l’auteur, l’histoire… (hum, tout en fait ! ).

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  2. Camille dit :

    Oh ben dis donc! Pour un livre qui se retrouve dans 2 baby challenges! Je n’ai plus trop envie de le lire! ^^

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  3. Liestra dit :

    Pour ma part je n’ai même pas pu terminer ce premier tome! Je me suis accrochée, mais après son arrivée au pays des fées il était clair et net que ça ne valait pas le coup. Je rejoint donc totalement ton avis : il s’agit d’un roman superficiel qui n’a pas grand intérêt 😦

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    • Sia dit :

      Je me suis accrochée parce que je savais que mon avis serait désagréable, donc je voulais vraiment aller jusqu’au bout – ce qui, bien sûr, n’a pas arrangé mon opinion du tout !

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