Le Crime de Paragon Walk, Anne Perry

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Un crime sordide vient troubler la quiétude huppée de Paragon Walk. Tandis que l’inspecteur Pitt, chargé de l’affaire, se heurte à l’hostilité et au mutisme des résidents du quartier, son épouse Charlotte, assistée de sa sœur Emily, la charmante Lady Ashworth, ne se laisse pas intimider par cette omerta de classe. De garden-parties en soirées, elles font tomber un à un les masques de l’élite. Les façades respectables de Paragon Walk se lézarderont peu à peu pour exposer à cet infaillible trio de détectives leurs inavouables secrets et mensonges.

À Paragon Walk, les apparences cachent bien des choses… En effet, qui, parmi les riverains aussi distingués qu’éminents peut bien terroriser le voisinage?
Charlotte et Thomas Pitt mènent donc l’enquête. Celui-ci, débraillé mais vif, à l’esprit acéré, s’assemble bien avec son impulsive épouse, dont les remarquables saillies font tout le seul de l’enquête. Pourtant, un manque de chaleur flagrant se dégage du couple : peu ou pas de scènes d’intimité, aucune vue sur la vie réelle de la famille dans son quartier  perçu comme populeux et vulgaire, à part aux moments où il faut faire garder leur fille. Difficile donc de s’attacher à cette petite famille.

L’ensemble de l’action se déroule donc dans les quartiers chics et, plus précisément, dans la rue d’Emily, la pétulante sœur de Charlotte. Autant le premier couple manquait de chaleur, autant celui d’Emily et George relève l’ensemble, semblant plus touchant et plus réaliste que celui des protagonistes. Mais ce n’est rien comparé à tante Vespasia : voilà un personnage au potentiel romanesque indéniable! Dommage qu’elle n’intervienne pas plus souvent, d’ailleurs.
Sans prétendre donner une leçon d’histoire ou une étude sociologique, Anne Perry offre une  prise de vue sur cette aristocratie britannique bien-pensante et confite dans ses préjugés, tout en proposant un panel des points de vue de l’époque sur différents sujets -mais trop survolés à mon goût.

La plongée dans la vie de ces aristocrates oisifs peut s’avérer amusante, ou terriblement longue : trop de garden-parties tuent le suspense. Celui se maintient d’ailleurs difficilement tant l’enquête semble parfois secondaire. Les rencontres mondaines semblent peu à peu phagocyter le texte. Les personnages vont et viennent, certains prenant une grande ampleur, et apportant une note de mystère… qui ne sera jamais résolue, laissant le lecteur sur sa faim. Il faut à cela ajouter la fin, brutale et inattendue, qui laisse le lecteur un peu perplexe devant sa rapidité – ah? C’est terminé? Bon. Soit. Quelques développements supplémentaires ne seraient pas superflus, pour étoffer cette conclusion évacuée en quelques lignes.

En somme, si le roman est très agréable à lire, et assez divertissant, il ne me laissera pas un souvenir impérissable, en raison des longueurs, du manque de chaleur des personnages, ou de la conclusion hâtive. Mais cela ne m’empêchera pas d’essayer de me procurer les deux enquêtes précédentes, afin d’en savoir un peu plus sur les personnages!

 

 Le Crime de Paragon Walk, Anne Perry. 10/18, 2002 (1ère édition 1981), 318 p.
5/10.

 

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6 commentaires sur “Le Crime de Paragon Walk, Anne Perry

  1. sybille dit :

    Si tu n’as pas lu les deux enquêtes précédentes, je te conseille surtout le premier, l’étrangleur de carter street : il est génial !!

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  2. Dylan dit :

    Comme toi, j’ai trouvé le couple d’Emily et George nettement plus touchant (ces aléas, comment Emily y fait face « comme une dame », ces petites victoires… Ça rend le tout touchant !), tandis qu’Anne Perry délaisse vraiment ces deux héros. Ce qui est dommage, je pense que tu le remarqueras si tu lis le premier tome (même le second, ça se remarque un peu), c’est que le couple était adorable au début… Et j’ai également eu un vrai coup de coeur pour la Tante Vespasia et c’est vraiment dommage qu’elle ait un « vrai rôle » que durant la première moitié… Les fins « prenez-vous ça dans la face » est le gros défaut d’Anne Perry selon moi aussi ! C’est pour ça que le tome 1 est mieux, la conclusion est plus posée, on sent la note de fin. Par contre, dans le 2, pareil, Anne Perry te balance ça comme un freezbe et tu fermes le livre, comme ça ! Bon, mes commentaires sont aussi longues que des chrnoiques, mais pour dire que je suis contente de ne pas être la seule à avoir fait ces repproches et je ne peux que te conseiller au moins le premier, ce n’est pas un chef d’oeuvre, mais il est bien plus marquant 🙂

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    • Sia dit :

      J’avais déjà prévu de le lire, après avoir lu ta chronique! Mais c’est vrai que la fin « Eh BAM, c’est terminé », je ne l’avais pas vue venir, et j’en ai été un peu déçue ; ça ressemblait à une fin pas préparée, vite torchée. Idem pour la gestion des personnages: de grosses inégalités dans la répartition des rôles! Quoi qu’il en soit, j’ai pris la série en cours, donc je compte bien me rattraper en lisant le début =)

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  3. minouche dit :

    Quant à moi, je me suis laissée prendre au piège des Anne Perry, et si j’ai lu presque tous les « Pitt », je préfère encore les « William Monk » même époque, même style et même auteur, dont le premier tome est « l’étranger dans le miroir ». Je découvre ton blog, et plein de livres dedans que j’ai aimé, ou qui me tentent

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