La mort n’est pas un jeu d’enfant, Alan Bradley.

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Flavia de Luce, détective en herbe impertinente, malicieuse et intrépide, se lance dans une nouvelle enquête ! Rupert Porson, un marionnettiste de passage à Bishop’s Lacey, est assassiné en pleine représentation. Qui a pu commettre un tel acte – et pourquoi ? Flavia est suffisamment intriguée pour tenter d’éclaircir le mystère, mais elle devra prendre garde à ne pas s’approcher trop près de celui qui tire secrètement les ficelles de cette danse macabre…

Après la philathélie, Flavia se penche sur un mystère autour d’un célèbre marionnettiste, Rupert Porson, décédé en pleine représentation, sous les yeux de presque tout le village de Bishop’s Lacey. Cette enquête emmène Flavia sur des chemins parcourant aussi bien le passé de Bishop’s Lacey que l’histoire de sa région.
Comme dans le tome précédent, les choses ne sont pas exactement ce qu’elles ont l’air d’être. Les diverses strates de l’intrigue se dévoilent peu à peu, sans toutefois éclaircir la situation. L’héroïne d’Alan Bradley réfléchit intensément et travaille beaucoup sur ses intuitions (féminines ?) qui s’avèrent très souvent justes ou, du moins, proches de la vérité. L’intrigue s’installe doucement, tranquillement, à tel point qu’on se demande quel est réellement l’objet de l’enquête. C’est sur ce point que se glisse ma seule récrimination. Bien que l’ensemble soit absolument passionnant, la résolution est un tout petit peu trop rapide à mon goût, quoique en parfait accord avec le reste. Rien de bien grave, donc.

Cette aventure-là est le prétexte pour découvrir d’autres personnages : certains sont juste de passage, tandis que d’autre font partie du décor implicite. C’est le cas, par exemple, d’Antigone, la jeune épouse de l’inspecteur Hewitt, l’héroïne personnelle de Flavia. L’inspecteur, quant à lui, est toujours l’objet de ses fantasmes intellectuels. Le décalage entre les situations qu’elle a imaginées et la réalité participent du comique de l’ensemble. Ainsi, ses velléités de démonstration rhétorique dignes d’Hercule Poirot tombent toujours à plat, en raison de la goujaterie (supposée) de l’inspecteur Hewitt, qui n’a pas la grâce de s’intéresser aux théories de la jeune fille. Ce qui, évidemment, ne lui donne que plus envie de lui démontrer sa valeur et donc de se fourrer dans le pétrin.

L’enquête est parsemée d’expériences de chimie, brillamment menées par Flavia. On découvre aussi bien des petites astuces que les balbutiements de la police scientifique. Ne jurant que par l’Erlenmeyer et le bec Bunsen, Flavia se fait fort de tirer des faits et des pièces à conviction l’entière vérité sur les affaires dont elle se mêle – pas toujours volontairement. Ce qui est formidable, c’est que les expériences font tellement partie de l’atmosphère qu’elles ne gênent absolument pas la lecture – mais seront peut-être un peu ardues pour les plus jeunes.

Au fil du récit, on découvre également le quotidien de Buckshaw : rien de nouveau de ce côté-là, si ce n’est que l’ambiance familiale n’est toujours pas au beau fixe. Cependant, même si l’on se surprend à avoir la gorge serrée de temps en temps, Flavia retourne souvent la situation de façon à en sourire. Son esprit caustique, ses sarcasmes et ses petites manigances apportent un souffle rafraîchissant que j’ai été ravie de retrouver. Au même titre, évidemment, que l’écriture d’Alan Bradley. Toujours aussi soignée, elle transporte le lecteur dans la campagne anglaise des années 50, recréant subtilement un décor que l’on imagine sans peine, en même temps qu’une ambiance très particulière.

Ce second tome s’avère donc à la hauteur du premier. Aussi prenant, aussi passionnant, il reprend les ingrédients qui ont fait du premier tome une réussite et propose une enquête aussi originale que bien construite. Un opus qui tient donc toutes les promesses du premier, et donne furieusement envie de lire le dernier tome !

◊ Dans la même série : Les Étranges Talents de Flavia de Luce (1) ; La Mort dans une boule de cristal (3) ; Je suis lasse des ombres  (4).

 

La mort n’est pas un jeu d’enfant, Flavia de Luce #2, Alan Bradley. Editions du Masque (Msk), 2011, 396 p. (trad. de Hélène Hiessler).
8.5/10.
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2 commentaires sur “La mort n’est pas un jeu d’enfant, Alan Bradley.

  1. Solessor dit :

    Bon, confirmation de ton premier avis, alors je le laisse dans mes projets de lecture 🙂

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