La Confrérie de l’horloge, Les Agents de M. Socrate #1, Arthur Slade.

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Ère victorienne, la campagne anglaise : le mystérieux M. Socrate se rend dans une galerie de monstres. C’est ainsi qu’il fait la connaissance de Modo, nouveau-né difforme aux pouvoirs de transformation étonnants. Durant quatorze ans, Modo recevra les étranges enseignements de M. Socrate où les cours de géographie et de latin côtoient les leçons d’arts martiaux. Élevé dans un manoir dépourvu de tout miroir à quelques kilomètres de Londres, Modo est brutalement jeté dans les rues de la capitale pour accomplir sa première mission. Aidé de la belle Miss Octavia, il devra mettre tous ses talents à l’œuvre pour arrêter la terrible machination de la Confrérie de l’horloge.

 

La Confrérie de l’horloge est le premier tome d’une trilogie jeunesse qui s’annonce fort sympathique car, bien qu’elle soit clairement destinée à un public jeune, ce premier tome évite les facilités et les travers que l’on reproche généralement à la littérature pour la jeunesse.

Le vocabulaire est donc bien choisi, et le juste équilibre entre action, réflexion et sentiments est atteint.

Dans ce premier tome, nous suivons les pérégrinations de Modo, jeune orphelin difforme, qu’un mystérieux (et assez antipathique) M. Socrate forme à devenir une sorte d’agent secret, version ère victorienne. Modo, en plus d’être un puits de science, est un remarquable équilibriste, capable de se sortir seul (ou presque) de la plupart des situations. C’est un personnage assez intéressant ; en raison de sa difformité, il a un caractère moins sûr et fanfaron que ses homologues littéraires. Il se pose beaucoup de questions (au travers desquelles l’auteur traite fort bien la question du regard des autres, d’ailleurs), tout en effectuant son travail. Modo est un personnage assez atypique, mais intéressant, et plein de possibilités romanesques.
A ses côtés, Octavia Milkweed, une jeune et redoutable pickpocket, elle aussi agent de M. Socrate. Le duo se complète très bien et la question de l’identité de Modo prend évidemment tout son sens dès qu’Octavia est dans les parages. Les échanges sont souvent assez drôles, Octavia étant bien plus libre que Modo, qui incarne parfaitement le gentleman victorien. Ce que j’ai apprécié ici, c’est que le tome 1 ne vire pas à la romance, au détriment de l’intrigue principale.

Celle-ci prend peu à peu tout son sens. Au même titre qu’un thriller, le roman progresse par étapes ; on ne sait pas immédiatement de quoi il est question et l’ampleur de l’intrigue est telle qu’à la fin, il reste des éléments non résolus (probablement pour les tomes suivants). Cela étant, j’ai regretté que la résolution soit si rapide ; quelques chapitres de plus n’auraient pas été superflus.
L’intrigue baigne dans une ambiance toute victorienne, propice à un univers steampunk, ici largement exploité. Il sera beaucoup question d’expériences bizarres, mettant en scène – de préférence – un grand nombre de boulons, et des cheminées à vapeur. L’ambiance générale s’en trouve, du coup, quelque peu torturée et angoissante, mais parfaitement adaptée à l’intrigue ; on a d’ailleurs du mal à décrocher.

Le style de l’auteur rend l’aventure très prenante : simple (mais pas simpliste), il ne se perd ni en fioritures ni en banalités. Il va droit au but, sans oublier les passages descriptifs nécessaires. Dès la première page, vous ne manquerez pas de noter les allusions aux œuvres littéraires du XIXe siècle. On croise ainsi un savant fou nommé Hyde, et Modo a été abandonné devant Notre-Dame. Ces clins d’œil sont amusants à repérer et donnent au roman un petit côté original et décalé, assez rafraîchissant, malgré une intrigue assez sombre.

La Confrérie de l’horloge est donc un premier tome qui se lit fort bien, original, bien écrit, et agréable. Malgré les questions qui restent en suspens et la fin un peu trop rapide, on termine le roman avec la sensation d’être arrivé à la fin de cette intrigue, mais pas de l’histoire entière. Sans cliffhanger, l’auteur donne donc assez envie de lire la suite ! Les personnages atypiques et l’ambiance y sont certainement pour beaucoup. On a donc là un très bon roman jeunesse, qui ouvre une saga qui s’annonce de qualité !

  ◊  Dans la même série : La Cité bleue d’Icaria, (2); Le Peuple de la pluie,(3) ; L’Île des Damnés (4).

 

La Confrérie de l’horloge, Les Agents de M. Socrate #1, Arthur Slade. Editions du Masque (MsK), 2010, 302 p.
7/10.

 

 

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8 commentaires sur “La Confrérie de l’horloge, Les Agents de M. Socrate #1, Arthur Slade.

  1. Mypianocanta dit :

    Je ne savais pas du tout de quoi parlait ce livre mais tu donnes vraiment envie. Je le note÷ pour plus tard (et pour mon fils). Merci pour cette belle chronique !

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  2. licorne dit :

    Voilà une chronique qui me conforte dans mon premier sentiment, j’ai hâte d’ajouter ce livre à ma PAL. Merci Sia de cet avis éclairé !

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  3. Solessor dit :

    L’histoire, les personnages, et l’époque me donnent bien envie d’ouvrir ce livre ! Les références aux personnages connus (Hyde et Modo) ont achevé de me convaincre 😉

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    • Sia dit :

      Et il y a d’autres références dans le livre (je suis quasiment sûre qu’on croise Nemo, à un endroit, mais la description est tellement succincte, que c’est dur à affirmer!).

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  4. Chess dit :

    Un premier tome très sympa, je serais curieuse de lire la suite 🙂 !

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