Métaphysique du vampire, Jeanne-A. Debats.

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Raphaël est un drôle de vampire. Non seulement il est vieux et immortel, mais il entretient un rapport ambigu avec le Vatican. Pour tout dire, il travaille en sous-main pour lui… comme espion assassin. Normal, avec ses dons de vision, ses capacités surnaturelles, Raphaël ne peut être qu’un agent hors normes ! Or, voici qu’il doit se rendre au Brésil, mis sur la trace d’un dangereux nazi en fuite, qu’il doit capturer… ou éliminer. Accompagné d’un prêtre, Ignacio, et d’une vampire, Dana, le voici embarqué dans une sombre aventure où la moindre erreur peut se révéler fatale. Mais Raphaël pense. Lui.

C’est mon troisième roman de Jeanne-A Debats et l’auteur a su, une fois de plus, me ravir. Métaphysique du vampire narre les aventures de Raphaël, vampire de son état, au service du Vatican, et engagé par le Mossad pour faire la chasse aux criminels de guerre nazis. Voilà qui, d’ores et déjà, s’annonce croustillant. Cette aventure le mène donc de Rome à Rio, où il plonge dans les bas-fonds de l’esprit humain. Raphaël, cynique et froid, offre un point de vue captivant ; narrateur, il nous livre également ses pensées en vrac, agrémentant l’enquête pure. On s’attache très vite à ses sarcasmes et à ses remarques désabusées, mais pleines de bon sens, sur la nature humaine, et les composantes de la société moderne, quand bien même ses discours peuvent parfois sembler échevelés.

Les personnages secondaires sont eux aussi travaillés, et équilibrent le récit, surtout par les dialogues vifs et acérés qu’ils échangent avec Raphaël – avec une mention spéciale, ici, à Lucero, l’inquisiteur, qui est particulièrement réussi dans sa bêtise crasse. Le récit est très rythmé, et les rares pertes de dynamisme sont vite oubliées. Ceci étant dû à la grande finesse du style de Jeanne-A. Debats qui croque la société d’une plume vive et caustique. La quatrième de couverture promet un roman « fantastique, efficace, roublard, au langage… mordant » et ne mentait pas ; c’est un vrai plaisir de se plonger dans les phrases soigneusement concoctées par l’auteur et dans son univers atypique et luxuriant.

Elle évoque par ailleurs très subtilement la question de la monstruosité, ce qui fait qu’on devient un monstre, ou sur la définition même de ce qu’est le monstre. Le thème, pas évident, est très intelligemment et habilement traité, tout en finesse et légèreté (mais néanmoins en profondeur et avec une grande perspicacité).

En somme, Métaphysique du vampire, c’est une histoire intelligente, très bien menée, divinement bien écrite et qui, une fois la dernière page tournée, ne donne qu’une envie: celle de replonger immédiatement dans l’univers novateur mis en place par Jeanne-A. Debats, univers qui ne manquera pas de conquérir les fans d’urban fantasy en recherche de nouveautés!

J’en profite pour vous signaler une très intéressante interview de l’auteur ici – et devinez quoi? on y apprend qu’il y aura une suite!

Métaphysique du vampire, Jeanne-A. Debats. Ad Astra, 2012, 178 pages.
8,5/10

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Le Cabaret vert, un recueil d’Estelle Valls de Gomis.

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Un commentaire sur “Métaphysique du vampire, Jeanne-A. Debats.

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