La Fille de braises et de ronces, Rae Carson

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À 16 ans, Élisa est devenue malgré elle l’Élue et l’unique porteuse de la Pierre Sacrée. Bien qu’elle porte le joyau à son nombril, signe qu’elle a été choisie pour une destinée hors normes, la princesse Élisa a déçu les attentes de son peuple : la population de son royaume ne voit en elle qu’une jeune fille paresseuse, inutile et enveloppée… Le jour de ses 16 ans, son père l’envoie dans un lointain royaume afin de retrouver son futur mari, un bel homme de vingt ans son aîné. Mais ce dernier refuse finalement de la reconnaître comme sa femme. Dévastée par la tristesse, Élisa décide alors de prendre son destin en main et de découvrir quelle est sa mission. Alors qu’une armée menée par des êtres aux pouvoirs effrayants s’apprête à envahir et détruire son nouveau royaume, et que chacun à la cour tente de la manipuler, Élisa prend conscience que, non seulement sa vie, mais aussi le monde entier sont en danger. Comment une jeune fille qui ne connaît rien aux arcanes politiques, et tout aussi ignorante des choses de l’amour, pourrait être l’Élue qui sauvera l’humanité ? Élisa doit découvrir au plus vite l’histoire mystérieuse et les pouvoirs de la Pierre Sacrée, avant que l’ennemi ne vienne lui dérober le joyau qui orne son ventre et la prive de son héroïque et tragique destinée…

La Fille de braises et de ronces est un de ces romans dont on sent qu’il est prêt à déchaîner les foules. Sous couvert d’une histoire de fantasy assez classique, l’auteur développe un univers riche et exotique puisque, une fois n’est pas coutume, c’est la civilisation hispanique qui est à l’honneur!

Elisa, anti-héroïne par excellence, est originale et osée : proposer une héroïne obèse et paresseuse était bien pensé ; son obesssion pour la nourriture prend tellement de place qu’on en vient à douter de ses capacités. On découvre donc agréablement un personnage, en même temps qu’il se découvre lui-même, ce qui offre un aspect assez rafraîchissant à l’histoire. L’histoire de Rae Carson n’offre rien de vraiment neuf, mais l’écriture est fluide (et addictive), les personnages attachants, et l’univers prenant. À tel point que l’auteur a inventé une langue, celle des Inviernos, mélange (peut-être) d’espagnol et de portugais. Quoi qu’il en soit, cela reste assez compréhensible (et de toute façon, tout est traduit), et méritait d’être signalé ; cette invention sert par ailleurs à illustrer cette vérité absolue : on est toujours le barbare de quelqu’un d’autre! Et là n’est pas la seule idée philosophique que contient cette petite perle.

L’univers mis en place est donc pensé dans ses moindres détails, puisque les questions de la linguistique, du bagage culturel et des mythes ont été prévues. C’est ainsi que l’on se retrouve avec beaucoup de livres cités, dont un écrit par un certain Homère ! Parmi les références, il nous faut également citer le nom du roi,  Alejandro de la Vega, petit clin d’œil à un personnage bien connu : il eût été dommage de ne pas signaler cette audacieuse référence.
Rien que pour tout cela, ce livre mérite que l’on se penche dessus ; les quelques longueurs de la partie centrale sont bien vite effacées par la détermination sans faille qui anime l’héroïne et fait grandement avancer l’histoire. Si on peut reprocher aux personnages quelques décisions peu stratégiques, l’auteur les justifie aisément, et intègre ces bévues au récit, rendant le tout très naturel et concordant avec leurs personnalités.
Le personnage de Cosmé est particulièrement bien réussi et occupe une place aussi centrale que la jeune princesse, se faisant la représentante des opprimés, ce qui offre une intéressante opposition entre les deux jeunes filles, sans tomber dans le manichéisme le plus primaire. Un point m’a, toutefois, fortement chagrinée, voire carrément déçue : Elisa, présenté comme très rondouillarde, fait une cure de minceur… et rentre donc dans les standards de mode. De plus, sa nouvelle silhouette lui donne une assurance qui lui faisait totalement défaut au départ, et faisait partie de son charme : comme si autorité naturelle et minceur allaient de pair. Au milieu de tous ces points intéressants et originaux,  il est extrêmement dommage que l’auteur se conforme à ce point à un cliché aussi infâme, et que son roman véhicule ce genre de message !

Malgré cela, on signalera  tout de même que le roman dispose d’une vraie fin : ouverte et annonçant la suite, elle permet tout de même de le lire comme si c’était un singleton. En dépit de cet épouvantable cliché à la vie dure, dans son univers sympathique et original, et d’une plume agréable, Rae Carson en fera certainement voyager plus d’un !

◊ Dans la même série : La Couronne de flammes (2).

 

La Fille de braises et de ronces #1, Rae Carson. Editions Robert Laffont, collection R, 2012, 401 pages.
7 /10.

 

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3 commentaires sur “La Fille de braises et de ronces, Rae Carson

  1. Sylly dit :

    Coucou ! Ce premier tome semble vraiment sympa et me confirme dans mon envie de lire cette série bien que ton avis sur le second soit si négatif … J’ai du mal à comprendre comment l’auteur a pu passer de tout à rien de cette façon …. C’est dommage :s

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    • Sia dit :

      Moi aussi, et j’avais tellement aimé le 1 que j’étais vraiment vraiment déçue. Ceci dit, Phooka de Bookenstock (et généralement on tombe plutôt d’accord) a nettement plus apprécié et, dans l’ensemble, les chroniques sur Livraddict sont plutôt positives : je suis peut-être passée à côté, dommage !

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  2. […] world, Book en stock (Phooka), Délivrer des livres (Hérisson), Encres & Calames (Sia), La tête dans les livres, Muti et ses livres, Plume, Pomme’s Book, Ptite-boukinette […]

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