Éternels #1: Evermore, Alyson Noël.

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Avant l’accident, Ever était une adolescente comme les autres. Elle a perdu toute sa famille dans cet épisode tragique, et reçoit soudain un terrible don : celui de lire dans les pensées des gens, de voir leur aura et de connaître leur vie en les touchant. Elle se renferme alors sur elle-même et évite le contact. Les élèves du lycée la regardent comme une bizarrerie, la pointent du doigt… jusqu’au jour où elle rencontre Damen Auguste. Damen est mystérieux, plein de charme et terriblement beau. Toutes les filles du lycée se le disputent mais c’est à Ever qu’il s’intéresse. Or c’est le seul être dont elle ne peut pas découvrir les pensées. Et personne ne sait réellement qui il est ni d’où il vient. La seule chose dont Ever est sûre, c’est qu’elle est profondément et irrémédiablement amoureuse de lui.

Alyson Noël surfe sur la vague des créatures surnaturelles aux pouvoirs étranges et à la longévité extraordinaire et nous présente ici une histoire mêlant pouvoirs extralucides, fantômes et immortalité. Et c’est une histoire pleine de potentiel, tant le motif de l’accidenté doté de pouvoirs extralucides fait rêver. Car c’est après son expérience de mort imminente qu’Ever se voit dotée du pouvoir d’entendre les pensées des gens et de percevoir la couleur de leur aura -qui change selon leur humeur et leurs pensées. Débarquant dans un nouveau lycée, elle se ruine soigneusement les tympans à coups de musique tonitruante pour ne plus entendre les pensées ô combien mesquines et peu spirituelles de ses coreligionnaires. Ever est un personnage sympathique; anéantie par son deuil impossible, incapable de se rapprocher de sa tante qui l’a recueillie et perdue dans ses pouvoirs extralucides trop envahissants. Alors évidemment, Damen, le nouveau ne peut que la fasciner, avec sa capacité à bloquer les émissions mentales des autres.

Certains motifs ont un petit air de déjà-vu : le beau gosse ténébreux mystérieux qui s’inscrit au lycée, se rapproche d’une jeune fille un peu perdue – on peut penser à Nora ou à Bella – et les mystérieux assaillants qui débarquent pour ruiner la vie de la-dite jeune fille. Mais on appréciera qu’elle ait cette fois un petit plus, celui de percevoir les pensées ou auras -ou justement de se rendre compte que celles-ci peuvent être absentes. Si les indices sur la nature de Damen et Drina sont peu à peu distillés, on regrettera que la fin et les explications soient si rapides et surtout si regroupées; on aurait préféré qu’Ever en comprenne un peu plus avec les indices qu’elle récolte et qu’elle en tire quelques conclusions avant le grand déballage final. De même, les deux scènes de bataille finales sont un peu frustrantes car écourtées; Ever s’en tire bien mais uniquement parce que la cavalerie rapplique et la tire de ce mauvais pas. Cela étant, Evermore étant le tome inaugural, on peut supposer qu’elle apprend à maîtriser ses nouvelles facultés dans la suite. Mais on a du coup l’impression que la question de l’immortalité est rapidement balayée et expédiée, pour se concentrer sur la romance – dont on ne doutait pas un seul instant qu’elle finirait bien. Cet aspect lapidaire est également dû aux nombreuses ellipses narratives parfois mal maîtrisées; les personnages passent d’un point à un autre ou d’une pensée à l’autre sans que le lecteur en soit averti, ce qui donne parfois l’impression que l’auteur se débarrasse de certaines situations.
Néanmoins, les personnages sont assez attachants, notamment le trio Miles-Haven-Ever, même si le premier semble le mieux doté des trois. A travers la fiction sur l’immortalité (un des plus grands rêves de l’humanité) et l’amour éternel (son rêve corollaire), Alyson Noël évoque certains dangers de l’adolescence, tous tournant autour de l’addiction – à l’alcool, aux bêtises, ou tout simplement aux autres qui nous fascinent et nous font perdre la tête. C’est donc un ouvrage à, peut-être, lire à un double niveau.

En somme, malgré quelques petits points négatifs dus essentiellement à la maîtrise de l’intrigue et du récit, ce premier tome de la saga est assez agréable à lire, parfois prenant, et présage d’intéressants développements du point de vue des personnages dans la suite. Malgré un début un peu maladroit, je lirai certainement la suite afin de m’en faire une meilleure idée.

 

Evermore, Éternels #1, Alyson Noël. Trad. de Laurence Boischot et Sylvie Cohen. Michel Lafon Jeunesse, 2009, 341 p.
6/10.

 

 

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2 commentaires sur “Éternels #1: Evermore, Alyson Noël.

  1. Emily dit :

    Ma petite cousine, qui n’est pas une grande lectrice, dévore pourtant cette série. Rien que pour cela (et parce que Myriam le recommandait chaudement), j’avais prévu de le lire…alors si en plus tu dis que c’est agréable à lire…!

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