Le Neuvième royaume, Le Cycle d’Ea #1, David Zindell.

 

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Sur l’île-continent d’Ea, l’âge du Dragon touche à sa fin. Morjin, l’ange déchu, est à la recherche de la Pierre de Lumière qui pourrait l’aider à libérer le Seigneur des Mensonges, emprisonné depuis un million d’années. Mais un personnage singulier s’élève : Valashu Elahad, septième fils du Roi de Mesh. Celui-ci peut ressentir les émotions de tous ceux qui l’approchent. Il conduira son peuple sur les terres de Morjin, au cœur des ténèbres, portant l’épée magique Alkaladur. Mais le parcours est long et dangereux : Val est victime d’un empoisonnement au kirax, un poison utilisé par un Ordre de prêtres à la solde de Morjin contre lequel il n’y a pas d’antidote…

Bon. On a donc, dans l’ordre d’apparition: un jeune prince plutôt beau gosse affublé d’un étrange don et plus ou moins désigné pour être l’élu d’une quête grandiose (et il a une cicatrice en forme d’éclair sur le front. Si, si). Un gros prince d’un pays voisin, censé avoir fait vœu de chasteté/sobriété/pacifisme, mais coureur de jupon et noceur invétéré (ce qui, évidemment, cause quelques petits soucis). Un vieux sage, qui se balade toujours avec un livre sous le bras (raison pour laquelle il a eu, dès le départ, mon entière approbation et sympathie, bien qu’il soit un peu cliché !). Un mercenaire ténébreux qui cache bien des choses… et une belle et indépendante jeune femme guerrière qui manie aussi bien l’arc que le sabre (et qui, oh-comme-c’est-original-et-pratique, s’avère être aussi une princesse assez en vue. Et célibataire). Soit. Vous avez dit cliché ?

Et donc, tout ce petit monde part joyeusement à la recherche d’une coupe en or sacrée, censée aider le monde à défaire Morjin, l’affreux méchant qui n’apparaît jamais que dans les rêves des aventuriers, mais qui n’en reste pas moins assez affreux pour terroriser tous ces chevaliers en arme -puisque la fameuse quête grandiose a réuni pas moins de 3 000 chevaliers prêts à en découdre.

Vous l’aurez compris, Le Neuvième Royaume est un opus de fantasy tout ce qu’il y a de plus classique. Mais cela  fonctionne bien! La narration est parfaitement maîtrisée ; actions et descriptions bien dosées, ce qui permet l’insertion d’un certain nombre de récits mythologiques, témoignant de l’ampleur de l’univers créé par l’auteur. La psychologie des personnages, de son côté, est assez poussée. Maram, perpétuel gaffeur, tombe éperdument amoureux de tout ce qui porte un jupon et égaye joyeusement le récit ; il suffit à contrebalancer les autres personnages qui flirtent un peu trop à mon goût avec le stéréotype (comme Atara et Kane, au hasard). Même si, au départ, l’action est assez longue dans son ensemble à se mettre en place, on finit rapidement par entrer dans le jeu. On ne peut, bien sûr, pas lire le roman sans garder dans un coin de son esprit les pérégrinations tolkiniennes, et les hauts-faits de la geste arthurienne, tant la quête de Valashu Elahad et de ses compagnons rappelle une certaine épopée liée à un anneau, ou la recherche d’une autre coupe sacrée massivement convoitée. Cela étant, David Zindell a su mettre en place un univers très construit, pensé dans ses moindres détails, dont la découverte se fait au gré du voyage. On reprochera cependant au roman un aspect un peu trop simple, les personnages ayant la fâcheuse habitude de tomber, presque sans rien faire si ce n’est voyager, sur les objets qu’ils recherchent. Cet aspect contraste assez violemment avec les multiples épreuves dont ils doivent triompher pour progresser dans leur voyage, et c’est un peu dommage. Mais peut-être est-ce pour préparer un second tome plus riche en péripéties épiques?

Quoi qu’il en soit, Le Neuvième Royaume propose une aventure intéressante (surtout en raison du contexte), narrée dans un style vif, fluide, éminemment agréable à lire, et servie par une galerie de personnages bien démarqués, mais frisant fréquemment le stéréotype, ce qui leur fait perdre malheureusement un peu de force. Sans être une révolution du genre, ni une innovation frappante, le roman reste agréable à lire et propose d’intéressantes perspectives, dont on espère qu’elles seront développées dans la suite de la saga !

 

Le Neuvième Royaume, Le Cycle d’Ea #1, David Zindell. Fleuve Noir, 450 p, 2005.
7/10.

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Le Trône de Fer, de G.R.R. Martin.

 

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