14, Jean Echenoz.

14-jean-echenoz

Cinq hommes sont partis à la guerre, une femme attend le retour de deux d’entre eux. Reste à savoir s’ils vont revenir.
Quand.
Et dans quel état.

Lorsqu’il est sorti, 14 est allé directement rejoindre ma wish-list. Quand j’ai enfin réussi à mettre la main dessus, je n’ai trop hésité, et je me suis lancée dans la lecture. Et pourtant, je sors de là un peu déçue.

Comme le titre le laisse le présager, 14 traite de la première guerre mondiale, au travers de l’expérience de cinq soldats, issus de la même ville, et d’une femme, qui en attend deux d’entre eux. Comme beaucoup de jeunes gens de leur génération, Charles, Anthime, Padioleau, Bossis et Arcenel sont partis la fleur au fusil. Mais, très vite, ce sont les tranchées, la boue, la pluie, le froid et les privations, bref, tout ce qu’on connait de cette période-là. Et c’est justement ce que je reprocherais à ce roman : n’apportant pas grand-chose de nouveau, il ressasse tout ce qui a déjà été dit, redit et reredit.

Oh bien sûr, le tout est bien écrit. La plume est fluide, le style agréable, souvent poétique, et le tout est vraiment très plaisant à lire. Si vous aimez Echenoz, n’hésitez pas, de ce côté-là, vous ne serez sûrement pas déçus. Mais la description de la situation semble très clinique, détachée des émotions des personnages, pour lesquels on peine à réellement se passionner. D’un autre côté, la concision et la précision confèrent au roman un aspect documentaire et visuel très attrayant. Le roman, du coup, fait penser à un état des lieux de nos connaissances sur la Grande Guerre, et sur les façons d’y mourir, le tout quelque peu romancé, et agencé selon les destins de quelques personnages. Pour autant, l’ensemble n’est ni triste, ni larmoyant, Jean Echenoz évitant assez aisément l’écueil du pathos ; on se situe plus au niveau du portrait de la situation, ce qui donne au roman tout son intérêt. Pour la plume, le roman vaut vraiment le déplacement ; du point de vue de la fiction, sans m’ennuyer, je ne me suis pas franchement passionnée ni pour les personnages, ni pour l’histoire mise en place, ce qui est un peu dommage.

Expérience un peu ratée pour ma part, dommage, mais n’hésitez pas à vous faire votre propre opinion.

 

14, Jean Echenoz. Minuit, 2012, 123 p.
7/10.

 

14-18-sélection-lectures-encres-et-calames
Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être…

 

Publicités

2 commentaires sur “14, Jean Echenoz.

  1. Camille dit :

    Ah! Ma chef avait raison! Elle connait bien le sujet! ^^ C’est dommage, tu avais l’air de l’attendre avec impatience ce livre!

    J'aime

    • Sia dit :

      Oui, j’avais tellement entendu parler d’Echenoz! Bon, ça ne m’empêchera pas d’en lire d’autres de ses romans. Mais sur le même sujet, j’ai nettement préféré Soldat Peaceful, même si c’est un roman jeunesse. Il avait plus de corps!

      J'aime

Mettre son grain de sel

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s