La Déclaration, Gemma Malley.

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Angleterre, 2140. Les adultes peuvent choisir de ne plus mourir s’ils renoncent à faire des enfants. Anna vit depuis presque toujours au Foyer de Grange Hall, un pensionnat où sont regroupés les Surplus, des enfants qui n’auraient pas dû naître, des enfants dont les parents ont défié la loi en les mettant au monde et où on leur apprend à vivre sans déranger les vivants dits « Légaux ». Comme tous les Surplus, Anna déteste ses parents, ces monstres d’égoïsme, qui ont violé la Déclaration. Confinée dans l’enceinte du pensionnat, elle travaille très dur, pour effacer leur faute. Anna a tout oublié de son passé. Jusqu’au jour où arrive un jeune garçon qui semble la connaître. Mais qui est ce Peter ? Pourquoi ne la laisse-t-il pas tranquille ? Et pourquoi elle, Anna, se sent-elle soudain si troublée par les idées délicieusement révolutionnaires qu’il lui expose?

 

Anna est un Surplus. Cela signifie que, élevée dans un pensionnat à mi-chemin entre le centre de redressement judiciaire et le goulag, elle doit expier la faute de ses parents au jour le jour – celle de l’avoir mise au monde sans se sacrifier en retour. Cette faute, Anna en a bien conscience, car elle la ressasse sans arrêt, à tel point que cela devient agaçant, même si cela permet au lecteur de comprendre à quel point elle a été endoctrinée et rabaissée (car dans ce monde, les Surplus sont forcément mal vus, comme les bouches inutiles qu’ils sont). A force, elle en devient un peu molle (mais opiniâtre et travailleuse) et, disons-le, un peu tête-à-claques. L’arrivée de Peter, qui incarne l’élément perturbateur du système équilibré, devrait apporter un souffle de liberté.

Malheureusement, les personnages sont un peu trop contrastés et le duo tombe de temps en temps dans l’excès. L’univers est, cependant, bien amené ; on frémit à l’idée de ce monde qui a repoussé les limites de la science et, accordant à l’humanité son vœu le plus cher, celles de la mort -ce qui pose immédiatement le problème corollaire de la surpopulation et de la gestion des ressources – et impose à ses ressortissants un contrôle drastique des naissances. Seul moyen de ne pas épuiser trop vite de trop rares ressources : ne plus enfanter, sauf en sacrifiant un des deux parents, respectant ainsi le principe d’une vie pour une vie. Les conséquences éthiques, écologiques, et politiques d’un tel choix sont intéressantes et bien traitées. La question de l’endoctrinement des masses est, bien sûr, centrale, et traitée de façon à ne pas laisser le lecteur indifférent. Le défaut, en somme, réside dans le rythme imprimé à la fiction. Si le début est posé, précis et (nécessairement) répétitif, la fin est bien trop rapide. Après avoir résisté, il ne faut que quelques instants à Anna pour changer totalement d’avis : peu de progression de la pensée, aucune demi-mesure! Quant à Mrs Pincent, bien qu’il s’agisse d’un personnage torturé, elle passe bien vite de parangon  de vertu et garante de la loi au statut de criminelle notoire. Cette rapidité se ressent dans les derniers chapitres : l’auteur amène le lecteur à un point de tension maximal, anéanti par une résolution simple et trop rapide (quoiqu’efficace). Les revirements semblent, du coup, peu crédibles et font passer les personnages pour versatiles, ce qui n’était peut-être pas le but premier de l’auteur.

Malgré ce petit défaut, La Déclaration reste un roman jeunesse agréable à lire, présentant des thèses intelligemment traitées. Si certains points m’ont un peu déçue, cela ne m’empêchera pas de lire la suite, afin de voir comment le tout évolue.

◊ Dans la même série : La Résistance (2) ;

 

La Déclaration #1, L’Histoire d’Anna, Gemma Malley. Naïve, 2007, 366 p.
5,5/10

 

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4 commentaires sur “La Déclaration, Gemma Malley.

  1. minouche dit :

    Pas mal, ton résumé me donne envie, malgré les « faiblesses » que tu soulinges.

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  2. minouche dit :

    oups…soulignes !!! et pas soulinges…mais tu avais compris, j’ai les doigts qui bégayent aujourd’hui.

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    • Sia dit :

      Oui, oui! Et puis, selon une étude de je ne sais plus quelle université, l’ordre des lettres à l’intérieur d’un mot importe peu, tant que les première et dernière sont en place x)

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