Silence, Becca Fitzpatrick.

silence-becca-fitzpatrick

Quand elle se réveille dans le cimetière où repose son père depuis des années, Nora est perdue. Que fait-elle ici en pleine nuit? Et qui est cet étrange personnage vêtu de noir dont l’image la poursuit? Sous le choc, la jeune fille comprend qu’elle a disparu depuis des mois et qu’elle ne garde aucun souvenir de cette période.
Alors qu’elle tente de reprendre une vie normale, Nora est hantée par des visions surréalistes des habitants de son passé dont elle avait oublié l’existence. Parmi eux, l’énigmatique Jev, qui semble en savoir beaucoup plus sur son compte qu’il ne veut bien l’admettre. En allant à la recherche de son histoire, Nora ignore qu’elle s’engage dans un conflit séculaire dont il lui sera difficile de sortir indemne.

La suite tant attendue! Et on peut dire que le roman est à la hauteur des espérances que l’on plaçait en lui. L’auteur gère avec maestria le cliffhanger qui achevait le tome précédent et relève le défi qu’il imposait (celui de faire encore mieux).
L’amnésie de Nora permet de relancer l’intrigue amoureuse, qui était résolue depuis le premier tome. On ne tarde pas à comprendre où se dissimule Patch, et on ronge son frein en attendant que Nora le comprenne également. Parce que l’amnésie n’est pas sa seule ennemie. Non, il y a bien pire! Non seulement, tout le monde lui ment – pour son propre bien – mais en plus, beaucoup de choses ont changé – à son plus grand désespoir. Si Nora vous avait semblé tarte ou tête à claques dans les tomes précédents, elle est ici bien plus mature, ferme et décidée, et surtout résolue à en découdre avec tous ceux qui osent lui pourrir la vie – et bon sang qu’ils sont nombreux. En temps normal, déjà, sa vie n’avait pas de quoi être très joyeuse; ajoutez-y un cocktail de luttes divines et petites querelles intestines, et vous aurez compris que Nora éprouve un monstrueux ras-le-bol, juste ce qu’il lui faut pour prendre la situation en mains. En revanche, et c’est assez agréable, Nora a parfaitement conscience de ne pas être tout à fait à la hauteur de la lutte qui s’engage et se démarque donc fortement des productions jeunesse habituelles où le protagoniste est aussi jeune et ignorant que surpuissant.

L’écriture du tome est très fluide, et le style toujours agréable gagne en puissance, ce qui fait que la lecture est à la fois rapide et agréable. L’intrigue, savamment orchestrée, est très bien déployée, et l’auteur s’attache à berner le lecteur, à le trimbaler de surprise en surprise; il devient rapidement difficile de savoir qui ment à qui, pourquoi, comment.
Retrouver Patch et Nora fut un vrai plaisir, surtout dans la mesure où les psychologies des personnages sont encore plus travaillées et affinées que dans les tomes précédents. Ils s’étoffent, et font gagner de la profondeur à l’intrigue, qui quitte le côté un peu léger des premières amours d’ado. L’auteur sacrifie tout de même aux quelques scènes romantiques légèrement clichés (et certainement très attendues) mais le rythme reprend assez vite,et là encore, les personnages sont bien mieux campés qu’auparavant. La fin se profile sur le tard, l’auteur réussissant à maintenir l’équilibre jusqu’aux derniers chapitres; bien qu’elle semble assez convenue, l’auteur évite l’écueil de la fin fade et facile qui aurait gâché le reste. Enfin, et ça ne gâche rien, je trouve que le titre colle parfaitement au roman et donne d’entrée de jeu l’ambiance qui le gouverne et se maintient tout du long; une belle réussite.

À mon sens, cet opus est le meilleur des trois parus à ce-jour, et marque une claire progression vers des lendemains plus sombres – et heureusement! – évitant de sombrer dans le traditionnel et peu reluisant « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. » L’ouvrage est vraiment très réussi et donne donc très envie… de lire la suite !

◊ Dans la même série : Hush, hush (1) ; Crescendo (2) ; Finale (4).

Et merci à Enlivrons-nous grâce à qui, décidément, j’aurai fait plein de belles découvertes cette année !

Les Anges déchus #3, Silence, Becca Fitzpatrick. Editions Le Masque, collection Msk.
9/10.
Publicités

2 commentaires sur “Silence, Becca Fitzpatrick.

  1. Emily dit :

    Ah, toi aussi tu as trouvé certaines scènes très niaises ! Je me sens moins seule ! Un très bon tome, par ailleurs.

    J'aime

Mettre son grain de sel

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s