Le cabaret vert, Estelle Valls de Gomis.

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Les nouvelles d’Estelle Valls de Gomis nous plongent dans un univers peuplé de dandies décadents, de vampires, de dieux et de héros de la mythologie grecque, un univers servi par un style délicat rendant hommage aux grands nouvellistes du XIXe que furent Gautier, Mérimée ou Lorrain. Au fil des pages, on se laisse prendre entre les fils de soie d’un cocon d’écriture subtil et raffiné, qui nous embarque dans un voyage où l’émerveillement et le plaisir de lire ne se démentent jamais.

Du sable fin des plages méditerranéennes aux recoins obscurs des ruelles envahies par la brume, il n’y a qu’un pas qu’Estelle Valls de Gomis promène ses lecteurs au travers d’ambiances aussi soigneuses que variées. Ces dix-huit nouvelles sont autant d’évocations poétiques et précieuses de personnages étranges, déités aujourd’hui disparues ou résurgences d’un passé aussi fantastique que dangereux.

Délicatement présentés par l’écrin onirique et poétique du style de l’auteur, les personnages s’exposent à la vue de tous dans toute la splendeur de leur folie ou de leur mélancolie.
Le vampire, admirablement campé dans plusieurs nouvelles, se veut tendre et romantique, quoique souvent létal pour sa victime. Loin des productions à la mode, c’est un dandy, voire un esthète de la même veine que Des Esseintes, ou bien un philosophe atterré par les atavismes de sa race maudite.
La mort, omniprésente dans chaque texte n’est pas qu’une fatalité: résultats des actions des hommes ou simple aboutissement, elle prend tant d’importance qu’elle finit par se confondre avec les protagonistes, accédant à leur rang.
L’écriture élégante de l’auteur est très agréable à lire, ciselant avec précision portraits et atmosphères. Précieuses, aériennes, ou éthérées, ces auras fantastiques sont restituées dans tout leur faste et leur férocité.

Dix-huit nouvelles donc, parfois très courtes, dix-huit petites fenêtres ouvertes sur l’ailleurs, proposant d’agréables promenades dans des aires révolues où l’absinthe coulait à flots dans des salons raffinés et décadents, arpentés par des personnages du fond des âges restitués pour notre plus grand bonheur.

Le Cabaret vert : déités disparues et esthètes immoraux , Estelle Valls de Gomis. Editions Lokomodo, mars 2011 (1ère édition 2006), 260 p.
9/10.

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