Les Limites obscures de la magie, A comme Association #2, Pierre Bottero.

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Elle s’appelle Ombe, est lycéenne à Paris et adore la moto. Elle a aussi l’incroyable pouvoir d’être incassable ou presque. C’est pourquoi L’Association l’a recrutée comme agent stagiaire.
Une stagiaire de choc, qui fait des débuts remarqués en explosant une bande de gobelins devant tous ses camarades de classe. Le problème ? La discrétion est une obligation absolue au sein de L’Association, comme le lui rappelle Walter, son directeur. Et à force de foncer tête baissée, Ombe l’incassable risque fort de comprendre ce que « ou presque » veut dire.

Avant de parler de cet opus, parlons de la série A comme Association. L’association, c’est d’abord celle de deux pointures de la littérature jeunesse, Erik L’Homme et Pierre Bottero, et celle de leurs deux éditeurs habituels, Gallimard et Rageot. Ensemble, les deux auteurs ont imaginé une série fantastique en huit tomes, se déroulant dans un univers commun, enrichi du talent de chacun des deux écrivains. Au sein de cet univers, on suit les aventures (indépendantes) de deux jeunes agents stagiaires, Jasper et Ombe. Indépendantes, les aventures peuvent se lire indépendamment. Toutefois, elles sont liées entre elles, et ce lien est de plus en plus étroit au fil des tomes. Ombe (l’héroïne de Pierre Bottero) et Jasper (le héros d’Erik L’Homme) sont de jeunes agents de terrain de l’Association, qui est chargée de veiller sur les créatures surnaturelles. Il leur incombe donc de remplir des missions liées aux vampires, gobelins, trolls et autres garous. Si Jasper est un jeune homme timide et doué pour la magie, Ombe, quant à elle, est une jeune femme extravertie, directe, et douée d’une force surhumaine.

Après les aventures de Jasper avec des vampires dopés à la métamphétamine, on suit un autre agent stagiaire de l’Association, Ombe, une jeune canadienne à la force extraordinaire. Tout d’abord lancée sur une affaire mêlant gobelins et immobilier, la jeune femme reste dans le même domaine, et écope d’une sombre magouille mettant en cause des promoteurs supposés véreux, qui perturbent un lieu de magie. Elle est chargée d’enquêter – discrètement – sur l’affaire. L’ennui, c’est que la discrétion n’est pas vraiment son point fort. Autant Jasper déborde d’imagination, autant Ombe est habituée à agir sans trop réfléchir.

Difficile donc de trouver un personnage plus différent de Jasper. Ombe est un personnage très affirmé, qui n’a pas la langue dans sa poche et fait preuve d’un flagrant manque de patience. L’avantage, c’est que le livre ne souffre d’aucun temps mort. Action, humour, personnage hors du commun, on retrouve tout ce qui a fait le succès de Pierre Bottero. Avec toutefois un petit quelque chose en plus : le style, toujours reconnaissable, de Pierre Bottero, a ici quelque chose de jubilatoire. On sent derrière un auteur qui se fait plaisir en écrivant, et c’est bien agréable.

Ombe est une jeune femme au caractère affirmé, on l’a dit, et un rien prétentieuse. Ce trait de caractère fait même parfois grincer des dents ; pourtant, l’auteur joue tellement la carte de la surenchère que cela en devient drôle, sans toutefois être lourd. On frôle en permanence le pastiche du super-héros, et le tout est fait intelligemment. Le tout est plein d’humour, ce qui ne gâche rien. Si l’Association est bien différente des autres écrits de Bottero, on retrouve toutefois des thèmes qui lui sont chers. Ainsi, la rencontre entre Ombe et Erglug n’est pas sans évoquer celle d’Ellana et Doudou – avec le même manque d’humilité des personnages féminins, ce qui est assez drôle à constater. Une caractéristique de l’écriture boterrienne? Quoi qu’il en soit, il fait d’Ombe le parfait pendant de Jasper.

Dans ce tome, on a, en plus, accès à ce que pense la jeune femme de Jasper – à des années-lumières de ce qu’il pense, lui. Si le personnage de Jasper n’intervient pas directement (à part en répondant aux coups de fils d’Ombe), rappel est fait de ce qu’il se passe dans son aventure à lui. Les deux histoires se croisent donc de-ci de-là, et c’est justement tout l’intérêt de la série. Les passages où les auteurs se sont mis d’accord sont très attendus et ont tout le charme des indiscrétions ; on se sent dans la peau du spectateur qui regarde discrètement dans les coulisses – et pour ma part, j’aime cette idée de voir l’envers du décor de la série. Toutefois, si les tomes sont indépendants, au vu de la fin de celui-ci, on peut supposer que quelque chose de plus important va être mis en place dans les tomes à venir (la réponse au prochain épisode!), quelque chose qui touchera autant Ombe que Jasper.

En guise de conclusion, je dirais que ce tome reprend ce qu’on apprécie dans les romans de Pierre Bottero, tout en les plaçant dans un univers résolument urbain et contemporain. Humour, gouaille, action sont au rendez-vous et font de ce second opus de la série un roman dynamique, facile et agréable à lire. Une belle réussite, qui m’a convaincue de poursuivre la lecture de cette série fantastique jeunesse.

◊ Dans la même série : La Pâle lumière des ténèbres (1) ; L’étoffe fragile du monde (3) ; Le Subtil parfum du soufre (4) ; Là où les mots n’existent pas (5) ; Ce qui dort dans la nuit (6) ; Car nos cœurs sont hantés (7) ; Le Regard brûlant des étoiles (8).

 

Les Limites obscures de la magie, A comme Association #2, Pierre Bottero. Gallimard Jeunesse/Rageot, 2010, 186 p.
8/10.

 

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