La mort dans une boule de cristal, Alan Bradley.

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Toujours aussi curieuse et téméraire, la jeune détective Flavia de Luce reprend du service. Fenella Faa, une gitane de passage dans le Sud de l’Angleterre, a été agressée dans sa roulotte non loin du manoir de Buckshaw. La diseuse de bonne aventure en savait-elle trop ? Quand on retrouve un cadavre pendu à la fontaine de Poséidon, Flavia n’a pas besoin d’une boule de cristal pour comprendre que les deux affaires sont liées. Décidée à éclaircir le mystère, elle se lance dans l’enquête, sans savoir ce que l’avenir lui réserve…

Après deux excellents tomes, Alan Bradley revient avec une aventure de la même qualité. Cette fois-ci, une gitane sera au centre des regards et cette enquête permet d’en découvrir encore plus sur la famille de Luce, et sur la région de Bishop’s Lacey.

On retrouve la brochette de personnages qui fait le charme de la série : la cuisinière cancanière, les insupportables sœurs, le majordome-jardinier un peu dérangé mais toujours prêt à aider Flavia (un de mes personnages préférés, je dois dire), l’inspecteur désemparé, ou le père guindé et prisonnier de ses souvenirs et regrets. Cette fois, la situation familiale est encore plus présente que dans les tomes précédents : entre les crasses que se font les sœurs entre elles et l’endettement catastrophique, on plonge un peu plus dans le quotidien (parfois désolant) de la jeune Flavia. Certaines scènes ne manqueront pas de vous prendre à la gorge, tant l’émotion se fait palpable. La famille, par ailleurs, est au cœur de l’enquête : entre les découvertes macabres qui se multiplient dans le domaine et les pièces à conviction douteuses mettant en cause les de Luce, la situation devient difficile. Flavia elle-même ne semble pas étrangère à certains aspects sordides de l’affaire, pour le plus grand plaisir de ses sœurs, qui semblent vouloir la voir disparaître définitivement. C’est à se demander, d’ailleurs, ce que la pauvre enfant leur a fait : elles sont parfois proprement inhumaines ! L’enquête nous permet donc de découvrir certains aspects du passé de la famille de Luce, et il est bien sûr question de la fameuse Harriet – qui est vraiment un personnage à part entière, au même titre que le manoir de Buckshaw. En parallèle, on se penche sur la question d’une mystérieuse secte qui semble avoir eu l’habitude de perpétrer d’étranges rites sur les terres de Buckshaw. Le tout, bien sûr, sur fond de préjugés et médisances à l’encontre de la gitane et de sa famille. L’enquête est donc foisonnante, complexe, mais extrêmement bien organisée. Au fond historique, Alan Bradley allie une remarquable intrigue policière à plusieurs niveaux. Comme dans le tome précédent, la chute est assez rapide. A la manière d’Hercule Poirot dans ses meilleurs jours (la fatuité en moins, la malice en plus), Flavia expose le déroulement des faits. Contrairement au tome précédent, cette rapidité ne m’a pas gênée : elle fait désormais partie du paysage des romans d’Alan Bradley, si l’on peut dire et Flavia fait honneur à ses prédécesseurs.

Du côté des personnages, l’auteur sait vraiment se renouveler : avec Porcelaine, un peu de sang neuf fait irruption dans le récit, mettant d’autant plus en avant l’extrême solitude de Flavia. Alan Bradley a un talent certain pour camper les personnages, qu’ils soient nouveaux ou bien installés dans le récit. Au détour d’une phrase, ou d’une description, se dissimulent une foule de renseignements intéressants, qui nous permettent de mieux les connaître et de les apprécier. Flavia, de son côté, est égale à elle-même : malicieuse, facétieuse, elle n’a ni les yeux, ni la langue dans sa poche. Ses petits délires sont aussi drôles que ses grands airs d’enquêtrice, même si le tout n’est pas forcément du goût de l’inspecteur Hewitt, qui s’efforce par tous les moyens de lui mettre des bâtons dans les roues (et on comprend le pauvre inspecteur, qui va finir par devenir chèvre).

Si j’ai beaucoup apprécié les deux précédents volumes, celui-ci m’a littéralement conquise. La série gagne en qualité au fur et à mesure des tomes et il est très difficile de ne pas s’attacher à Flavia. Ce tome est grandiose, incroyable, baroque dans le meilleur sens du terme. On aurait presque l’impression d’assister aux enquêtes d’une Miss Marple enfant, l’humour et le cabotinage en plus. Une très belle réussite!

 

◊ Dans la même série : Les Étranges Talents de Flavia de Luce (1) ; La mort n’est pas un jeu d’enfant (2) ; Je suis lasse des ombres (4).

 

La mort dans une boule de cristal,Flavia de Luce #3, Alan Bradley. Editions du Masque (MsK), 2012, 406 p. (trad. de Hiessler).
9/10.

 

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6 commentaires sur “La mort dans une boule de cristal, Alan Bradley.

  1. Emi dit :

    Eh bien, quel enthousiasme ! Je suis contente que tu aies aimé !

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  2. asuna dit :

    Raaa comme tu me donnes envie de lire la suiiiiiiiite !! J’avais adoré le 1er tome (faudrait d’ailleurs que j’écrive mon billet…). Ce fut une très belle découverte ^^

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  3. stelphique dit :

    je ne connaissais pas du tout mais je note grace a ton enthousiasme et qu’il y a l’air d’avoir tout ce que j’aime!!!!J’adore aussi les couvertures…..;)

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