Legend, Marie Lu.

legend-marie-lu

June est un prodige. À quinze ans, elle fait partie de l’élite de son pays. Brillante et patriote, son avenir est assuré dans les hauts rangs de l’armée.
Day est le criminel le plus recherché du territoire. Né dans les taudis qui enserrent la ville, il sévit depuis des années sans que les autorités parviennent à l’arrêter.
Issus de deux mondes que tout oppose, ils n’ont aucune raison de se rencontrer… jusqu’au jour où  June est chargée de retrouver Day. Convaincue de ses exactions, June se lance dans une traque sans merci… qui pourrait révéler bien des surprises…

 

Day est l’ennemi public numéro 1, la bête noire du gouvernement et de l’armée.
June est le jeune prodige de la Nation, promise à une brillante carrière militaire.
Leurs chemins étaient voués à se croiser.

Le monde de June et Day se divise en deux factions : la République, et les autres. Dans cette dernière catégorie, vous pouvez inclure les Colonies (le redoutable adversaire militaire), les Patriotes (des dissidents terroristes) et, globalement, les habitants des quartiers pauvres, victimes d’une bien étrange épidémie. Legend repose donc sur un univers dystopique tout ce qu’il y a de plus classique : un monde post-apocalyptique, un gouvernement autoritaire et tout-puissant, un pays hyper-militarisé, et un fort clivage entre la classe dirigeante, richissime, et les masses laborieuses, très pauvres. Ajoutez à cela une mystérieuse épidémie qui se répand dans les bas-fonds à la vitesse de l’éclair, obligeant les soldats à faire des rondes et à mettre en quarantaine les foyers touchés, contre laquelle le prolétariat n’a pas les moyens de se protéger -au contraire des riches qui, évidemment, sont régulièrement vaccinés, eux. Peaufinez le tout avec un système d’insertion géré par un Examen qui détermine la future classe sociale de tout un chacun, et vous aurez un panorama complet.

Là-dedans, on suit donc alternativement les pérégrinations de nos deux personnages principaux, June et Day, chacun incarnant le visage d’une des deux factions (pour faire simple : la loi, et les hors-la-loi). Le choix de la narration à la première personne permet une immersion et une prise directe sur les événements. On n’ignore rien des sentiments qui secouent nos personnages, et on suit leur évolution pas à pas. L’alternance très rapide des points de vue offre, de plus, un dynamisme intéressant à l’ensemble, qui fait qu’on devient rapidement incapable de s’arrêter de lire. Car en plus d’être bien ficelé, le roman est fort bien écrit. D’un style vif et entraînant, Marie Lu distille les indices et ttrimbaleson lecteur d’un secteur de la ville à un autre, balayant aussi bien les quartiers chics que les cloaques fangeux, sans que la balade soit purement gratuite. On pourrait cependant pointer du doigt l’apparente simplicité de l’intrigue ; on voit malheureusement rapidement où elle veut en venir, et l’identité de l’assassin ne fait rapidement plus l’ombre d’un doute. Mais l’auteur redresse la barre avec la découverte d’un mensonge d’état plutôt bien gardé, et des révélations chocs, dont on sent qu’elles sont le prélude à une lutte de plus grande envergure dans les tomes suivants. De plus, elle évite le happy-end convenu en proposant une fin en demi-teinte, en accord parfait avec l’univers créé. Celui-ci apparaît d’ores-et-déjà comme un ensemble très riche ; par petites touches, elle donne à voir dans quoi évoluent ses personnages. Sans plomber la lecture, Marie Lu parvient à offrir un aperçu assez complet, tant du paysage urbain de sa République que de la complexité de ses intrigues politiques (passées et à venir). Après une première partie mettant l’ensemble bien en place, les événements s’accélèrent dans la seconde moitié du roman : trahisons, déclarations, révélations, actions trépidantes, le cœur du lecteur est mis à rude épreuve. La fin du roman donne cette impression d’une longue plongée en apnée. Oh, bien sûr, on pourrait en vouloir à l’auteur de passer aussi vite sur certains détails, et de donner le minimum syndical d’explications, mais on est tellement happé par son récit que la récrimination perd  rapidement tout son sens, pour laisser place à une envie impérieuse : celle de lire immédiatement la suite.

Avec Legend, Marie Lu se hisse aux premiers rangs des romans dystopiques, surfant habilement sur la mode actuelle. Elle propose un premier roman riche, avec des personnages complexes, qu’il est éminemment agréable de suivre. Malgré une progression laissant peu de place à un suspens échevelé, il faut reconnaître le talent de l’auteur, qui propose une intrigue bien ficelée, portée par un style percutant et entraînant. Ce premier roman met l’eau à la bouche, se lit sans faim, et donne furieusement envie de connaître la suite. On ne cracherait pas non plus sur une adaptation cinématographique (on me souffle dans l’oreillette que les droits ont été achetés), tant l’univers de Marie Lu est visuel, foisonnant, et l’intrigue intense. Il n’y a pas à dire, Legend est une belle réussite, à mettre entre toutes les mains!

 

◊ Dans la même série : Prodigy (2), Champion (3).

 

Lu dans le cadre du masse critique

 

 

ABC-2012-Litt-imaginaire

 

Legend #1, Marie Lu. Castelmore, 2012, 288 p.
8/10.

Si vous avez aimé, vous aimerez peut-être…

 

divergent-veronica-roth

Publicités

2 commentaires sur “Legend, Marie Lu.

  1. Lelf dit :

    Je suis beaucoup plus mitigée que toi ^^ Je n’ai rien trouvé de « choc », j’ai tout anticipé et n’ai pas spécialement senti d’émotion passer. Mais je te rejoins sur la qualité d’écriture, qui est plutôt bonne. 🙂

    J'aime

    • Sia dit :

      Je n’avais pas vu venir le pourquoi des canalisations souterraines: j’avais repoussé l’idée, ça me semblait trop « gros », d’où ma surprise à la lecture!

      J'aime

Mettre son grain de sel

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s