Pug, l’apprenti magicien, R. E. Feist.

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Dans la lointaine province de Crydee, la paix règne depuis des années. Mais le jour où Pug, jeune apprenti magicien, et son ami Thomas découvrent les restes d’un étrange navire échoué, le destin bascule. Car ce beau bateau mystérieux ne ressemble à rien de connu dans ce monde. Une seule chose est sûre : il n’est pas venu en ami.

 

Depuis le temps que j’entendais parler de ces fameuses Chroniques de Krondor, il était temps que j’y jette un œil. Après un premier faux-départ, l’été dernier, où j’avais lu La Trilogie de l’Empire (chroniques ici et ), en partie du même auteur, et liée à Krondor, je me suis enfin procuré le premier tome de la saga de départ (oui, car les opus sont très nombreux, les sagas s’ajoutant aux autres sagas, développées dans le même univers. Dur dur de s’y retrouver!)

Le premier tome des Chroniques de Krondor propose donc un récit plein de rebondissements, et sous-tendu par une quête (quasi désespérée, évidemment). Pug, personnage principal du roman, est un jeune orphelin (qu’on soupçonne rapidement d’être aussi un bâtard…), engagé dans une quête initiatique. Empêtré dans des études de magie, il va faire partie d’une expédition de la dernière chance, pour contrer une menace sur le royaume.

Dois-je ajouter que l’on croisera, au fil des pages, des nains, des elfes, des gobelins?
Vous l’aurez compris, Les Chroniques de Krondor se présente comme un récit de fantasy tout ce qu’il y a de plus classique et évoque même, osons le dire, la saga phare du genre, Le Seigneur des Anneaux (évidemment). Mais pas d’inquiétude, Feist sait se démarquer franchement de Tolkien, et proposer un récit original. En effet, Pug n’est pas un héros « héroïque » comme on en a l’habitude ; il se joint à la quête un peu par hasard, et se débrouille tant bien que mal. Il m’a fallu plusieurs chapitres pour me remémorer son âge : plus ou moins 15 ans au départ de l’aventure, le jeune homme fait très enfantin par certaines réactions, et ne semble absolument pas destiné à porter le sort du monde sur ses épaules. Pire, c’est un genre de cancre, qui n’arrive à rien en magie. Voilà qui change un peu, et qui est bien agréable.
Les autres personnages sont à l’avenant : peu sont monolithiques, et presque tous font montre de caractères affirmés, tout en restant crédibles et attachants. Les personnages secondaires sont très nombreux, sans que cela gêne le récit, tant leur intégration est bien menée.

Qui dit quête initiatique dit passages d’apprentissage. Ceux-ci sont bien équilibrés avec les scènes de cour, de complots ou d’escarmouche. Certaines scènes se font toutefois un peu longues, et l’on voit rapidement où l’auteur veut en venir. En même temps, elles permettent de dévoiler des aspects de l’univers construit par Feist et d’éclairer le lecteur, aussi ne laissent-elles pas une sensation pesante de démonstration pure. Les scènes d’action, de leur côté, sont bien équilibrées et l’auteur évite aisément l’écueil du manichéisme. Par ailleurs, il multiplie les ellipses temporelles, ce qui permet de passer sur les multiples scènes de la vie quotidienne, qui n’auraient fait qu’alourdir le récit.
Pour faire simple, ce premier tome est efficace, direct, et se lit très bien.

Enfin, dernier point et non des moindres, il me faut évoquer ce qui fait l’originalité de ce roman. On se prépare à repousser un envahisseur… et tout tient dans la nature de cet envahisseur. Car personne ne sait de qui il s’agit. Oh, certes, on a trouvé quelques représentants. Mais ils ne sont pas issus du monde dans lequel évoluent nos personnages (Midkemia). Plus grave, il semble s’agir d’une force venue d’un autre monde. Sans évoquer des petits bonshommes verts à cinq pattes doués d’une technologie de pointe, Feist allie univers médiéval et magie des transports. Car ces gens-là sont, évidemment, arrivés par magie et se préparent manifestement à tout sauf à une visite de courtoisie. Ce point, ô combien original, fait toute la saveur de ce premier tome.

Même si je n’ai pas retrouvé ce qui m’avait tant plu dans la Trilogie de l’Empire (les complots et les stratagèmes alambiqués), j’ai passé un excellent moment à la lecture de ce tome inaugural, que je recommanderai à tous les lecteurs à la recherche d’un roman de fantasy alliant classicisme et originalité. 

 Pug, l’apprenti magicien, Les Chroniques de Krondor #1, Raymond Elias Feist. Le Livre de Poche, 2006 (1ère édition 1998), 349 p.
7,5/10

 

 

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