[L’Éternéant], La Trilogie des Illumières #1, Neal Shusterman.

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[l’Éternéant] : n.m. Monde situé entre la vie et la mort où se perdent les enfants sur la route de l’au-delà.

Tout commence par un accident.
Nick et Allie ne se connaissent pas. Pourtant, après la collision de leurs deux voitures, c’est ensemble qu’ils se réveillent dans la forêt brumeuse de l’Éternéant. Ensemble qu’ils entament une course effrénée vers la vie, au cœur d’un monde qui va bouleverser tout ce qu’ils croyaient de l’existence.

Où vont les âmes des morts, après leur décès ? Dans l’univers de Neal Shusterman, celles des enfants qui n’ont pas suivi le tunnel jusqu’à la lumière blanche vont dans l’Eternéant, monde brumeux et aussi instable que des sables mouvants, dans lesquels risquent de s’enliser les enfants perdus, s’ils n’y font pas attention.En s’y réveillant, après un terrible accident de voiture auquel ils n’ont pas survécu, Nick et Allie sont un peu perdus, et décident de partir à l’exploration de ce monde étrange, où ils vont aller de surprise en surprise, pour tâcher de s’en sortir – puisqu’ils n’ont absolument pas l’intention d’y rester pour l’éternité.

Uniquement peuplé d’enfants (et de quelques rares adolescents) L’Éternéant se présente comme un fantastique mélange entres les univers de Sa Majesté des Mouches et de Peter Pan, comme vont rapidement le découvrir nos deux protagonistes quelque peu désappointés. Là-bas, il faut tâcher de ne rien oublier, à commencer par son nom ou son apparence. De recherches en découvertes, ils font l’expérience d’un univers un peu loufoque, mais bien pensé, avec ses propres codes de fonctionnement, ses légendes, et ses monstres terrifiants qu’il vaut mieux éviter. Le lecteur découvre en même temps que les personnages les aspects les plus étranges ou dissimulés de cet étrange environnement.

J’ai beaucoup apprécié l’univers de l’Éternéant ; original, on sent qu’il a été pensé dans ses moindres détails, et reste toujours cohérent avec ce que l’auteur nous en a dit. Ainsi, on découvre que seuls certains bâtiments ont le privilège de passer dans l’Éternéant ; des lieux de légende, ou des lieux dont l’histoire a été tragique. Neal Shusterman a un vrai talent pour glisser, ici ou là, de discrètes allusions à l’histoire mondiale et à ses légendes urbaines persistantes, qui sont autant de petits clins d’œil bienvenus, et qui renforcent à la fois l’aspect à la fois réaliste et délicieusement fantaisiste de l’Éternénant.

La narration est entrecoupée de nombreux extraits des quelques ouvrages théoriques portant sur l’Éternéant, uniquement publiés et disponibles là-bas, qui donnent un éclairage nouveau sur tel ou tel point. En plus de dynamiser l’ouvrage, ils donnent au lecteur des informations que les personnages n’ont pas toujours, et entretiennent fort bien le suspens. De plus, le style est riche, très accessible et clairement orienté jeunesse, sans toutefois sombrer de trop dans une écriture enfantine. Le début est un peu lent, mais l’auteur ne tarde pas à trouver un rythme de croisière bien agréable ; ainsi, le roman ne souffre que de quelques longueurs, rapidement oublié au profit de la richesse de l’univers et de l’originalité de l’aventure.

Sans être un coup de cœur, L’Éternéant a été une très bonne surprise, et une lecture particulièrement prenante. Facile et agréable à lire, son univers original le rend d’autant plus attractif. On y suit avec grand plaisir un groupe de personnages touchants – même s’il y a quelques têtes à claques dans le lot – qui se prennent volontiers par la main pour s’en sortir par eux-mêmes, ce dynamise le roman et le rend plein d’intérêt. Avec cette nouvelle série, Neal Shusterman devrait faire d’heureux lecteurs parmi un large public !

◊ Dans la même série : Le Voyage des âmes perdues (2) ; La Cité des âmes (3). 

 

La Trilogie des Illumières #1, L’Éternéant, Neal Shusterman. Trad. d’Alexandre Boldrini et Anne-Judith Descombey. Editions du Masque (collection MsK), 2012, 308 p.
8/10.

 

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2 commentaires sur “[L’Éternéant], La Trilogie des Illumières #1, Neal Shusterman.

  1. Solessor dit :

    C’est un thème qui me plait en règle générale, il file dans ma wish-list ! Les extraits parlant de l’éternéant me font furieusement penser à l’écriture de Werber…

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    • Sia dit :

      Hum, je n’ai lu que Nous, les dieux (et la suite), et je n’en ai pas gardé un grand souvenir. Il faudrait que je le relise pour voir! C’est une lecture jeunesse fort sympathique, j’espère que tu ne seras pas déçue si tu le lis!

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