Visions, Kim Harrington.

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Depuis l’âge de 12 ans, Claire Fern fait de nombreux rêves éveillés qu’elle ne comprend pas et qui sont la manifestation d’un don peu ordinaire, mais de famille.
Claire est en fait extralucide : elle est capable de percevoir des événements qui se sont déroulés dans le passé. Son frère Perry est medium, et s’intéresse plus que tout aux filles. Starla, leur mère est  quant à elle télépathe… et leur père est parti sans un mot, il y a quinze ans.
Lorsque Victoria, une très belle adolescente de 18 ans, est retrouvée assassinée dans une chambre du motel du Jardin du Roi, Claire se retrouve étroitement mêlée à l’enquête. Sa famille faisant figure d’attraction touristique locale, le maire a prié le tout nouvel inspecteur de police de s’attacher ses services. Celui-ci, plus que sceptique quant à la voyance, charge son fils Gabriel (beau gosse ténébreux tourmenté) et en stage, de faire équipe avec la jeune fille… également chapeautée par Justin, son ex et fils du maire, tout aussi troublant.
L’intrigue se corse au fil du récit, les relations entre les adolescents aussi,  et les visions de Claire donnent un nouveau tour à l’enquête: de chasseur, elle pourrait bien devenir proie.

Claire Fern est une jeune fille peu ordinaire: solitaire, dotée d’un caractère bien trempé, elle semble ne vivre que par et pour sa famille de « cinglés ». Cinglés? Oui, à Eastport, les voyants sont assez mal vus… sauf par les touristes. En cet été ordinaire, Claire (extralucide) assure avec son frère Perry (médium) et sa mère Starla (télépathe) des lectures pour touristes sceptiques en mal de sensations fortes.
La découverte du corps d’une jeune fille assassinée dans un motel de cette petite ville sans histoire change la donne… surtout à partir du moment où la famille de Claire est impliquée. Sommée de collaborer avec le bel inspecteur stagiaire (qui la déteste par principe, vu qu’elle est voyante) et son ex toujours aussi craquant (mais coupable d’une faute impardonnable), Claire jongle avec ses visions, ses secrets et le taux élevé de testostérone ambiant.

Le premier chapitre démarre sur les chapeaux de roues, et le reste de l’intrigue n’est qu’une longue analepse permettant de retracer les événements avant ce démarrage en beauté. Mais le tour est joué: l’attention du lecteur est ferrée, et on veut savoir la suite. Le personnage le plus attachant est indéniablement Claire, en proie à ses tourmentes d’adolescente, ses sentiments troubles et troublants et cette enquête qui l’assaille de tous côtés. Le duo Gabriel-Justin est malheureusement trop légèrement esquissé: ils restent sur leur quant-à-soi (mais battez-vous, bon sang, vous en pincez pour la même fille et la regardez gentiment hésiter sans rien faire! Rah là là) et sont bien trop polis et aimables entre eux alors qu’ils sont rivaux. Mais où sont passés les combats de coqs? Pour être honnête, il y en a bien quelques-uns, mais beaucoup trop gentillets. L’aspect paranormal de l’enquête est assez sympathique mais, comme le fait remarquer Gabriel, c’est plus le bon sens de Claire qui leur est utile que ses dons de visions (même si ceux-ci résolvent quelques énigmes). La fantastique Mme Maslov m’a également bien plu: en plus d’étayer le récit, elle le sort du sempiternel « nous sommes uniques et allons sauver le monde »; un bon point, donc.

L’enquête est bien menée, et les pions avancés un à un, sans révélations fracassantes peu crédibles, mais sans trop d’originalité non plus. Le contexte est en revanche bien dosé, et les éléments suffisamment bien amenés pour que l’on doute de la résolution jusqu’au bout. L’histoire dispose d’une vraie fin, ce qui est bien agréable; la non-résolution de certains mystères familiaux, ainsi que de la romance, laisse présager un second tome riche en rebondissements.

En définitive, un roman assez agréable, dont l’aspect romance n’a pas été trop poussé pour éviter de phagocyter l’enquête (mais qui reste du coup trop sous-exploité) et une intrigue sympathique. Le paranormal égaye agréablement l’histoire, sans prendre trop de place non plus, ce dont on sait gré à l’auteur qui a su justement doser ses différents effets. Un petit roman fort plaisant, à lire pour le plaisir ou la détente, et qui sait ménager ses effets !

 

Visions, Kim Harrington. Editions du Seuil, 2011, 269 pages.
6,5/10.
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