Les Étranges Talents de Flavia de Luce, Alan Bradley.

 

 

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Été 1950. Le paisible manoir de Buckshaw est agité par de surprenants événements. Un oiseau mort, timbre collé au bec, est retrouvé devant la porte de la cuisine, un cadavre fait son apparition au beau milieu d’un plant de concombres, et le maître de la famille, le colonel de Luce, n’est plus lui-même. Le plus mystérieux ? Quelqu’un a subtilisé un morceau de l’écœurante tarte à la crème de Mme Mullet. Avec son œil affuté et son laboratoire de chimie, c’est Flavia, l’une des trois filles de Luce, qui va mener l’enquête dans le passé tourmenté de son père.

Derrière la couverture un peu psychédélique, qui n’est pas sans rappeler certaines œuvres de Tim Burton, se cache un drôle de petit roman susceptible de plaire aussi bien aux jeunes qu’à leurs aînés et qui a été pour moi un véritable coup de cœur.

Flavia de Luce est une jeune fille (onze ans) passionnée par la chimie qui, en plein été, va se retrouver face à une étrange situation. Tout commence avec ce martin-pêcheur mort, un timbre empalé sur le bec, retrouvé sur le pas de la porte. Tout continue avec le cadavre d’un inconnu dans le carré de concombres ce qui, d’emblée, vous place l’ambiance. Tout cela vous paraît un peu loufoque? Vous n’êtes pas au bout de vos surprises! Car si la police trouve très (trop) rapidement le coupable idéal, Flavia ne se laisse pas abattre et mène son enquête parallèle. Faisant confiance à ses connaissances scientifiques, et une sorte de sixième sens d’enquêteur, elle ne tarde pas à faire de surprenantes découvertes. L’enquête est extrêmement bien menée, et sous-tendue par un suspense léger mais tenace. On est peut-être loin du thriller haletant, mais Alan Bradley insuffle une part de mystère qui reste présente tout du long, rend l’intrigue très prenante, et confère au récit une ambiance qui rappelera certainement de bons souvenirs aux fans d’Agatha Christie.L’intrigue est extrêmement bien construite, et toutes les pièces s’assemblent peu à peu. Quelle que soit la complexité, Alan Bradley ne perd jamais son lecteur, grâce à une narration des faits bien organisée et un réel talent pour conserver un certain suspens. Le tout se lit très facilement, assez vite (en raison de l’incapacité du lecteur scotché à s’arrêter de lire), et on en ressort avec un sentiment très positif.

Mais c’est parfois un peu triste de suivre les aventures de cette enfant très solitaire, qui semble privée tant de l’affection de son père que de celle de ses sœurs, et qui confie ses petites peines d’enfant au lecteur. Heureusement que l’auteur glisse ça et là quelques petites touches d’espoir ! N’allez cependant pas croire que le roman est triste ou, pire, démoralisant. On en est très loin ! Grâce, notamment, au sens de la répartie remarquable de Flavia. En d’autres circonstances, on pourrait dire que c’est une vraie langue de vipère ; peu de choses lui échappent, et elle sait trouver les mots justes pour titiller son entourage -et notamment ses sœurs. Alan Bradley a, d’autre part, un style très entraînant, et il manie l’humour avec une grande aisance.

L’ensemble est donc aussi drôle que déjanté et offre, en plus, un excellent roman d’enquête. Par son style fluide et élégant, Alan Bradley fait de ce premier tome des enquêtes de Flavia de Luce un petit bijou de roman policier, drôle, bien mené, et très agréable à lire. Un vrai coup de cœur pour moi, que je vous recommande chaudement si vous aimez les polars à l’ambiance travaillée! 
Merci aux éditions du Masque pour cette belle découverte : traduire ce petit bijou était une excellente idée!

◊ Dans la même série : La mort n’est pas un jeu d’enfant (2) ; La mort dans une boule de cristal (3) ; Je suis lasse des ombres (4).

 

Les Étranges Talents de Flavia de Luce, Flavia de Luce #1, Alan Bradley. Éditions du Masque (MsK), 2010, 371 p.
9/10

Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être…

 

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4 commentaires sur “Les Étranges Talents de Flavia de Luce, Alan Bradley.

  1. Titepousse dit :

    Voilà une chronique qui donne envie ! Je le note et j’essaierai de le trouver à la bibliothèque.

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  2. Solessor dit :

    Encore un qui m’attire, et qui doit se lire assez vite ! Je dois dire que je suis particulièrement interpellée par le côté loufoque de l’histoire et la langue de vipère de l’héroïne ! 😉

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