Le Clairvoyage, Anne Fakhouri.

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Confiée, à la mort de ses parents, à un oncle qu’elle ne connaît pas, Clara découvre une famille excentrique et devient la pièce maîtresse d’une bataille âpre entre le monde des fées et le monde des humains. Clara arrivera-t-elle à dépasser ses peurs pour entrer dans l’aventure ?

Le Clairvoyage est de ces romans jeunesse de qualité dont on se sort difficilement.
Clara, 12 ans, vient de perdre ses parents dans un accident et doit aller vivre chez son oncle et sa tante, au sein d’une famille particulièrement bizarre et dont les passe-temps sont étonnants. De la tante invisible qui passe ses journées à peindre des tableaux cachés, à la collectionneuse de services à thés de poupées maléfiques, en passant par l’oncle qui tient régulièrement des conversations passionnantes avec sa mère (pourtant décédée depuis des lustres), il y a de quoi avoir peur. Mais Clara, bien que fondamentalement rationnelle, prend les choses avec un bon sens qu’on lui envie, et se lance comme elle le peut dans la bataille opposant fées et humains qu’elle découvre plus ou moins par hasard – et dont elle est forcément un des acteurs majeurs.
L’intrigue pourrait, ainsi, sembler très classique: roman d’apprentissage, où une jeune fille découvre sa valeur par l’entremise d’un monde féerique, nécessairement opposé au sien, et sujet à une réflexion plus vaste… mais une fois plongés dans le roman, il devient difficile de s’en sortir. S’il est vrai que le roman donne à réfléchir sur certains thèmes assez peu aisés à aborder, il restera dans les mémoires par l’ambiance qui le gouverne. Anne Fakhouri nous entraîne à sa suite dans un univers puissant, où le fantastique peut surgir à n’importe quel moment. Ce monde féerique, tout aussi magique que terrifiant, est très riche, nourri par un imaginaire oscillant entre classicisme des contes de fées et originalité, due à un imaginaire que l’on sent débordant. L’univers est parfois sombre, voire glauque, mais rappelle tout à fait certaines ambiances propres à Shakespeare – d’ailleurs convoqué dans le roman. On s’attache d’autant mieux à Clara que l’on suit toutes ses pérégrinations, ses peurs, ses étonnements, ses raisonnements. Le peuple féerique, égal à lui-même, est parfaitement froid, comploteur et indifférent; l’auteur a su exploiter les topoï induits par ces créatures, en les intégrant intelligemment à son récit, et adapter également des motifs légendaires connus (le corbeau, la nuit de la Saint-Jean…) sans qu’ils déparent le roman.
Les autres personnages, s’ils soutiennent l’héroïne ou au contraire l’utilisent à leurs fins (on ne sait d’ailleurs jamais trop qui est de quel côté au juste) semblent  un peu en-deçà par rapport à Clara (comme monsieur Hêtre et Lia, par exemple), tout en restant très travaillés, intéressants et pleins de charme; peut-être faut-il attendre le second tome pour les voir prendre leur essor.

L’intrigue finit d’ailleurs de se déployer dans les dernières pages; c’est avec regrets que l’on ferme ce récit enchanté et enchanteur, pris d’une seule hâte: lire immédiatement la suite.

 

Le Clairvoyage, Anne Fakhouri. L’Atalante Jeunesse, 2008, 252 p.
9/10.

 

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La Guerre des fleurs, de Tad Williams.

 

 

 

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